La partie piétonnière de l’Allée des Commissaires pourrait bientôt devenir l’Allée des Trifluviennes.
La partie piétonnière de l’Allée des Commissaires pourrait bientôt devenir l’Allée des Trifluviennes.

Bientôt une Allée des Trifluviennes?

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières pourrait bientôt rendre hommage aux grandes Trifluviennes à travers un projet d’aménagement de la partie piétonnière de l’Allée des Commissaires, sur le site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent. Si le projet va de l’avant et est adopté par le conseil municipal, l’Allée des Commissaires deviendra du même coup l’Allée des Trifluviennes.

La réflexion en ce sens émane du comité de toponymie de la Ville de Trois-Rivières. Il y a quelque temps, la question de la très petite représentativité des femmes dans la toponymie trifluvienne avait soulevé le débat sur la place publique. Récemment, une compilation de statistiques permettait de constater qu’à Trois-Rivières, moins de 7,6% des rues dont la toponymie désigne une personne sont nommées en l’honneur de femmes. Une statistique qui s’élève à 11,5% dans l’ensemble du Québec.

Selon le conseiller municipal Pierre-Luc Fortin, président du comité de toponymie, l’issue de la réflexion s’est avérée unanime: on souhaite faire une grande place aux femmes dans la toponymie, et il y a un rattrapage à faire. Toutefois, les rues qui s’ouvrent présentement sont généralement des rues locales pour lesquelles la visibilité n’est pas toujours au rendez-vous. On a donc cherché à mettre en lumière ces Trifluviennes à travers un lieu qui serait central et très en vue, sans toutefois empêcher que des rues soient également nommées en l’honneur de Trifluviennes ayant marqué l’histoire par leurs implications, leurs réalisations ou leurs succès.

«Les critères de sélection seront les mêmes que pour les noms de rues, mais on pourrait envisager de faire des plaques pour rendre hommage à ces femmes, où l’on verrait non seulement leur nom mais également un court paragraphe qui résumerait leur biographie. Ces plaques seraient installées sur le sol, le long de l’Allée des Commissaires», explique M. Fortin.

Du même coup, le comité de toponymie recommanderait le changement du nom de cette rue pour Allée des Trifluviennes. «Il s’agit vraiment d’un lieu central, où les gens se rendent et se promènent. C’est vraiment un lieu bien en vue de la ville, un lieu de grande importance», croit Pierre-Luc Fortin.

Le projet, qui a déjà soulevé l’enthousiasme du Comité de toponymie de même que celui sur le patrimoine, a reçu un accueil positif de la part du conseil municipal mardi, lors de la séance de travail en marge de la séance publique du conseil municipal. Toutefois, le projet devra faire l’objet d’une recommandation officielle au conseil, qui l’officialisera par le biais d’une résolution. Impossible pour le moment de savoir à quel moment cette résolution sera amenée au conseil municipal.

Revoir le système

Bien qu’elle accueille favorablement ce projet, la conseillère municipale Mariannick Mercure a par contre soulevé le point, en séance de travail, qu’elle souhaitait voir la réflexion s’élargir et revoir entièrement la façon de réfléchir la toponymie de la Ville afin de permettre à plus de femmes d’être honorées par la toponymie.

Selon elle, c’est davantage dans les systèmes de toponymie mis en place que le problème réside, alors que les thématiques retenues ne permettent pas aux femmes de se tailler une place. «Si on décide de faire un quartier en hommage aux athlètes, je peux vous garantir qu’une femme athlète trifluvienne ayant connu des succès et étant décédée, il n’y en a pas, tout simplement parce que ça ne fait pas 50 ans que les femmes se taillent une place dans le sport d’élite. Il faut choisir des systèmes qui permettent de penser que les femmes auront autant de chances que les hommes d’être choisies», croit-elle.

Selon Mme Mercure, il faudrait d’ailleurs dès maintenant mettre un frein aux systèmes toponymiques choisis dans les nouveaux développements dont les rues n’ont pas encore été nommées afin de revoir les systèmes et d’y inclure une préoccupation de meilleure représentation des femmes.