Le maire de Bécancour Jean-Guy Dubois

Bécancour: hausse de la taxe de 2,2 %

BÉCANCOUR — «Rigueur et équité. Ces deux mots résument la préoccupation des membres du conseil. Un budget marqué par une rééquilibration des divers taux et un régime minceur très astreignant dans le programme triennal d’immobilisations. Il aura été trois fois plus long à bâtir que les autres années».

Voilà comment le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a qualifié les prévisions budgétaires 2019 qui furent adoptées lundi soir devant une dizaine de citoyens, et ce, sur fond d’incertitude du côté de l’Aluminerie de Bécancour. Un budget de plus de 29 millions de dollars, en hausse d’un million de dollars, qui comprend une augmentation nette de la taxe résidentielle de 2,2 % et une baisse de l’évaluation des entreprises de l’ordre de
18 millions de dollars, causée par le phénomène naturel de désuétude économique rattachée à la fiscalité industrielle. 

Dans un contexte de nouveau rôle d’évaluation 2019-2021 qui établit la richesse foncière à près de 1,8 milliard dollars, pour une maison-type évaluée à 177 407 $, le compte de taxes total sera de 2079,16 $, pour un bond de
45,14 $. Si le taux de taxe résidentielle est resté à 0,90 $ du 100 dollars d’évaluation, celui appliqué au secteur agricole est passé de 0,80 $ à 0,71 $ pour tenter d’atténuer l’augmentation de 22,60 % de la valeur des terres. Résultat? La taxe agricole subit tout de même un bond de 9,3 %. Quant à la taxe industrielle, le taux est de deux ordres: 1,83 $ pour les entreprises de cinq millions de dollars et plus et 1,59 $ pour celles de moins de cinq millions de dollars. Conséquence? La hausse nette est de 9,36 %. Toutes les autres taxes sont restées au beau fixe, à l’exception de celle pour les ordures qui connaît une faible hausse de cinq dollars, pour atteindre
137,50 $ par unité de logement.

«Nous avons abordé l’étude du budget dans une conjoncture plutôt inquiétante: dépôt d’un nouveau rôle comportant des baisses d’évaluation des entreprises de l’ordre de 18 millions de dollars, période très intense d’investissements pour 28 millions de dollars et augmentation progressive des taux d’intérêt», a expliqué le premier magistrat. D’ailleurs, les frais de financement bondiront de 291 275 $ l’an prochain tandis que l’hygiène du milieu est en hausse de 331 916 $. Les charges majeures se situent aux postes budgétaires suivants: transport et hygiène du milieu (42 %), sécurité publique (13 %) et service de la dette (19 %).

En ce qui concerne l’aménagement, l’urbanisme et le développement, les dépenses vont diminuer de 4,32 %, soit de 97 738 dollars, entre autres, en raison de subventions à la baisse pour les nouvelles constructions.

Par ailleurs, le programme triennal d’immobilisation frôle les 27 millions de dollars, mais les dépenses prévues en 2019 ne sont que de 1,5 million de dollars. «Ce sera une année de tranquillité. On va se calmer le pompon», a laissé entendre M. Dubois. Par contre, en 2020, une somme de 9,5 millions de dollars est prévue pour des travaux d’aqueduc, potentiellement subventionnée à 83 %.

Selon lui, 2018 aura été une année d’infrastructures, «de rough», dit-il, reprenant le langage de la construction. «Et pour demeurer dans la même analogie, 2019 s’annonce plutôt comme une année de finition, d’aboutissement», a-t-il affirmé.

Car au cours des douze derniers mois, le Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux aura nécessité des investissements de l’ordre de 14 millions de dollars, dont 8,3 millions de dollars en subventions. L’installation de base de la fibre optique correspond à huit millions de dollars et quatre projets domiciliaires expliquent les 6,3 millions de dollars. «Dans tous les cas, il s’agit de projets nécessaires au développement de la Ville», a tenu à préciser M. Dubois.

Mise en opération de l’usine de traitement des eaux usées, construction du motel/incubateur - «cette année devrait être la vraie» -, branchements à la fibre optique (un dossier qui fait sourciller certains citoyens en raison des coûts), quelques projets structurants en environnement et développement durable et regard renouvelé sur la qualité de vie et l’image de marque de la Ville: voilà ce qui apparaît au menu de la prochaine année. «On parlera notamment de saines habitudes de vie et de politique familiale», a-t-il ajouté, en plus d’évoquer un colloque citoyen sur la vision de Bécancour, une étude sur la couverture cellulaire, la guerre aux plastiques et une politique familiale.

Au plan économique, outre le fameux incubateur de 2,1 millions de dollars, le maire prévoit trois entreprises nouvelles ainsi que le démarrage du Complexe équestre et de la serre de cannabis à usage médical, sans compter l’avancement du dossier de ProjetBécancour.ag., qui vise à construire une usine d’urée et de méthanol.

Alors que l’ABI contribue au budget à raison de 4,5 millions de dollars, Jean-Guy Dubois surveille la situation de près, à l’approche de la date butoir fixée par le gouvernement caquiste pour une entente entre les parties. 

«L’entreprise est encore là. ABI fait partie de nos citoyens corporatifs», conclut celui qui n’ose imaginer sa fermeture.