Basil Frank Cranton

Basil Frank Cranton veut plaider coupable

TROIS-RIVIÈRES — À sa demande, le dossier de Basil Frank Cranton sera transféré dans le district judiciaire de Montréal où il s’engage à plaider coupable à des chefs de menaces contre des agents de services correctionnels en échange d’une peine de 90 jours de prison discontinue.

Le chef de voies de fait fera l’objet d’un arrêt des procédures.

Basil Frank Cranton

Rappelons que les menaces ont été commises le 16 avril dernier au Centre de détention de Trois-Rivières pendant que Cranton purgeait sa peine de 16 mois de prison pour des tentatives de fraudes dans des commerces de Trois-Rivières et pour entrave au travail des policiers en fournissant une fausse identité.

Lors du retour de Cranton devant le tribunal lundi, le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, a en effet expliqué qu’à la suite de discussions avec le prévenu, ce dernier, toujours sans avocat, avait semble-t-il accepté de plaider coupable à Montréal et qu’il avait été convenu entre eux qu’une peine de 90 jours de raison lui serait imposée avec une probation de trois ans.

Or, fidèle à son habitude, Cranton a encore une fois réussi à étirer les procédures pendant de longues minutes en argumentant avec le juge et le procureur pour tenter de diminuer sa peine en se servant de sa détention préventive.

Il voulait notamment que celle-ci soit calculée à partir du moment qu’un mandat avait été émis contre lui ou de sa comparution le 9 octobre pour les menaces, et ce, même s’il purgeait toujours à ce moment sa sentence pour les autres dossiers.

Dans les faits, il a eu droit à sa libération conditionnelle le 21 octobre. Le calcul de la détention préventive devrait donc commencer à cette date. À ce sujet, le juge Jacques Lacoursière a été clair: ce n’est pas le rôle du tribunal de négocier sa peine. Qui plus est, la Couronne a précisé que le calcul sera effectué par le service de détention.

Cranton a également contesté la méthode de remboursement de l’argent qui a été saisi sur lui lors de sa première arrestation. Il voudrait qu’on lui remette l’argent comptant à sa sortie de prison. Encore là, Me Beauchamp-Laliberté lui a expliqué les modalités de remboursement, en l’occurrence par chèque, puisque l’argent se trouve présentement dans les coffres du procureur général.

L’homme aux 100 identités a également émis des réserves sur sa probation à venir. En fait, il tente par tous les moyens de ne pas avoir à fournir une adresse à sa sortie de prison mais la Couronne lui a expliqué qu’il ne pourra pas se soustraire à cette obligation compte tenu de sa probation et des conditions qui lui seront imposées. Notons d’ailleurs qu’il lui sera interdit de se trouver à Trois-Rivières au cours des années de sa probation.

Finalement, après que la question lui ait été posée à deux reprises au moins, il a accepté de signer les fameux papiers dans lesquels il s’engageait à disposer de ses dossiers à Montréal au cours des prochains jours.