La publicité vidéo de la FIQ est un dessin animé mettant en scène une monitrice débordée, car elle est responsable de tout un camp de vacances. On compare la situation avec une seule infirmière qui s’occupe de 175 patients dans un CHSLD.

Barrette critique les publicités négatives de la FIQ

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette invite le syndicat infirmier à changer de ton et critique leur campagne de publicité «hyper négative». Le syndicat se défend en soutenant avoir utilisé l’humour pour faire passer un message.

La nouvelle publicité de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui dénonce les quotas de patients par infirmière, a fait sourciller M. Barrette. Selon lui, elle fait suite aux sit-in d’infirmières survenus à plusieurs endroits au Québec ces derniers jours. 

«Vous savez que ces publicités-là, ça se fait pas à pied levé. Alors vous avez la démonstration qu’à l’exception de Mme [Émilie] Ricard, il y a une action concertée, c’est clair», a lancé le ministre à son entrée au caucus libéral à l’Assemblée nationale jeudi. 

Nancy Bédard, présidente de la FIQ, explique que cette publicité a été préparée en novembre dernier, lors du lancement du Livre noir de la sécurité des soins, et que sa date de diffusion était prévue à la fin janvier. Elle réfute tout lien avec les sit-in, qui étaient spontanés et causés par un manque de personnel. «Il n’y a pas de stratégie syndicale, on ne peut pas prévoir ça.»

La publicité vidéo est un dessin animé mettant en scène une monitrice débordée, car elle est en charge de tout un camp de vacances. On compare la situation avec une seule infirmière qui s’occupe de 175 patients dans un CHSLD. Mme Bédard explique que si elle avait voulu être négative, elle aurait pu tourner de vraies scènes d’infirmières qui pleurent, qui sont à bout. «On s’est servis de l’humour pour ne pas tomber dans le mélodrame justement.» 

Postes à temps plein

Après les critiques, M. Barrette a tendu la main aux infirmières, les invitant à appliquer sur les postes à temps plein actuellement ouverts. Le hic, c’est que les infirmières ont peur d’occuper ces postes, car c’est lorsqu’elles ont un poste à temps plein qu’elles risquent d’être obligées de faire du temps supplémentaire. 

«Si les filles et les gars les prennent pas les postes, c’est un cercle vicieux. J’invite tout le monde à changer le discours», a lancé le ministre, qui dit reconnaître le problème et souhaiter «zéro temps supplémentaire». 

M. Barrette s’est aussi dit ouvert à discuter de la question des quotas de patients, en mettant sur pied un projet pilote. «On doit se mettre dans un mode positif de part et d’autre.» 

Une ouverture très bien accueillie par Mme Bédard. Elle croit toutefois que la plupart des postes à temps plein promis il y a deux ans, lors de la signature de la convention collective, n’ont pas été ouverts. 

«Quand on va afficher les postes et que ça va être massif, ok on va y aller.» Mme Bédard est heureuse que le ministre Barrette accepte maintenant d’ouvrir un dialogue, elle qui l’a sollicité à cinq reprises ces derniers mois, sans succès.