Serge Mathieu

Bénévole à temps plein

LA TUQUE — À La Tuque, on l’appelle Monsieur canard et ce n’est pas pour rien. Serge Mathieu donne de son temps depuis plus de 25 ans à Canards Illimités Canada. On l’a récemment nommé bénévole de l’année pour le Québec. Voici le portrait d’un enseignant accro au bénévolat.

«Monsieur canard, ça dure depuis 26 ans», lance en riant notre tête d’affiche.

Serge Mathieu a commencé à faire du bénévolat pour se créer un réseau de contacts. Il s’agissait pour lui d’une façon d’aider son prochain, certes, mais également de découvrir les communautés. À ce moment-là, il y a déjà quelques dizaines d’années, il voulait également s’ouvrir des portes pour une carrière alors qu’il était un jeune diplômé. Aujourd’hui, le biologiste de formation enseigne à l’école forestière et il conseille de faire de même.

«C’est ce que j’enseigne à mes élèves. La plus belle chose à faire dans un nouveau milieu, c’est de faire du bénévolat pour agrandir son réseau de contacts. […] Faire du bénévolat permet de s’imprégner de la culture et de l’âme de la communauté quand on s’installe quelque part. C’est aussi de dire merci aux gens qui nous accueillent et qui nous permettent de travailler et d’avancer dans la vie», lance Serge Mathieu.

Déjà bénévole aguerri, c’est en s’installant à La Tuque qu’il a choisi de s’impliquer pour Canards Illimités Canada. C’était en 1992. Il a su démontrer sa passion en aidant à organiser le congrès des bénévoles, en participant au lancement de trois autres comités de bénévoles, en veillant à construire et entretenir des nichoirs, en prêtant main-forte aux campagnes de financement…

«C’était surtout que je savais que pour chaque dollar recueilli, il y en avait 80 % qui allaient dans l’aménagement. On travaille vraiment pour la faune et pour l’humain en protégeant l’environnement», lance-t-il.

Les implications de Serge Mathieu sont loin de s’arrêter là. D’ailleurs, il se plaît à dire que dans sa vie, son premier job, c’est le bénévolat.

«Comme on a tous des factures à payer, je réussis à travailler de temps en temps pour mes dépenses», lance-t-il en riant.

Serge Mathieu

Au fil du temps, il s’est impliqué dans de nombreux comités notamment en lien avec ses compétences en premiers soins. Depuis 23 ans, il fait partie des patrouilleurs de Ski La Tuque où il certifie bénévolement et gratuitement ses collègues.

Il y a eu l’ambulance Saint-Jean, la Croix-Rouge, le défi tête rasée, la fondation des maladies du cœur, pêche en herbes, le relais pour la vie…

Il y a aussi beaucoup d’activités ponctuelles pour lesquelles il a donné du temps: festival de chasse, 12 heures d’endurance de La Tuque, tournoi mondial de pétanque…

Puis est arrivé son «dernier bébé», le projet DEA (défibrillateurs externes automatisés) qui visait à implanter des appareils DEA et à offrir de formations gratuites «Héros en 30», une version simplifiée du programme de réanimation cardiorespiratoire (RCR). Serge Mathieu a accepté avec très grand plaisir d’être le parrain du projet.

«Je me plais à dire à tout le monde à la blague maintenant: La Tuque, destination plein air, chasse, pêche par excellence et la place idéale pour faire un arrêt cardiaque. On a une vingtaine de défibrillateurs partout, et plus de 10 % de la population qui a été formée «héros en 30», affirme-t-il fièrement.

Serge Mathieu avait déjà formé plusieurs jeunes du High School de son propre gré il y a quelques années. Le personnel avait embarqué dans son projet.

«Je faisais ça dans mes temps libres. J’ai adoré ça et j’ai eu le goût de faire plus […] Un soir, j’ai eu le téléphone pour le projet DEA. J’ai dit oui tout de suite. Un rêve devenu réalité! Je leur ai dit: regardez-moi bien aller. Ils ne savaient pas quel poisson ils venaient de prendre au bout du fil», ajoute-t-il.

Depuis l’implantation du projet, Serge Mathieu a formé à lui seul aux alentours de 1000 personnes.

Tout ce temps qu’il donne à gauche et à droite lui a valu des médailles et des trophées. Il n’est pas le seul bénévole de la famille, sa conjointe s’implique également et ses enfants ont eux aussi suivi ses traces.

«Ce sont de jeunes adultes et ils s’impliquent. Je suis très fier de ça. J’ai réussi à leur démontrer l’importance du bénévolat et ça leur a donné le goût. C’est comme une drogue. On s’intoxique au bénévolat», a conclu Serge Mathieu.