Des membres de la communauté Atikamekw de Wemotaci ont décidé lundi de manifester, pour une période de 24 heures, sur la voie ferroviaire en Haute-Mauricie.

Blocage des voies ferroviaires: manifestation de 24 heures à Wemotaci

LA TUQUE — Des membres de la communauté Atikamekw de Wemotaci ont décidé de manifester, pour une période de 24 heures, sur la voie ferroviaire en Haute-Mauricie pour démonter leur soutien à la nation Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique. Les élus de la communauté ont profité de l’occasion pour souligner, eux aussi, leur appui.

«J’ai été informé seulement lundi matin qu’il allait y avoir un blocus de 24 heures. On s’est informé et c’est vraiment en guise de solidarité qu’ils manifestent. C’est dans les limites de la réserve donc de juridiction du conseil de bande», a confirmé le grand chef de la nation Atikemekw, Constant Awashish.

Le Conseil des Atikamekw de Wemotaci a indiqué qu’il s’agissait d’une initiative personnelle de certains membres, et bien qu’il ne s’y oppose pas, le Conseil lance un appel au calme et souhaite que toute manifestation se déroule de façon pacifique.

Les élus de Wemotaci ont annoncé officiellement, lundi, leur appui au mouvement de manifestions tenues par plusieurs
Premières Nations à travers le Canada, et plus particulièrement à la Première Nation Wet’suwet’en dans leur affirmation sur leur territoire.

Le Conseil de Wemotaci a tenu à dénoncer «que des projets soient développés sur des territoires non cédés et autorisés par le gouvernement canadien, sans que ce dernier ne respecte son obligation de consulter ni les principes du consentement libre, préalable et éclairé contenus dans la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones».

Les élus de Wemotaci ont également indiqué qu’ils condamnent vivement «les actions de la Gendarmerie Royale du Canada, dont les opérations empreintes de violence contre les manifestants exerçant leur désaccord de façon pacifique sont tout simplement inacceptables». 

Les élus espèrent que les manifestations puissent se poursuivre sans heurts et dénoncent tout acte de violence perpétré contre des manifestants des Premières Nations.

Le grand chef de la nation Atimakew comprend que la situation entourant le blocage ferroviaire au pays «est plate pour tout le monde», mais il insiste, il y a des enjeux fondamentaux qui, un jour ou l’autre, devront être discutés.

«Il va falloir arrêter d’être sur le superficiel. Il faut avoir un vrai dialogue sur les enjeux, et ce, des deux côtés. Il faut comprendre tout l’historique des réserves et des territoires ancestraux. Je le répète, il faut créer un meilleur momentum pour l’avenir de nos jeunes. Pour ça, il faut que le dialogue de sourds et les fausses promesses arrêtent», affirme Constant Awashish. 

Des grands projets touchent également les communautés Atikamekw de la Haute-Mauricie, entre autres, le projet de Gazoduc et celui de la minicentrale Manouane Sipi. Constant Awashish martèle que tout passe par le dialogue et l’information.

«Il faut que les membres soient réellement bien informés. Il y a beaucoup de travail à faire au niveau de la consultation pour s’assurer que toutes les parties prenantes soient au courant. À l’heure actuelle, c’est souvent la gouvernance (le conseil de bande) qui est au courant. Il y a tout un travail à faire là-dessus. La consultation ressemble souvent plus à de l’information lancée. Tout le monde doit participer aux consultations pour aller chercher un vrai consentement dans les projets», commente Constant Awashish.

Le Conseil des Atikamekw de Wemotaci en a aussi profité pour rappeler que des enjeux territoriaux similaires sont en cours au Québec, alors que les négociations territoriales entamées entre la Nation Atikamekw et le gouvernement il y a plus de 40 ans attendent toujours un règlement. 

«Nous suivons de près la situation actuelle et nous prendrons acte des décisions prises par le gouvernement fédéral. Selon ces décisions, des moyens de pression variant en intensité pourraient être envisagés afin de faire valoir nos droits sur notre propre territoire, qui n’a pas non plus fait l’objet d’un traité et reste non cédé», affirme le chef François Neashit.

Les élus du Conseil des Atikamekw de Wemotaci ont également noté des avancées intéressantes de la part du gouvernement fédéral sur quelques fronts au cours des dernières années. 

«Cependant, les principaux enjeux au cœur des droits ancestraux et du partage plus équitable des ressources du territoire ne sont pas réglés, ni même véritablement abordés», dénoncent-ils.

Rappelons qu’en 2012, les Atikamekw ont effectué un blocus qui a paralysé l’industrie forestière de la Haute-Mauricie durant plus de deux semaines, afin d’amener le gouvernement à prendre ses responsabilités et entamer des négociations sur la question territoriale.