Le maire de Batiscan, Christian Fortin

Batiscan: le puits de gaz sera scellé

BATISCAN — Le puits de gaz qui est entré en éruption tôt samedi matin à Batiscan sera scellé, assure le maire Christian Fortin. Mais paraît-il que ledit puits était reconnu pour avoir des fuites.

Selon des informations obtenues auprès de la compagnie propriétaire du puits, le maire Fortin confirme que l’entreprise met en place différentes mesures afin de condamner ce puits situé près de la route 138 à l’intersection du chemin de l’Île Saint-Éloi Ouest.

«Ils sont en train de noyer le puits pour arrêter la fuite dans le but de le fermer. On remplit le puits d’eau pour le noyer. Ils vont ensuite le sceller. Mais on ne sait pas quand ce sera fait», explique M. Fortin.

Cette éruption surprend Marc Brullemans, membre du Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste et les enjeux énergétiques au Québec. Selon lui, la situation prouve qu’il faut s’occuper de ces puits de gaz qui seraient au nombre de 1000 au Québec et d’une centaine en Mauricie.

«Le puits de Batiscan est visible, à côté de la route, facile à inspecter. Celle-là, je la comprends difficilement. Il y avait des rapports préalables qui disaient qu’il fuyait. Le ministère (de l’Énergie et des Ressources naturelles) est en retard sur les nouvelles. Il n’arrive pas à prendre le dessus. On n’a pas les équipes présentes suffisamment sur le terrain pour inspecter les puits avec diligence sur le territoire.»

Selon le maire Fortin, Batiscan a demandé au gouvernement de vérifier les deux puits de gaz sur son territoire. Cette demande a été logée par le précédent conseil et le gouvernement n’a jamais offert de réponse, d’après lui.

D’autre part, le maire Fortin mentionne que la compagnie Utica a dépêché un gardien de sécurité qui est sur place 24 heures par jour et un périmètre de sécurité a été érigé.

«Le gardien prend des tests chaque demi-heure pour détecter s’il y a présence de gaz. La compagnie collabore bien, elle nous informe de la situation et elle a rencontré les citoyens de Saint-Éloi Ouest. Il n’y a pas de danger», plaide le maire.

Selon M. Brullemans, la solution pour régler la question du puits de Batiscan est de le colmater. Mais cet intervenant bien connu du domaine environnemental dans la région rappelle que si des puits ont été localisés au fil des ans, c’est grâce à la contribution de citoyens qui ont alerté les décideurs.

«Il y a eu des efforts qui ont été faits, mais c’est parce que les citoyens ont pesé sur le bouton pour que ça bouge. Jusqu’en 2015, on portait ça dans les médias. Il y a eu une entente entre le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, les comités citoyens et l’AQLPA (l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique). Les citoyens aident le ministère à localiser et à inspecter les puits inactifs. À partir de là, il y a eu la loi sur les hydrocarbures. On se retrouve en 2015, en 2016, en 2017 et en 2018. Des inspections se font et le ministère prétendait que tout serait réglé. Mais la moitié des puits ne sont pas localisés. On en a encore pour quelques années.»

M. Brullemans considère que la région a été chanceuse qu’il n’arrive rien sur le territoire depuis 10 ans. Sa crainte demeure le fait que le Québec doit vivre avec de nombreux puits non localisés. Selon lui, la pose d’écriteaux mentionnant la présence d’un puits de gaz abandonné est nécessaire.

Christian Fortin rappelle que le puits de gaz qui est entré en éruption était clôturé et que les lieux étaient dotés d’une affiche.

«L’identification d’un puits est de la responsabilité de l’entreprise», souligne le maire de Batiscan.