Plusieurs personnes se recueillent après l'attentat survenu jeudi à Barcelone.

Barcelone: une petite famille au coeur de l'horreur

Une famille de la région de Bécancour s'est retrouvée bien malgré elle au coeur de l'horreur, jeudi à Barcelone, alors qu'un camion fonçait dans une foule sur la Rambla, faisant 13 morts et des dizaines de blessés. Francis Lavallière, sa conjointe Josée Martel et leurs enfants Alyssa et Jérémie se promenaient dans le secteur à la recherche d'un restaurant où manger lorsque le conducteur du camion a foncé sur la foule, à quelques mètres à peine d'eux.
Francis Lavallière et Josée Martel se trouvent à Barcelone avec leurs enfants Alyssa, 8 ans, et Jérémie, 4 ans.
«J'ai entendu un bruit et je me suis retourné. C'est là que j'ai vu le camion qui passait à travers les gens. Puis j'ai vu une femme être renversée par le camion et tomber par terre. Elle était inerte, sans connaissance», se souvient Francis Lavallière, qui relate que le camion a finalement terminé sa course devant un restaurant où sa petite famille et lui se trouvaient à peine une minute auparavant.
Dans l'énervement et le mouvement de la foule, la famille s'est précipitée vers un restaurant où les employés pressaient les gens d'entrer pour se mettre à l'abri. «Par réflexe, nous nous sommes rendus au fond du restaurant. Le propriétaire nous a alors dit d'aller nous cacher au sous-sol, le temps que les choses se calment. Avec nous, il y avait une jeune femme qui était blessée à la cheville. Elle avait une égratignure à la jambe et ça saignait. J'ignore si elle a été blessée par le camion», mentionne le Bécancourois, qui se trouve à Barcelone depuis quelques semaines, tant pour le travail que pour visiter le pays en famille.
Lorsque le calme est revenu, Francis et sa conjointe ont emmené leurs enfants à l'extérieur du restaurant afin de s'éloigner du site. Un autre restaurateur sur une autre rue leur a proposé de venir se mettre à l'abri dans son commerce, car tout le monde ignorait encore si d'autres attaques pouvaient survenir. «C'était un peu surréaliste parce qu'on ne savait pas vraiment à qui on pouvait faire confiance. Mais quand on a vu qu'il y avait une autre famille avec de jeunes enfants dans le restaurant, on a eu un peu plus confiance», relate-t-il.
La famille Lavallière-Martel a pu regagner son appartement en début de soirée, à travers les rues où la très forte présence policière se faisait sentir. La nuit ne fut pas de tout repos, spécialement pour Josée Martel qui a eu du mal à trouver le sommeil ainsi que pour Alyssa, 8 ans, qui disait avoir peur malgré le réconfort apporté par ses parents. «J'ai vu le camion, mais je sais que mes enfants ne l'ont pas vu. Ils ont ressenti l'énervement, ils ont vu la foule courir, mais au moins ils n'ont pas eu à voir ça, et ça me rassure», évoque Francis, qui a pris la peine vendredi de retourner sur les lieux avec ses enfants afin de les rassurer et de leur montrer que la vie avait à peu près repris son cours normal.
«Je ne voulais pas qu'ils restent avec la peur de cet endroit, je voulais leur montrer que c'était sécuritaire. Nous sommes retournés voir les gens qui nous avaient accueillis dans les restaurants. Ces gens-là ont été formidables. Ils ont bien pris soin de nous, ils ont donné de l'eau et des chips aux enfants en attendant que tout se calme et qu'on puisse sortir. On a bien vu qu'ils voulaient absolument faire attention aux enfants dans tout ça. Nous sommes allés les remercier. C'était super ce qu'ils ont fait pour nous», commente-t-il.
Malgré le choc et les émotions, Francis Lavallière est d'avis que la vie doit continuer, tant pour les voyageurs que pour les habitants de Barcelone. 
«Lorsque nous sommes retournés nous promener, tous les commerces étaient ouverts, et je pense qu'il y avait encore plus de monde sur la Rambla que lorsque les attentats sont survenus la veille. Pour tout le monde, la vie semblait continuer et je pense que c'est la meilleure chose qu'on puisse faire. Il ne faut pas se laisser atteindre», mentionne le père de famille, qui compte bien continuer de visiter le pays d'ici son retour au Québec, au début du mois de septembre.