Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a remis le trophée du concours de menteries à Guy Cormier.

Bécancour couronne son plus grand menteur

BÉCANCOUR — Comme le veut la célèbre citation de Mark Twain, il ne faut pas laisser la vérité gâcher une bonne histoire. Les participants à la 4e édition du concours de menteries de Bécancour ont assurément respecté à la lettre ces propos du célèbre écrivain.

L’objectif de ce concours est simple. Les participants doivent raconter une histoire où la réalité est bien sûr embellie et fortement déformée. Plusieurs règles très strictes encadrent également les histoires fausses qui doivent être dénuées de propos racistes, xénophobes, choquants ou religieusement offensants.

Pour une deuxième année, le trophée nommé en l’honneur du maire de Bécancour Jean-Guy Dubois — qui n’est pas du tout reconnu pour ses mensonges — a été remis à Guy Cormier pour son histoire sur l’élevage de lapins. L’humoriste amateur a livré une performance digne des stand-ups de l’époque des cabarets.

«C’est vrai que nous avons déjà gardé des lapins, mais il y a plusieurs choses d’exagérées», avoue le double vainqueur du concours de menteries de Bécancour.

La compétition était aussitôt terminée que déjà Guy Cormier pensait à son histoire de l’année prochaine. Le mensonge demande beaucoup de préparation. «J’ai toujours aimé faire le comique, depuis que je suis tout jeune», précise l’homme originaire de Bécancour.

Décidément, les Cormier de Bécancour savent bien mentir. La deuxième place du concours est revenue à Raymond Cormier, le frère du vainqueur. «Je retiens un peu de ma mère. Elle était comique et aimait raconter des histoires. Elle était très sociable», avoue Guy Cormier.

Le jury de ce concours, composé de comédiens travaillant à l’École nationale de police de Nicolet, a exceptionnellement décerné un troisième prix cette année. Cette troisième place est allée à Yoland Guimond.

La petite église du secteur Précieux-Sang était bondée de spectateurs dimanche. Organisé par Patrimoine Bécancour, le concours de menteries permet d’animer cette petite église de bois ainsi qu’un des secteurs de la grande ville de Bécancour. De plus, près de 5000 $ est amassé pour Patrimoine Bécancour grâce à cet événement.

«Il y avait des guerres de clocher à Bécancour. Maintenant, c’est terminé et un événement comme ça y contribue», affirme Jean-Paul Pépin, le responsable des aménagements et des campagnes de financement à Patrimoine Bécancour. «Le concours permet aussi à certaines personnes de passer des messages.»

Patrimoine Bécancour ajoute que le concours de menteries est d’année en année de plus en plus populaire. Le nombre de spectateurs est constamment en croissance de même que le nombre de menteurs potentiels. «Nous sommes dépassés par les événements», avoue M. Pépin qui note que les organisateurs vont réussir à trouver des solutions.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a remis le trophée couronné par un Pinocchio qui porte son nom au vainqueur du 4e concours de menteries. En plus de souligner l’originalité de l’événement, il a insisté sur la participation de menteurs provenant de tous les secteurs de Bécancour. «C’est très original. Un concours comme ça ne se fait pas ailleurs. Ce qu’on fait est unique et différent. Ça ne coûte rien. Tout ce que ça demande, c’est de l’audace et de l’originalité», estime le maire de la ville des «menteurs».