Sylvie Pronovost, présidente de Biathlon Mauricie.

Biathlon Mauricie envisage de déménager

Notre-Dame-du-Mont-Carmel — Biathlon Mauricie, qui est installé sur la montagne de Notre-Dame-du-Mont-Carmel depuis le 23 septembre 2013, envisage sérieusement de déménager ses pénates.

La présidente, Sylvie Pronovost, indique que l’organisme souhaiterait, en fait, acheter la montagne, propriété d’Enfouibec. «On a offert un demi-million $, parce qu’on l’avait et ils ont refusé», dit-elle. L’offre de Biathlon Mauricie a été renchérie par la suite à 1,8 M$ en tenant compte d’un prêt qu’aurait pu obtenir l’OSBL, mais sans plus de succès, dit-elle.

Selon ce que Mme Pronovost s’est fait dire, le potentiel du sable exploitable, dans ces lots, aurait une valeur de 3 millions $.

«Si l’on n’est pas capable d’acheter, je poursuis ailleurs», assure la présidente en indiquant que des possibilités s’offrent présentement à elle à Shawinigan et à Trois-Rivières.

Le maire de Notre-Dame-du Mont-Carmel, Luc Dostaler, a bien l’intention de contacter l’organisme pour en discuter. «Ce serait désolant» que Biathlon Mauricie quitte la montagne, avoue-t-il. Il n’y a toutefois pas grand-chose que la Municipalité puisse faire pour empêcher son départ, dit-il avec regret. Toutefois, l’entreprise privée qui est propriétaire de la montagne n’a pas le droit d’exploiter de sablières à cet endroit, précise le maire. «Le zonage ne le permet pas et le conseil n’a pas la volonté de permettre l’exploitation d’une sablière à cet endroit», assure M. Dostaler en reconnaissant que d’autres conseils municipaux, dans un avenir indéterminé, pourraient toutefois changer d’idée. «Une sablière, ça ne crée pas d’emploi, ça fait du bruit et ça brise les chemins», fait-il valoir.

Mme Pronovost aimerait quand même demeurer à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, car beaucoup de travail a été accompli par l’organisme sur la montagne. «On a nettoyé. On a enlevé les utilisateurs indésirables parce qu’il y en avait beaucoup. Il y a eu de la Mâchoire et de la Cisaille», précise-t-elle en faisant référence aux deux programmes de lutte contre le trafic de drogue de la Sûreté du Québec.

Biathlon Mauricie se donne jusqu’à l’automne pour prendre une décision. «C’est certain que le biathlon est très vivant», dit-elle.

Parmi les options qui s’offrent présentement à l’OSBL, «il y a un terrain près de la rivière Saint-Maurice (à Shawinigan) qui est très intéressant pour nous. Le dénivelé est suffisant pour skier», dit-elle.

À Trois-Rivières, l’organisme a également consulté IDE et un autre terrain pourrait se prêter à ses besoins. On y ferait «un biathlon de plus bas niveau, par contre, mais on est les bienvenus. Il y a d’autres possibilités aussi dans la MRC des Chenaux», ajoute la présidente. «On est en train de tout étudier ça.»

Pour Biathlon Mauricie, partir serait malgré tout une décision crève-cœur. «Notre joyau, c’est la montagne. On veut rester là», souligne Mme Pronovost, d’autant plus que l’organisme a reçu de très bonnes nouvelles récemment.

La Commission de protection du territoire agricole lui a en effet décerné, il y a quelques semaines, une autorisation d’utiliser le site à des fins récréatives.

C’est qu’en 2013, lorsque Biathlon Mauricie a loué le lot qu’il occupe depuis sur la montagne, personne n’avait mentionné qu’il n’avait pas le droit d’y exercer des activités autres qu’agricoles. Or, «en 2015, on a demandé une autorisation pour faire un feu de joie pour la fête nationale.» L’autorisation n’a pas pu être accordée à cause du zonage exclusivement agricole appliqué au lot. C’est là que le chat est sorti du sac.

«Ça voulait dire que Biathlon ne pouvait même pas y faire de ski», dit-elle.

«Il fallait prouver qu’il y avait déjà eu une station de ski à cet endroit avant 1974. Il fallait sortir tous les titres de propriété depuis les années 1900, sortir des photos où l’on voyait des télésièges et de petites bâtisses, trouver des articles de journaux au sujet des compétitions qui y avaient eu lieu à telle date», raconte-t-elle. C’est sans compter qu’il fallait trouver aussi des témoins pouvant affirmer qu’ils avaient fait du ski à cet endroit. Il aura fallu 24 mois pour compléter l’ensemble de la preuve. «Notre dossier a trois pouces d’épais», dit-elle.

Une première réponse de la CPTAQ est arrivée en 2017. L’organisme reconnaissait enfin à Biathlon Mauricie des droits réels pour la montagne et les sentiers de ski de fond ancestraux. La zone du champ de tir n’a toutefois pas été reconnue. Appuyé par la Municipalité et l’UPA, Biathlon Mauricie a donc dû faire une demande de permis pour inclure son champ de tir. Le 6 mai 2019, la CPTAQ a finalement donné l’autorisation d’utiliser 3,2 hectares comme champ de tir, au grand soulagement de l’OSBL.

Le maire Dostaler ne peut vraiment quantifier ou évaluer les pertes, pour sa municipalité, qui seraient engendrées par le départ d’une infrastructure récréotouristique comme Biathlon Mauricie. Malgré tout, le maire précise que la Municipalité n’a pas l’intention d’acheter la montagne ni d’y «mettre des milliers de dollars».

Notons que le site de Biathlon Mauricie a été le théâtre de compétitions des Jeux du Québec régionaux en 2016.