La popularité grandissante du Web, l'utilisation croissante des appareils mobiles comme les téléphones intelligents et les tablettes électroniques et la montée des transactions en ligne ont poussé Loto-Québec à ouvrir une boutique en ligne.

Billets, livres et poulet rôti

Que ce soit pour acheter des billets de spectacle ou de loterie, des livres ou pour commander le repas du soir, la variété de produits vendus en ligne se développe au même rythme que la popularité d'Internet.
Le commerce en ligne pour la vente de billets pour la salle J.-Antonio-Thompson a été mis en place il y a 10 ans. Depuis, la popularité du service ne cesse de croître.
«En 2008, les ventes par Internet représentaient 18 % de nos ventes. En 2012, pour la salle Thompson et le Théâtre du Cégep, on est rendu à plus de 34 %. Et pour 2013, on s'attend à avoir plus de 36 %», dévoile Claude Marchand, directeur de la gestion et de la diffusion de la salle Thompson.
Les rôtisseries Saint-Hubert ont lancé le service de commande en ligne il y a près de 10 ans. Depuis 2011, le service est offert par les 114 restaurants que compte la chaîne.
«Les dirigeants voyaient un engouement pour ce service il y a 10 ans, mais on ne pouvait pas prévoir un tel engouement. Les commandes en ligne représentent 33 % de nos livraisons au total de tous nos restaurants. Dans certains restaurants, ça peut aller jusqu'à 45 % des commandes à livrer qui sont passées en ligne», confie Josée Vaillancourt, porte-parole de la chaîne.
Mme Vaillancourt explique que le service de commande par Internet a requis un certain niveau de réorganisation. Saint-Hubert n'est pas sur le point d'abandonner le service de commande par téléphone.
«On a une base de clients qui ne feront probablement jamais le transfert vers le commerce en ligne», analyse-t-elle.
À l'instar de Saint-Hubert, les responsables de la salle Thompson ont dû réajuster le travail effectué par l'équipe de la billetterie afin de répondre à cette nouvelle façon de transiger.
«Le personnel de la billetterie est demeuré le même, soit près de 20 personnes. Les gens font du travail à la billetterie, mais sortent aussi les commandes Internet, impriment les billets, préparent le retour des billets par la poste ou préparent une enveloppe pour la prise des billets à la billetterie. Le but n'est pas de couper du personnel. On développe Internet pour offrir une autre façon de se procurer des billets», raconte M. Marchand, qui s'attend à ce que le service permettant aux internautes d'imprimer leurs billets soit en fonction en 2014.
La librairie Clément Morin vend en ligne depuis quelque temps. Sylvie Morin, propriétaire de l'entreprise familiale située à Trois-Rivières, admet que cette décision était un passage obligé.
«La vente dans le numérique représente environ 2 % du total de nos ventes. C'est encore marginal. On s'attend à 10 % d'ici trois ans. Aux États-Unis, je pense qu'ils sont rendus à 35 %. On n'a pas le choix de se préparer.»
Loto-Québec est aussi un commerçant en ligne depuis peu de temps. Ce ne sont pas tous les billets qui sont vendus sur Internet, les billets à gratter en sont un exemple. Mais selon Jean-Pierre Roy, les ventes progressent pour cette société d'État.
«Au début, on était à 500 000 $ de ventes par mois. On est à un million de dollars par mois actuellement. La hausse a été graduelle», énonce le porte-parole de Loto-Québec, en précisant que les ventes en ligne totalisent plus de 10 millions de dollars depuis août 2012 et équivalent à 1,1 % des ventes totales des loteries concernées.
La popularité grandissante du Web, l'utilisation croissante des appareils mobiles comme les téléphones intelligents et les tablettes électroniques et la montée des transactions en ligne ont poussé Loto-Québec à ouvrir une boutique en ligne. Elle a du coup imité d'autres sociétés de loterie au Canada, notamment dans les provinces de l'Atlantique, qui obtiennent du succès.
«La nature de notre produit se prête bien à l'achat en ligne, expose M. Roy. L'achat d'un billet de Lotto 6/49 se fait instantanément et ne nécessite pas de livraison.»
Loto-Québec apprécie la croissance des ventes en ligne, mais ne songe aucunement à fermer ses points de vente physiques.
La popularité d'Internet en 2012
- 81,6 % des ménages québécois sont branchés à Internet
- 78,3 % des ménages de la Mauricie sont branchés à Internet (10e rang)
- 77,8 % des ménages du Centre-du-Québec sont branchés à Internet (11e rang)
- 84,5 % des ménages de la Capitale-Nationale sont branchés à Internet (premier rang)
- 70,7 % des ménages de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine sont branchés à Internet (dernier rang)
Au Québec
- 49,6 % des entreprises québécoises ont leur site Internet
- 30,5 % des entreprises québécoises sont présentes au sein des médias sociaux
source: Institut de la statistique du Québec
Au Canada
- 40 % des entreprises canadiennes ont leur site Web
- 10 % des entreprises canadiennes font du commerce en ligne
source: Statistique Canada