Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, a fait le point sur sa relation avec la députée Marie-Louise Tardif.
Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, a fait le point sur sa relation avec la députée Marie-Louise Tardif.

Bisbille entre le maire de La Tuque et la députée Marie-Louise Tardif: «On n’a pas attaqué sa personne»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, a tenu à faire le point sur sa relation avec la députée de Laviolette–Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, lors de la dernière assemblée publique du conseil municipal, mardi soir.

«Je suis là pour défendre les intérêts des citoyens de La Tuque, La Bostonnais et Lac-Édouard», a lancé d’entrée de jeu le maire Tremblay.

«On n’a pas attaqué son travail, on n’a pas attaqué sa personne, on a attaqué quatre ou cinq faits pour lesquels on a dit qu’il fallait améliorer la communication», a-t-il ajouté

Le conflit entre les deux élus se rapporte principalement à quatre dossiers selon le maire: les services ambulanciers, les pannes d’électricité à Parent, les protocoles de rencontre avec les maires de l’agglomération et la téléphonie cellulaire.

«C’est déjà beaucoup. Quand pour des dossiers de pointe, vous n’êtes pas capable de vous parler, pas capable de vous comprendre, ce n’est pas évident», a-t-il lancé.

La rencontre du 23 juin avec la députée, que certains ont qualifiée de houleuse et même d’irrespectueuse, était selon la version du maire «pour mettre les choses au clair».

Ce dernier s’est dit choqué par les propos de la députée Marie-Louise Tardif qui aurait affirmé ne pas avoir été interpellée dans certains dossiers, notamment pour les services ambulanciers.

«Je ne suis pas un menteur. On l’a rencontrée plusieurs fois pour lui expliquer la dynamique du territoire», a lancé M. Tremblay.

Le maire de La Bostonnais s’est dit abasourdi à la suite des discussions de cette rencontre.

«On travaille tous pour les citoyens et on gagnerait à se parler», a lancé Michel Sylvain.

Quant au maire de Lac-Édouard, qui était lui aussi présent à cette rencontre, il a mentionné qu’il fallait avoir les yeux fermés pour «ne pas voir qu’il n’y a pas de communication».

«Je ne sais pas trop par quel bout prendre ça pour que la situation se règle, ce serait à l’avantage de tout le monde si les relations s’amélioraient», soutient Larry Bernier.

Le maire de La Tuque est revenu aussi sur l’attitude et les publications de la députée sur les réseaux sociaux.

«On lui a demandé de ralentir sa page Facebook, de ralentir les courriels, d’arrêter de mettre la charrue avant les bœufs. C’est peut-être un manque d’expérience», a-t-il lancé.

Pierre-David Tremblay insiste, il est ouvert à améliorer les communications.

«Je ne suis pas parfait, mais on veut que ça s’améliore. […] Ce n’est pas irréversible, mais il ne faudra pas jouer trop longtemps avec la patate», a-t-il noté.

Le maire de La Tuque est également revenu sur la lettre d’opinion publiée mardi dans Le Nouvelliste. Il a exprimé son désaccord sur un extrait qui mentionnait que «des membres du conseil municipal qui semblent être là à titre de marionnettes».

«Le maire ne prend jamais une décision sans que son conseil, unanime ou majoritaire, s’inscrive dans la démarche. Deux dossiers en presque 36 mois n’ont pas fait l’objet de l’unanimité; les Loups de La Tuque et le camping à La Croche. Les marionnettes, quand ils ont de quoi à dire, ils le disent. Il y en a qui le disent dans les médias ces temps-ci», a fait remarquer le maire de La Tuque.

Il a d’ailleurs affirmé que l’auteure de la lettre avait travaillé au bureau de Marie-Louise Tardif.

«Qu’est-ce qui s’est passé, madame Claveau? On ne vous voit plus au bureau de la députée?»

Certains conseillers municipaux ont aussi exprimé leur mécontentement. Le conseiller municipal de Parent, Éric Chagnon, n’a pas apprécié les commentaires de la députée sur Facebook concernant les pannes d’électricité qui ont affecté son secteur.

«Quand tu vis ces pannes-là, tu n’as pas tellement envie d’être complaisant avec les gens qui disent que ce n’est pas si grave», a-t-il indiqué.

«Au conseil municipal, il y a des discussions et après un vote. C’est la majorité qui l’emporte. Ce n’est pas un individu seulement. C’était le mot de la marionnette», a pour sa part commenté le conseiller municipal René Mercure.

Son collègue Roger Mantha abonde dans le même sens. Il estime que ce n’est pas parce qu’il approuve les décisions du maire qu’il est «conciliant» pour autant.

«C’est certain qu’on a pris des décisions qui n’ont pas plu, mais on n’avait pas le choix, il fallait le faire. On est des administrateurs […] Les gens ne voient pas tout le travail», a-t-il affirmé.

La conseillère municipale Caroline Bérubé a pour sa part réitéré qu’elle se dissociait des propos du maire dans ce dossier.

«Je tiens à me dissocier du discours du maire par rapport à madame Tardif. Je n’ai pas assisté à cette rencontre. Les propos ont été rapportés et j’ai des échos différents de part et d’autre», a-t-elle conclu.