Malgré l’ouverture tardive des campings, la saison estivale a tout de même été satisfaisante pour les propriétaires de camping de la région.
Malgré l’ouverture tardive des campings, la saison estivale a tout de même été satisfaisante pour les propriétaires de camping de la région.

Bonne saison pour les campings malgré la pandémie

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Au printemps dernier, la saison estivale semblait incertaine pour les propriétaires de camping qui espéraient plus que tout pouvoir ouvrir leurs portes et surtout, pouvoir accueillir les campeurs en grand nombre. Malgré une ouverture plus tardive qu’à l’habitude et des mesures imposées par la Santé publique, la saison estivale aura toutefois causé bien des surprises aux propriétaires de camping de la région qui estiment être très satisfaits de la tournure des événements.

«Au départ, on pensait qu’on ne pourrait même pas ouvrir et ensuite, on pensait qu’on allait pouvoir ouvrir en plusieurs phases, mais finalement, tout a ouvert en même temps, donc le délai a été très mince, mais on était quand même prêts et ça s’est plutôt bien passé. On n’a pas eu d’augmentation de la clientèle, mais on a atteint notre même quota que l’année dernière», souligne Swannie Dumas du camping Otamac.

En effet, bien que la situation était incertaine au printemps, les campeurs semblent avoir répondu à l’appel et étaient nombreux sur les terrains de camping de la région. Le beau temps qui a été au rendez-vous une bonne partie de l’été et le fait que les Québécois étaient invités à rester dans la province lors de leurs vacances auront évidemment eu leur rôle à jouer dans l’équation.

«Ça s’est super bien passé. Au début de la saison, c’était très intense, car on n’a pas eu beaucoup de jeu quand on a su qu’on pouvait ouvrir et on avait beaucoup de gens qui étaient inquiets et qui avaient fait le choix d’annuler leur séjour, mais finalement, on a réussi à relouer tous nos terrains. On a vraiment vu une corrélation avec le fait que les gens étaient confinés au Québec et la hausse de nos activités. Et en plus, il a fait très beau cet été, donc j’ose croire que ça nous a aidés», explique pour sa part le gestionnaire du camping du Domaine au Grand R, Nicolas Michaud.

Une tendance inhabituelle pour la saison estivale semble d’ailleurs s’être dessinée du côté du camping H2O en période de pandémie.

«Ça s’est mieux passé que ce à quoi on s’attendait et toutes nos fins de semaine étaient pratiquement pleines. Mais ce j’ai constaté, c’est que les gens réservaient à la dernière minute cette année. La plupart des campeurs n’avaient rien planifié à l’avance et ils réservaient seulement dans les trois ou quatre dernières journées avant la fin de semaine», soutient le propriétaire du camping H2O, Patrick Bellemare.

Le gestionnaire du camping du Domaine au Grand R, Nicolas Michaud, constate que les Québécois étaient bel et bien plus nombreux à visiter les campings du Québec cet été.

Quelques différences pour les campeurs

Les campeurs qui ont fait le choix d’aller camper au cours de l’été ont évidemment dû se plier aux mesures sanitaires en vigueur qui ont rendu leur séjour quelque peu différent qu’à l’habitude.

«Pour le nettoyage des mains, c’était assez facile, mais c’est surtout le masque qui s’est fait ressentir beaucoup. Mais les gens respectaient les mesures et étaient réceptifs», avoue Swannie Dumas du camping Otamac.

D’ailleurs, pour certains, les mesures mises en place ont notamment fait en sorte de renouer avec le camping d’autrefois, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi.

«Au camping, on est comme un village, donc les gens devaient mettre un masque pour aller au dépanneur ou à la buanderie par exemple. Il y avait aussi des petites différences au niveau des plans d’eau et les thématiques ont toutes été annulées, car on a pris la situation très au sérieux dès le départ. Les gens ont donc fait du camping plus à l’ancienne avec des barbecues et des petits feux en famille. On a eu d’excellents commentaires à cet effet et les gens semblent avoir apprécié cette dynamique différente. En plus, chez nous, on acceptait les visiteurs, donc juste ça, ça comblait les gens», raconte Nicolas Michaud du camping du Domaine au Grand R.

Réactions article Le Soleil

En réaction à l’article, Payer son camping, même s’il est fermé durant un confinement ou un lockout, paru dans le Soleil dimanche, qui rapportait que Camping Québec recommandait aux 965 entreprises qu’il représente de modifier les contrats de location des quelque 60 000 clients saisonniers, la situation semble être délicate chez les propriétaires de camping de la région.

«Il faut rassurer les gens pour leur dire que nous on fait ça pour se protéger, mais ça reste quand même à la discrétion de tous les exploitants de camping. De notre côté, ça va être plus du cas par cas avec les clients. Par exemple, pour la saison actuelle, on leur fait des rabais ou on prolonge la saison jusqu’à l’automne. Avec cette nouvelle mesure, ça va être la même chose, on ne tiendra pas les campeurs en otage. Oui, on met la clause au contrat, mais on n’est pas obligé de se prévaloir de ça. C’est vraiment pour se protéger, mais on reste de bonne foi», soutient Nicolas Michaud.

Certains n’avaient d’ailleurs pas été mis au courant et semblaient mal à l’aise face à la situation.

«Je n’étais pas au courant de la situation et ça me surprendrait que les clients veuillent payer s’ils n’ont pas les services. C’est comme payer un logement, mais qu’on n’a pas le droit de l’habiter. Dans la théorie et la pratique, c’est souvent bien différent. C’est à suivre», précise quant à lui Patrick Bellemare du camping H2O.