Michel Lebrun, responsable des communications pour le Club de motoneige de la Mauricie, affirme que les frais engendrés pour le nettoyage des sentiers, rendu nécessaire à cause des importantes chutes de neige du début de la saison, ne devraient pas avoir d’impact négatif si les précipitations sont dans la normale.

Beaucoup de neige... et de frais

TROIS-RIVIÈRES — Le début hâtif de l’hiver fait beaucoup d’heureux mais n’est pas sans conséquences notamment pour le Club de motoneiges de la Mauricie. L’importante bordée de neige reçue tôt dans la saison a brisé de nombreux arbres qui obstruaient les sentiers.

«Ça a coûté 30 000 $ en déboisement. Dans les années antérieures, on n’avait pas ces frais-là ou très rarement. En amputant notre budget de 30 000 $, advenant un hiver avec beaucoup de neige comme en 2008, on n’aurait pas assez d’argent pour surfacer les sentiers jusqu’à la fin de la saison mais, si la quantité de neige est dans les normales, on devrait avoir assez de fonds pour surfacer adéquatement», explique Michel Lebrun qui est responsable des conditions des sentiers.

Bien qu’important, l’aspect monétaire n’est pas le seul enjeu qui pourrait venir assombrir la saison 2018-2019. L’essoufflement des bénévoles qui ont travaillé d’arrache-pied n’est également pas à négliger. «En plus de l’argent qu’on doit mettre sur la machinerie qui brise beaucoup plus souvent étant donné les branches qui se trouvent ensevelies sous la neige, il y a les 700 heures de bénévolat qu’on a mises pour préparer les sentiers», ajoute M. Lebrun.

La négociation des droits de passage est également le nerf de la guerre pour assurer la continuité du réseau, notamment dans le coin de Saint-Tite et Sainte-Thècle où la témérité de certains motoneigistes a rendu le processus plus ardu. Le deuxième vice-président du Club de motoneiges de la Mauricie, René Normandin, a d’ailleurs remis sa démission en évoquant, entre autres, le manque de respect de la signalisation de certains adeptes qui a pour conséquence de rendre extrêmement pénible la négociation des droits de passage avec les agriculteurs de l’endroit.

«Ce n’est pas la majorité mais certains ont des motoneiges hors piste et vont jusqu’à défaire les entraves pour se promener dans les champs», résume M. Lebrun qui souligne que cette situation peut engendrer des pertes financières pour les agriculteurs.

La perte d’un droit de passage entraîne la rupture d’un segment qui peut avoir de fâcheuses conséquences sur le réseau en entier. «À Shawinigan on est un point central. La grande majorité des motoneigistes qui font Montréal-Québec passent par Shawinigan, même chose pour ceux qui veulent aller à La Tuque», affirme M. Lebrun.

Champlain

Du côté du Club de motoneige du comté de Champlain, on peut enfin affirmer officiellement que les sentiers sont tous ouverts. «La signalisation est pratiquement toute terminée, les rivières sont sécuritaires pour les motoneiges... On a enfin passé à travers!», a fait savoir le vice-président du Club de motoneige du comté de Champlain, François Massicotte.

Le Club attend d’ailleurs une nouvelle surfaceuse dans les prochains jours. Le retard de livraison de cette troisième machine a un peu retardé la préparation des sentiers, mais la météo a été le principal casse-tête des dirigeants du club pour le début de la saison. Là aussi le déboisement a nécessité de très nombreuses heures de travail, mais n’entraînera pas de coûts supplémentaires.

«On n’a pas eu besoin de louer de la machinerie, on a eu assez de bénévoles. On a été chanceux. Il y a eu des coûts associés à ça c’est certain, mais c’est minime dans les circonstances.»

On attend donc de nombreux amateurs de motoneiges dans les sentiers ce week-end.

Avec la collaboration d’Audrey Tremblay