Le maire de Shawinigan, Michel Angers, tient à ce que l'expérience du balisage de la rivière Saint-Maurice jusqu'à La Tuque se poursuive après le projet pilote de cinq ans, qui se termine en principe le 31 décembre 2017.

Balisage de la rivière Saint-Maurice: Angers veut poursuivre l'expérience

Les partenaires du projet de balisage de la rivière Saint-Maurice effectueront bientôt un bilan des cinq années de ce projet pilote, mais pour le maire de Shawinigan, Michel Angers, l'affaire est entendue. Sur le point d'annoncer la réalisation d'une nouvelle marina sur une partie du site de l'ancienne papeterie Laurentide, il assure qu'il fera entendre sa voix pour que l'expérience se poursuive en 2018.
En 2012, les conseils municipaux de Shawinigan et La Tuque, de même que la MRC de Mékinac et Tourisme Mauricie, avaient annoncé un investissement de 1,6 million $ sur une période de cinq ans, entre 2013 et 2017, pour permettre une navigation sécuritaire sur la rivière Saint-Maurice sur une centaine de kilomètres. À elle seule, Shawinigan a injecté 587 250 $, en plus d'un montant de 100 000 $ pour l'acquisition de divers équipements et la réalisation d'études, sur une facture totale de 450 000 $. L'ensemble du projet surpassait ainsi la barre des deux millions de dollars.
Bref, beaucoup d'argent investis pour des résultats mitigés au cours des quatre premières années. Cet été, la marina de La Tuque a connu une forte hausse d'achalandage, mais impossible, pour le moment, de conclure que cette pointe réussira à convaincre les partenaires de signer une nouvelle entente à compter de l'an prochain.
M. Angers estime qu'on peut difficilement juger le succès de ce projet, puisque Shawinigan n'a pas encore livré le joyau qui placera véritablement le balisage de la rivière Saint-Maurice dans l'offre touristique régionale. Il s'agit évidemment de la construction de la nouvelle marina à l'ombre du pont de Grand-Mère, dont les détails devraient être dévoilés au cours des prochaines semaines.
En assemblée extraordinaire le 24 juillet, le conseil municipal de Shawinigan a fait un pas dans cette direction en annonçant l'adoption d'un règlement modifiant le plan d'urbanisme de l'ex-Ville de Grand-Mère. Cette démarche vise à créer une aire d'affectation commerciale sur une portion industrielle, sur l'ancien site de Produits forestiers Résolu. Des usages commerciaux et récréotouristiques y seront dorénavant permis.
«Ça s'en vient», assure le maire. «Il y a de bonnes chances que le projet soit plus large qu'une marina. Nous allons annoncer ça très bientôt.»
Dans ce contexte, la Ville de Shawinigan souhaite évidemment que le balisage de la rivière Saint-Maurice se poursuive. M. Angers demeure conscient de la charge financière que ce projet représente, mais il fait remarquer qu'une nouvelle enveloppe budgétaire, le Fonds d'appui au rayonnement des régions, pourrait supporter cette initiative à compter de l'an prochain. Jusqu'à maintenant, les municipalités ont dû assumer les dépenses à bout de bras.
«Il y a une volonté de continuer le balisage, c'est sûr», confirme M. Angers. «Évidemment, à Shawinigan, nous avons la belle partie. Les gens partent d'ici et peuvent naviguer sur une centaine de kilomètres. C'est intéressant pour nous. Notre volonté, c'est de continuer à faire le lien avec La Tuque.»
«Depuis que nous parlons de notre projet de marina, je ne sais pas combien de dizaines de personnes nous ont interpellés», ajoute le maire. «Ce sera un élément déclencheur. Ce sera difficile d'évaluer les cinq premières années du balisage, car le point d'ancrage n'était pas implanté du côté de Grand-Mère.»
Au cours de ces cinq années, les intervenants locaux ont longuement négocié avec Hydro-Québec afin d'obtenir un débit d'eau sécuritaire pendant les fins de semaine pour les plaisanciers. Bref, fait remarquer M. Angers, la région possédera bientôt toutes les cartes en main pour bénéficier au maximum des retombées de
la navigation sur la rivière Saint-Maurice entre Shawinigan et La Tuque.
«Nous pensons que c'est encore un projet très porteur, très intéressant», lance le maire. «Shawinigan a bien sûr quelque chose à gagner, mais je pense que tout le monde y gagnera. Je serai un défenseur du balisage pour les projets du FARR qui arriveront.»
M. Angers avance que ces fonds réduiront sans doute le fardeau des municipalités dans le cadre de la prochaine entente, ce qui devrait mettre moins de pression sur les élus.
«Ça pourrait remplacer des contributions municipales ou à tout le moins, en prendre une partie», indique-t-il, en ajoutant que le Fonds de développement des territoire pourrait aussi être mis à contribution cette fois-ci.