Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, en entrevue éditoriale au Nouvelliste, entouré du député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, de la ministre régionale Julie Boulet et du député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard.

Barrette en mode annonces

Trois-Rivières — L’urgence du Centre Cloutier-du Rivage pourra revenir à la normale dès le 1er décembre grâce à l’arrivée d’un nouveau médecin. Et cette bonne nouvelle confirmée vendredi par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, risque d’être le prélude à une série d’annonces au cours des prochains mois.

«Il y a toutes sortes de projets dans la région qui seront annoncés éventuellement», a-t-il fait savoir lors du point de presse concernant l’horaire de l’urgence qui sera de 8 h à 22 h, à tous les jours.

D’ici là, près d’une dizaine de quarts de travail ne seront toujours pas comblés. «Il n’a jamais été question de fermer Cloutier-du Rivage et je vous annonce qu’il ne sera jamais question de le fermer. Malgré le fait qu’on ait eu une petite période de difficulté dû à un réaménagement des effectifs, il y a eu des départs et des congés de maternité, on a travaillé fort ensemble avec l’administration locale pour s’assurer qu’on puisse recruter et maintenir les services», a fait valoir le ministre Barrette.

C’est donc l’octroi du poste par dérogation, en vertu des Plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM) pour 2018, qui permettra de combler les heures d’ouverture de l’urgence et de pérenniser ainsi l’accueil des usagers.

«Comme en témoigne cette annonce, l’accessibilité aux soins et aux services de première ligne est pour notre gouvernement une priorité et notre réforme, basée sur la proximité, a du succès. Nous nous étions engagés à ce que le Centre Cloutier-du Rivage reste ouvert de 8 h à 22 h et ce, tous les jours, et nous avons respecté notre engagement», s’est plu à affirmer celui qui parle d’une «quasi superclinique».

Le nouveau médecin qui arrivera bientôt s’ajoute aux quatre médecins qui pratiqueront à temps complet à l’urgence en 2018 au Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières.

«Ce dossier me tient à cœur depuis longtemps et je me réjouis donc de cette annonce qui vient régler définitivement les enjeux de couverture à l’urgence du Centre Cloutier-du Rivage. Je remercie les différentes équipes qui ont travaillé en collégialité afin de trouver des solutions concrètes, à court terme, permettant d’offrir un meilleur accès aux services de première ligne, ici, au Cap-de-la-Madeleine», a commenté le député de Champlain, Pierre Michel Auger.

Le Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec accueille positivement cette annonce. «Je suis contente. C’est ce qu’on est en droit de recevoir», a indiqué la présidente Nathalie Perron, qui avait pressé le ministre d’agir.

«Nous avons pris les décisions, fait des dérogations, pour que des médecins viennent s’installer. Ce n’est pas une annonce partielle ou temporaire, mais la confirmation d’une réorganisation pour assurer la pérennité de Cloutier-du Rivage. C’est le maintien permanent des services», renchérit M. Barrette, incluant la radiologie et le laboratoire.

Par ailleurs, le visiteur du jour n’a pas caché que le Groupe de médecine familiale du secteur Grand-Mère est à un «demi-cheveu» de signer une entente pour devenir une superclinique. Selon lui, il ne reste plus qu’un enjeu relatif au permis de radiologie. Et un «gros projet» est sur le point d’être annoncé pour l’urgence de l’Hôpital du Centre-de-la-Mauricie, dans le secteur Shawinigan-Sud.

En ce qui concerne les services de santé à Nicolet, le ministre Barrette dit que «c’est le même principe que Cloutier-du Rivage». Non seulement assure-t-il que le Centre Christ-Roi est là pour rester, mais «il y a un plan pour Nicolet». Et il n’écarte pas d’accorder une dérogation pour l’embauche de médecins au GMF Saint-Léonard-d’Aston, quoiqu’il n’ait reçu aucune demande en ce sens.

Or, selon le grand patron du CIUSSS régional, Martin Beaumont, le territoire de Bécancour-Nicolet-Yamaska aura justement la possibilité de recruter quatre médecins en 2018, en vertu des PREM qui sont déterminés par le Comité de gestion des effectifs médicaux. Cette formule favorise une répartition équitable des médecins de famille, compte tenu des ressources déjà déployées, ainsi que des besoins des régions et des territoires qui les composent.

Pour la Mauricie et le Centre-du-Québec, c’est une quarantaine de médecins qui pourront s’ajouter l’an prochain, dont neuf uniquement à Trois-Rivières.

Par ailleurs, le ministre Barrette a profité de son passage en région pour expliquer la mise en place de la Grande Inscription pour faciliter l’accès de la population auprès des médecins de famille, anciens et nouveaux.

Pensée de façon à simplifier la vie des patients, la Grande Inscription permettra aux médecins de famille qui débutent leur pratique de se voir attribuer, au 1er septembre de chaque année, des blocs de patients qui se trouvent sur le guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF). Ceux-ci pourront ainsi avoir accès plus rapidement à un médecin de famille. Cette mesure permettra aussi aux patients dont les médecins prennent leur retraite de se retrouver un médecin dans des meilleurs délais.
«Nous demanderons aux médecins, sur une base volontaire, de prévoir leur départ à la retraite, de nous en aviser à l’avance, et d’ainsi la coordonner avec l’arrivée en pratique des nouveaux médecins, soit le 1er juillet de chaque année», précise-t-il.

L’attribution se fera de façon à ce que les médecins reçoivent des blocs de patients représentatifs de la démographie et de la pondération en vigueur.

La Grande Inscription s’inscrit dans la foulée des actions mises en place depuis 2014 afin d’améliorer l’accès aux soins et services de première ligne et qui ont permis à plus de 900 000 personnes de trouver un médecin de famille, dont 40 000 en Mauricie-Centre-du-Québec en 2017.

«Dans la région, les médecins ont déjà dépassé les objectifs qui étaient visés au 31 décembre 2017. Le 85 % de taux d’inscription est dépassé ainsi que le 80 % d’assiduité», a révélé le ministre Barrette.

Finalement, ce dernier a fait mention des 76 embauches dans les CHSLD de la région, des préposés aux bénéficiaires qui sont formés à Louiseville, des 30 personnes recrutées pour le maintien à domicile, du nombre de bénéficiaires en hausse de 15 % tout comme le nombre d’heures en services directs, soit 20 000, de l’attente qui a diminué de 75 % pour l’accès à des médecins spécialistes et de 50 % pour l’endoscopie, de la durée moyenne de séjour sur civière à l’urgence qui est de 11,3 heures alors que l’objectif est de 12 heures et des 92 patients seulement qui attendent plus de six mois pour une chirurgie en région.

«Ce sont des gestes réels et des résultats réels. Les autres partis se sont opposés à la réforme, ils n’ont pas de plan, mais ils chialent beaucoup», a-t-il conclu.