Jean Boulet
Jean Boulet

Bilan mi-mandat des ministres régionaux: «L’importance de s’adapter et d’être à l’écoute»

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — «La pandémie a mis l’accent sur l’importance d’un politicien de s’adapter et d’être à l’écoute. C’est un défi extraordinaire.»

Voilà ce que retient, entre autres, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, de ses deux premières années de mandat qui furent marquées par le règlement du conflit à l’Aluminerie de Bécancour.

Comme membre du comité gouvernemental de relance économique, il rappelle les diverses mesures qui furent déployées au rythme du déconfinement des différents secteurs afin de permettre un retour au travail sécuritaire, et ce, avec le soutien de la Santé publique et de CNESST.

«La pandémie a exacerbé l’importance de faire de la bonne prévention en milieu de travail», a-t-il confié en entrevue. D’ailleurs, pour la seconde moitié du mandat, la modernisation du régime de santé-sécurité fait partie de ses priorités.

En réponse à la pandémie, il n’est pas peu fier des initiatives mises de l’avant telles que le Programme d’aide temporaire aux travailleurs, qui a permis de soutenir financièrement près de 12 000 citoyens en leur versant près de 13,4 millions de dollars, et le Programme d’actions concertées pour le maintien en emploi qui, doté d’un budget de 150 millions de dollars, aura permis à plus de 34 000 entreprises et à 197 000 personnes en emploi de bénéficier d’un soutien financier pour maintenir leurs activités pendant la pandémie

Par ailleurs, M. Boulet a initié un comité de vigie en relations du travail, au sein du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre, chargé notamment de surveiller de près l’évolution du télétravail.

Outre les actions qui sont mises de l’avant pour soutenir le marché du travail dans le cadre de la reprise des activités économiques, le ministre poursuit son travail pour livrer des projets de loi.

Sonia LeBel

Ainsi, après l’adoption des projets de loi sur l’équité salariale et sur le maintien des services essentiels dans les services publics et dans les secteurs public et parapublic, soulignons l’étude en cours du projet de loi no 51 concernant le Régime québécois d’assurance parentale qui « va contribuer à améliorer le sort des familles et des parents au Québec».

«J’ai réussi à atteindre un équilibre»

Pour la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, les deux dernières années lui auront permis d’apprendre à être députée et ministre en même temps. «J’ai réussi à atteindre un équilibre. Je suis sérieuse quand je dis que pour moi, mon rôle de députée passe avant. Je ne serais jamais ministre si je n’étais pas députée. Tous les vendredis sont consacrés au comté», affirme-t-elle.

Et son défi particulier était de bien s’implanter dans le comté de Champlain. «J’avais un lien d’attachement très personnel avec la Mauricie et la grande région de Trois-Rivières», se plaît-elle à raconter.

Comme ministre de la Justice, elle n’est pas peu fière d’avoir mis sur pied ce comité sur les agressions sexuelles, avec trois de ses collègues de l’opposition. «Le seul petit pincement au cœur quand on m’a demandé de relever le défi comme présidente du Conseil du trésor, c’est d’avoir dû passer le flambeau», avoue-t-elle au Nouvelliste.

«Ce que j’ai réussi à donner comme signature, c’est cette espèce de notion que la justice est plus large que juste la répression et les tribunaux», renchérit l’ancienne procureure en chef à la Commission Charbonneau.

Selon elle, «on avait repris le contrôle des délais judiciaires jusqu’au moment où la COVID a été déclenchée». «On était en train de faire le virage technologique qu’on a accéléré grandement avec la pandémie», fait remarquer celle qui se réjouit que le premier procès entièrement virtuel ait eu lieu à Trois-Rivières.

Et à son arrivée à la présidence du Conseil du trésor, elle dit avoir découvert «un univers juste assez déstabilisant pour être excitant».

«Les premiers mois de mon mandat ont été beaucoup consacrés à repenser le projet de loi 61, ses objectifs, ses finalités et ses moyens d’y arriver, ce qui a donné le projet de loi 66 qui est beaucoup plus centré sur l’accélération des infrastructures», rapporte Mme LeBel.

Son rôle consiste donc à voir «comment on peut atteindre l’objectif en minimisant les effets négatifs sur nos finances et trouver le juste équilibre». «L’année COVID, c’est une année de déficit. On est en urgence. Un jour, on va en sortir. On a aussi les yeux sur le futur», a-t-elle conclu.