Le directeur du SPVQ, Robert Pigeon, a annoncé que des effectifs seront déployés spécifiquement pour répondre aux dénonciations citoyennes faites au 911 et pour faire la tournée des établissements licenciés sur son territoire.
Le directeur du SPVQ, Robert Pigeon, a annoncé que des effectifs seront déployés spécifiquement pour répondre aux dénonciations citoyennes faites au 911 et pour faire la tournée des établissements licenciés sur son territoire.

Bars et restos dans la mire de la police; deux bars de danseuses sous enquête

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
La police de Québec exercera une surveillance accrue des bars et des restaurants, lieux où les patrouilleurs sont les plus susceptibles de remettre des constats d’infraction pour le non-respect du port du masque.

«Nous sommes passés d’une situation enviable, confortable à une situation de préalerte. Et ça continue de se détériorer. Dans ce contexte, nous avons la ferme intention de collaborer avec le gouvernement pour freiner la propagation du virus», lance sans équivoque Robert Pigeon, directeur du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

Cette sortie publique faite vendredi n’est pas anodine. Elle confirme la volonté de son service d’appliquer les nouveaux pouvoirs octroyés par le gouvernement Legault. Jeudi, le premier ministre annonçait l’adoption d’un décret qui permet aux policiers de remettre un constat d’infraction (possiblement de 400 $ à 6000 $) à tout citoyen qui refuse de porter un masque dans un lieu public intérieur comme un commerce ou un autobus. Le décret entre en vigueur ce samedi.

Le directeur annonce que des effectifs seront déployés spécifiquement pour répondre aux dénonciations citoyennes faites au 9-1-1 et pour faire la tournée des établissements licenciés sur son territoire.

«Nous avons déjà visité six établissements, hier soir [jeudi], et nous pouvons vous dire que deux bars de danseuses sont sous enquête pour des contacts rapprochés entre des clients et des danseuses», précise-t-il.

Plus de policiers

Les effectifs policiers sur le terrain varieront notamment en fonction du flot d’appels reçus. Chose certaine, les bars et les restaurants doivent s’attendre à avoir des visiteurs en uniforme.

Ces visites se feront conjointement avec la CNESST et la Santé publique pour s’assurer que les règles sont respectées. Mais avant de remettre un constat sur-le-champ, les agents doivent suivre une procédure imposée par le Directeur des poursuites criminelles et pénales. Ainsi, le policier doit demander au citoyen de se conformer avant de lui décerner une contravention. Il doit ensuite l’aviser de la possibilité de se voir remettre un constat. S’il n’y a aucune collaboration, l’agent sera alors en droit de le mettre à l’amende.

Moins de pression

Ce nouveau pouvoir coercitif envers les citoyens enlève un peu de pression sur les commerçants qui étaient auparavant les seuls à devoir faire respecter les règles au risque de recevoir un constat d’infraction. Une situation qui était jugée inéquitable, car plusieurs ne voulaient pas «jouer à la police». 

Jeudi, le premier ministre Legault a souligné que la surveillance sera encore plus serrée dans les zones jaunes comme la région de Québec. «On ne peut pas accepter que quelques individus irresponsables mettent à risque toute notre société au Québec», a-t-il affirmé.

Toujours cette semaine, le maire de Québec disait ne pas être «fier» de la hausse du nombre de cas de COVID-19 dans la région de la capitale. Il demandait aux citoyens un retour à la vigilance pour éviter la contamination communautaire.

Bien sûr, des événements comme le karaoké du Bar le Kirouac responsable de 81 contaminations ont cristallisé la hausse du nombre de cas au cours des derniers jours. Ils ont aussi incité le gouvernement à serrer la vis aux récalcitrants.