L’Association des pompiers et des pompières de Shawinigan prend l’exemple du Château Bellevue pour illustrer que le Service de sécurité incendie est mal organisé pour intervenir dans les bâtiments à grande hauteur.

Bâtiments grande hauteur: les pompiers de Shawinigan mal équipés pour intervenir?

SHAWINIGAN — Alors que la construction du Château Bellevue impressionne à l’angle de l’avenue des Cèdres et de la 9e Rue de la Pointe, l’Association des pompiers et des pompières de Shawinigan profite de ce chantier pour lancer un avertissement. La brigade ne disposerait pas d’une formation mise à jour pour combattre un incendie dans les bâtiments de grande hauteur, ni des équipements spécifiques pour intervenir efficacement.

Ce coup de tonnerre s’ajoute à une longue liste de doléances exprimées par le syndicat depuis le début de l’année. L’APPS tente toujours de renouveler une convention collective échue depuis le 1er janvier 2017. La prochaine rencontre avec le médiateur est prévue le 8 juillet.

En attendant, le syndicat dénonce la gestion du Service de sécurité incendie et en particulier, son leadership. Selon le président, Benoît Ferland, les lacunes pour une intervention dans les bâtiments de grande hauteur ont déjà été soulevées à la direction, ce qui n’aurait toutefois provoqué aucune réaction. Il s’agit d’un autre exemple qui explique la résolution de non-confiance exprimée envers l’état-major déposée en mars dernier.

«On peut prendre, par exemple, la Résidence Grand-Mère, les Jardins du Campanile, le Collège Shawinigan, l’Hôpital du Centre-de-la-Mauricie, l’hôpital Sainte-Thérèse», énumère M. Ferland. «Tous les bâtiments à grande hauteur et à grande dimension qui ont plus de quatre étages sont concernés.»

Le porte-parole syndical convient que les pompiers ne resteraient pas les bras croisés lors d’un sinistre à ces établissements, mais leur efficacité ne pourrait être optimale en raison des manquements à la formation et aux équipements.

«On pourrait intervenir, mais ce serait grandement déficient», souligne M. Ferland, qui rappelle que chaque seconde compte dans ces situations.

«Lors d’un incendie normal, les boyaux partent du camion. Mais si on a un feu au septième étage, on ne peut tirer les boyaux du camions, ça n’aurait pas de sens. Ça prend un kit BGH (pour bâtiments à grande hauteur). Ce sont des boyaux de différentes grosseurs, selon l’attaque, que nous transportons sur nos épaules. On peut se brancher dans les cages d’escalier pour intervenir à l’étage adéquat.»

«Nous avons ces équipements», ajoute-t-il. «Mais dans la situation actuelle, il faudrait prendre les boyaux du camion, les mettre sur nos épaules, choisir ce dont nous aurions besoin... On perdrait de l’efficacité, surtout que c’est déjà difficile de se rendre sur un incendie semblable. Or, dans tous les services au Québec, tous les camions sont aménagés avec des kits BGH. Chez nous, rien de cela n’est établi présentement. De plus, ça prend de la formation spécifique pour intervenir dans ces bâtiments et ça, c’est une grande lacune à Shawinigan.»

Le diplôme d’études professionnelles prépare les aspirants pompiers à ce type d’intervention, mais M. Ferland croit qu’il faut aller plus loin.

«Ça prend du maintien de compétences, ce que nous n’avons pas», déplore-t-il. «C’est technique, intervenir dans des bâtiments comme ceux-là. Il y a beaucoup de choses à améliorer. On parle de l’efficience du service, de la sécurité des pompiers.»

Interpellée au sujet de cette nouvelle dénonciation mardi après-midi, la Ville de Shawinigan souhaite prendre le temps d’analyser ces insinuations avant de réagir.