Louise Charbonneau (au centre) a célébré sa victoire avec ses collaborateurs.

Bloc québécois dans Trois-Rivières: victoire de Louise Charbonneau... à 50,7 %

TROIS-RIVIÈRES — La course à l’investiture du Bloc québécois dans Trois-Rivières aurait pu difficilement être plus serrée alors que Louise Charbonneau a remporté la victoire aux dépens de sa rivale, Louise Chabot, avec 50,7 % des voix, lors d’une assemblée qui aura réuni près de 200 militants mardi à l’Île Saint-Quentin. La soirée s’est déroulée en l’absence du chef Yves-François Blanchet, mais en présence du doyen Louis Plamondon, des candidats Yves Perron et Nicole Morin, et d’anciens politiciens tant bloquistes que péquistes tels que les Paule Brunelle, Guy Julien, Guy André, Yves Rocheleau, Marcel Gagnon et Noëlla Champagne.

«La campagne, nous la gagnerons. Ce n’est qu’un début. C’est demain que commence le vrai travail», a-t-elle lancé, après l’annonce des résultats. «Le Bloc peut faire une grande différence dans cette élection-là», a soutenu celle qui a mordu la poussière par quelques votes seulement, admettant sa déception.

La candidate bloquiste se dit prête à en découdre avec les Yves Lévesque, Valérie Renaud-Martin, Robert Aubin et les autres. «On prend Trois-Rivières et la balance du pouvoir. Le Bloc est bien vivant», a-t-elle affirmé dans son discours de candidature. C’est l’ancien candidat du Bloc aux dernières élections, André Valois, qui l’a présentée car elle fut sa directrice de campagne.

Cette enseignante et conseillère pédagogique de carrière a parlé «d’un moment important de mon implication au sein du Bloc dans Trois-Rivières». «C’est une suite logique de 15 ans d’implication active», a indiqué celle qui a multiplié par quatre le nombre de membres dans la circonscription trifluvienne.

À l’approche du prochain scrutin fédéral, la femme originaire de Cap-de-la-Madeleine a décidé que c’était son tour d’être candidate du Bloc québécois. «Les Trifluviens méritent d’avoir une candidate près des gens, prête à s’impliquer», croit Mme Charbonneau.

En plus de vouloir se porter à la défense du Nouvelliste, plaidant pour «la survie de notre journal», la représentante bloquiste entend se battre aussi pour le train à grande fréquence. «Les libéraux tergiversent à grande fréquence alors qu’on en a besoin», a-t-elle déclaré.

La nouvelle politicienne a raconté «avoir marché avec les jeunes pour le climat». «Et je vais continuer à écouter les aînés», ajoute celle qui a multiplié les présences dans différentes activités au cours des derniers mois.

Et si, dit-elle, ce que Québec veut, le Bloc le veut, «ce que Trois-Rivières veut, Louise Charbonneau le veut». «Je voterai pour quand une proposition sera bonne pour le Québec», a promis la candidate.

Dans son allocution, son opposante Louise Chabot avait dit que «nos adversaires ont raison d’avoir peur». «Je me sens en famille, unie par une noble cause. Le Bloc est le seul parti qui a toujours défendu sans compromis le Québec», a-t-elle fait valoir.

L’ancienne présidente de la Centrale des syndicats du Québec a résidé à Trois-Rivières pendant 30 ans où elle a tissé des liens avec divers groupes. Et dans ses propos, elle a cité tantôt Pauline Marois, tantôt Michel Chartrand, en passant par René Lévesque. «Faire de la politique, c’est prendre soin des gens. Si on ne s’occupe pas de la politique, la politique va s’occuper de nous autres. On n’est pas un petit peuple. Il est plus que temps que ce grand peuple poursuive sa marche vers la souveraineté», a énuméré celle qui disait vouloir servir l’intérêt public et non une carrière.

La candidate du Bloc québécois dans Longueuil-Charles-LeMoyne, Cathy Lepage, a pris la parole en attendant l’annonce des résultats. Elle a fait remarquer à son auditoire partisan que le Bloc était passé de la troisième à la deuxième place dans les récents sondages. «Le vote du NPD s’effondre. Un chef de parti qui porte un signe religieux, ça ne passe pas au Québec», a-t-elle souligné.

Et si, à son avis, les valeurs conservatrices, «ça ne passe pas non plus», évoquant la question de l’avortement, le bilan Trudeau est marqué par l’affaire SNC-Lavalin et la gestion de l’offre. «Les verts, c’est nous», prétend l’invitée de la soirée.

L’assemblée d’investiture du Bloc québécois dans Trois-Rivières a failli compter un troisième joueur, soit Jonathan Beaulieu-Richard, pharmacien et ancien joueur des Alouettes de Montréal, mais ce dernier n’avait pas déposé de bulletin de candidature valide, selon son chef.