Le champ gazier de la Régie pourrait rapporter des revenus intéressants.

Biogaz et compostage: les usines seraient à Saint-Étienne-des-Grès

SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS — Tout laisse croire que les deux plus gros projets que caresse présentement la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, soit une usine de compostage pour les matières putrescibles et une usine de raffinage du biogaz provenant de ses cellules d’enfouissement, se feront à Saint-Étienne-des-Grès selon ce qu’a appris Le Nouvelliste.

Questionné à ce sujet, le président de la Régie, Michel Angers, a confirmé que l’usine de raffinage du biogaz sera effectivement construite sur les terrains de la Régie tout en précisant que l’entente n’a toutefois pas encore été officialisée avec le constructeur.

Quant au compostage, le président a également confirmé que «les études convergent» vers un emplacement de compostage semi-fermé qui serait également situé à Saint-Étienne-des-Grès.

Cette orientation, explique-t-il, provient du fait que la plus grosse cliente de la Régie est Trois-Rivières. Le fait d’aménager l’usine à Saint-Étienne-des-Grès permet également d’être plus près de la zone d’enfouissement. Or, certains résidus de compostage doivent inévitablement être enfouis, explique-t-il. Étant plus près du LET, il sera donc plus facile et moins coûteux d’acheminer ces résidus à l’enfouissement.

La Régie a d’ailleurs tenu une rencontre d’information avec les résidents de Saint-Étienne-des-Grès, il y a environ un mois à ce sujet. «La salle était pleine», dit-il, en rappelant qu’il était primordial pour lui d’aller chercher l’acceptabilité sociale pour mettre ces projets en marche. Le Nouvelliste a également appris que le 4 mai dernier, une visite d’un jour en Ontario a été organisée pour les citoyens de Saint-Étienne-des-Grès afin de visiter un centre de compostage semi-fermé de même type que celui qui serait construit sur le site de Saint-Étienne-des-Grès.

Michel Angers prévoit que les annonces officielles de ces deux projets se feront «d’ici l’été.»

Rappelons que la Régie souhaite raffiner le biogaz généré par ses cellules d’enfouissement dans l’objectif de le vendre à Énergir (anciennement Gaz Metro) et autres acheteurs afin d’en tirer des revenus. La Régie est entièrement propriétaire de son champ gazier. Pour l’instant, elle brûle le biogaz qui s’en échappe.

toit du Centre de tri

D’autre part, la Régie attend avec impatience des nouvelles des ingénieurs en structure au sujet des bris occasionnés aux poutres de la toiture du Centre de tri de Récupération Mauricie à Saint-Étienne-des-Grès, l’hiver dernier.

Rappelons que plusieurs toitures, dans la région, se sont effondrées sous le poids de la glace. La Régie avait dû fermer temporairement d’urgence le Centre de tri lorsque des problèmes de structure ont commencé à apparaître.

Comme l’explique le directeur général de RM, Daniel Cassivi, de l’avis des ingénieurs, le bâtiment est toujours sécuritaire tant qu’il n’aura pas à supporter de nouvelles charges.

RM a donc demandé à ses employés de retarder leurs vacances jusqu’à ce qu’on sache quand ces travaux de consolidation auront lieu ainsi que leur durée, deux données qui ne sont toujours pas connues de la Régie, indique le directeur général, Pierre Tardif. Cette situation n’est pas sans causer certaines inquiétudes parmi les employés de RM.

«On est toujours en attente du rapport complet de l’ingénieur en structure mandaté par notre assureur», indique la responsable des communications, Sylvie Gamache. «C’est vraiment ce document qui va nous donner les informations relatives à l’envergure des travaux à réaliser, les matériaux, la séquence avec laquelle on va pouvoir réaliser ces recommandations. À partir du moment où l’on aura ces informations, là, on va pouvoir planifier», dit-elle.

Pierre Tardif, ne cache pas une certaine inquiétude, car «ça passe vite», fait-il valoir «et les travaux doivent être faits avant l’hiver et dans une période plus tranquille au centre de tri. Il faut aussi considérer les vacances de la construction de même que la période d’appel d’offres. «C’est entre les mains des assureurs. On les harcèle», dit-il. «On nous dit qu’ils sont débordés étant donné que beaucoup de bâtiments municipaux ont des problèmes» parce qu’ils ont été affectés par les précipitations exceptionnelles de l’hiver dernier, rappelle-t-il.

«On va mettre de la pression, car on sait que ça a des incidences sur les ressources humaines», assure-t-il.

La Régie ignore toujours s’il faudra changer quelques poutres seulement ou la toiture au complet. On ne sait donc pas encore s’il faudra interrompre une partie seulement des opérations de tri ou la totalité et encore moins pour combien de temps.

Différents scénarios sont envisagés, explique le directeur général. Certains de ces scénarios parlent d’une fermeture pouvant aller jusqu’à un mois, dit-il. «Si c’est une bonne partie, sinon la totalité du toit qu’il faut changer, je ne pense pas que ça se fasse en 10 jours», plaide-t-il.