Le maire de La Tuque veut que l’accès à La Tuque soit contrôlé au-delà du 11 mai.
Le maire de La Tuque veut que l’accès à La Tuque soit contrôlé au-delà du 11 mai.

Barrage à La Tuque: le maire demande 7 à 10 jours de plus

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — La levée du barrage qui restreint l’accès à la Haute-Mauricie devrait avoir lieu le 11 mai. Le maire de La Tuque a toutefois lancé une nouvelle offensive, mercredi. Il veut que les policiers demeurent en place de 7 à 10 jours supplémentaires et que la levée du point de contrôle soit davantage progressive.

«Laissons le barrage là pour une semaine ou dix jours et permettons aux propriétaires de chalet de rentrer sur le territoire […] On veut un moment de transition avec les policiers parce qu’ils peuvent convaincre, mais également contraindre. On ne veut pas brimer les gens, on veut seulement que ça se fasse de façon graduelle», explique le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Ce dernier avait souligné, après l’annonce gouvernementale du déconfinement des régions, qu’il aurait préféré que la surveillance soit prolongée de quelques jours, voire quelques semaines, à titre préventif et surtout afin de sensibiliser les gens. Désormais, il l’exige et il a fait connaître sa position aux autorités.

La Ville souhaite qu’on puisse laisser passer les propriétaires de chalet à compter du 11 mai, du moins ceux dont le chalet est accessible, mais qu’on maintienne le barrage.

«On a travaillé en prévention pendant six semaines et ça nous a donné un bon bulletin et là tout d’un coup, on lève les barricades et tout est permis? Tout le monde s’en vient chez nous? On pense que ce n’est pas comme ça que ça doit être travaillé. Il faut un temps de transition», insiste M. Tremblay.

Le maire veut éviter que «sa municipalité devienne une passoire» et qu’il y ait un «tailgate forestier» pour le long week-end de la Journée des patriotes. Il estime que les autorités n’ont pas tenu compte du territoire de la Haute-Mauricie.

«Chez nous, c’est culturel cette fin de semaine-là, les gens entrent massivement en forêt. Cette année, en plus de la COVID-19, les lacs ne sont pas calés et la forêt n’est pas en mesure d’accueillir les pêcheurs. Il faut travailler en prévention. Les pourvoiries n’ont pas reçu le ‘‘go’’ du gouvernement encore alors c’est fermé également.»

«On ne veut pas vivre ce ressac-là. C’est une menace importante, on va presque doubler notre population», ajoute-t-il.

D’ailleurs, le maire martèle qu’il faut être prudent en milieu forestier et que les chemins ne sont pas tous carrossables actuellement.

«Il y a encore des places où il y a deux pieds de neige», note Pierre-David Tremblay

Le maire souligne d’ailleurs un volume d’appels élevé de citoyens qui réclament qu’on contrôle l’accès à la région plus longtemps. Il faut dire que le Haut Saint-Maurice n’a toujours aucun cas déclaré positif à la COVID-19.

«Il y a beaucoup de gens inquiets. C’est une entrée qui n’est pas graduelle et qui va à l’encontre du message qu’on entend donc ça insécurise les gens. On se protège depuis six semaines puis d’un coup tout est permis...»

Le maire de La Tuque a fait des représentations auprès du CIUSSS MCQ et il indique que ses arguments ont été bien reçus.

«J’ai senti de l’ouverture et je sens qu’ils comprennent bien notre dynamique. Ils ont été très à l’écoute et très ouverts à nous trouver une solution», a-t-il indiqué au Nouvelliste.

Il devait s’adresser mercredi au ministère de la Sécurité publique qui est responsable de prendre la décision de maintenir ou non le barrage.

Plan B

La Municipalité n’écarte pas d’avoir recours à son Service de sécurité incendie encore une fois. Les pompiers latuquois pourraient être positionnés à des endroits stratégiques de la ville, mais pas sur la route 155.

«Si je n’ai pas la collaboration, je vais placer stratégiquement les premiers répondants pour faire de la prévention au courant de la fin de semaine de la fête des patriotes», explique le maire Tremblay.

«Ils pourraient faire un rappel des mesures, expliquer que le bois n’est pas ouvert partout, qu’est-ce qui est permis, qu’est-ce qui est accessible ou non. Par contre, on n’a pas de pouvoir de contraindre, seulement de convaincre les gens», ajoute-t-il.

Les pompiers tenteraient également de dissuader les citoyens de La Tuque qui voudraient sortir à l’extérieur de la municipalité pour des besoins non essentiels.