Après avoir fait neuf familles, Bernie peut enfin compter sur une description juste de son tempérament, grâce à son séjour chez Patsy March du refuge La Petite Truffe.

Bernie a fait neuf familles différentes

Beaucoup de chiens se promènent de famille en famille et traînent un bagage génétique parsemé de complexités comportementales. C’est le cas de Bernie, qui a fait neuf familles différentes depuis sa naissance en 2010.

Quand une famille ne le veut plus, elle prétexte toutes sortes de raisons autres que la réalité, trop difficile à comprendre. 

Dernièrement, Bernie a bien failli se ramasser dans un refuge de l’Ontario. C’est souvent là que les chiens mal-aimés du Québec se ramassent. C’est Patsy March qui l’a intercepté. Propriétaire du refuge La petite Truffe, situé à Trois-Rivières, elle se demandait pourquoi ce chien se promenait autant via les réseaux sociaux. Celle qui accueille principalement des chats et des lapins depuis huit ans, dans sa propre maison, a accueilli Bernie en septembre 2017, afin de l’évaluer. Chez elle, tous les animaux qu’elle accueille restent au minimum un mois et sont gardés dans un environnement familial, tout en bénéficiant de beaucoup de liberté.

« Pendant les deux premières semaines, il était impossible de l’évaluer correctement tellement il était stressé », remarque Patsy. 

Puis, en octobre, Bernie a commencé à être très réactif envers les autres animaux, surtout quand ces derniers bougeaient. Sensible envers le passé du chien croisé border collie, husky et labrador, elle souhaitait stopper les déménagements en le gardant pour le reste de sa vie. 

« Malgré tous ces abandons, c’est incroyable de voir qu’il n’a aucune rancune envers les humains », souligne la dame au grand coeur. 

Patsy a rapidement mis en place un plan de réhabilitation pour son nouveau pensionnaire. « Il a un instinct de prédation très fort, qui a peut-être été renforcé avec les années. Je le travaille dehors, le soir, quand il y a moins d’éléments de distraction, avec une longe, pour lui apprendre le rappel », ajoute-t-elle. 

Quand il a tenté de la mordre, après avoir voulu lui enlever un jouet, Pasty a aussi compris qu’il faisait de la protection des ressources, c’est-à-dire qu’il peut mordre si on menace maladroitement de lui enlever ses choses. « La protection des ressources, ça se travaille, mais concernant la prédation, il tombe dans la zone rouge tout le temps, et il n’a aucun focus », mentionne l’entraîneuse.

Après avoir semé la panique dans la maison, mis en danger de mort un chat et tué un lapin, Patsy s’est résigné. « Bernie n’est pas fait pour vivre dans l’environnement que je lui offre. Il est trop réactif pour vivre avec autant d’animaux autour de lui », précise la propriétaire du refuge. 


Bernie.

Description 

Pour éviter de le mettre à nouveau en situation d’échec, Bernie a maintenant droit à une description juste. « Bernie est né le 15 décembre 2010. Il est castré et pèse 80 livres. On lui cherche un maître expérimenté qui n’a pas d’enfants, de chats et de petits animaux, en raison de son instinct de prédation. Il adore la compagnie des autres chiens, mais comme il fait de la possession des ressources, la cohabitation risque d’être difficile à gérer en présence de nourriture et de jouets. La famille devra posséder une cour clôturée. La vie en appartement est à proscrire puisqu’il fait de l’anxiété de séparation et vocalise en l’absence des humains. » Évidemment, cette description véridique compromet aussi ses chances d’adoption. 

Bernie

Pour Bernie, l’euthanasie fait toujours partie des options, mais Patsy est convaincue qu’elle trouvera la bonne personne pour lui. Certains refuges la courtisent pour avoir le chien, mais ne prennent pas suffisamment au sérieux les problématiques de Bernie. 

« Bernie possède les pires traits de personnalité qu’un chien puisse avoir. C’est long, évaluer un chien ayant ces problématiques, parce qu’il faut provoquer les situations. Ce n’est pas vrai qu’un refuge peut systématiquement cocher OK avec les chats, OK avec les enfants, OK avec ci, ou avec ça », poursuit Patsy. 

Refuge

Le refuge La Petite Truffe survit grâce à des dons. Pour Patsy March, son refuge est un gros loisir, et non pas son travail principal. « Je paie beaucoup de ma poche pour subvenir aux besoins de tous ces animaux », ajoute-t-elle. Courtière en assurances de dommages, elle aide souvent les gens incapables de s’assurer parce qu’ils ont un chien appartenant à une race qu’on dit dangereuse.

Mais ça, c’est un autre dossier !

WOUF!

«Moi aussi, j’ai été abandonné à cause de mes mauvais comportements.»

- Râto