Le maire de Shawinigan, Michel Angers

Balisage: Angers invite ses collègues à déposer des projets

SHAWINIGAN — Le maire de Shawinigan, Michel Angers, voit d’un très bon œil la volonté des maires de la MRC de Mékinac et de La Tuque de présenter une vision de développement intégré du balisage de la rivière Saint-Maurice. Pour y arriver, il invite toutefois les municipalités à déposer des projets, notamment au Fonds d’appui au rayonnement des régions.

M. Angers ne se laisse pas décourager par la tiédeur manifestée par le nouveau maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay et le préfet de la MRC de Mékinac, Bernard Thompson, au sujet de la poursuite du balisage. Le projet pilote de cinq ans a pris fin en 2017 et les élus devront décider, au cours des prochains mois, s’ils investissent à nouveau dans cette aventure. Jusqu’ici, les signaux ne s’annoncent guère positifs, en raison de contraintes financières et des impacts mitigés observés à la marina de La Tuque.

MM. Tremblay et Thompson sembleraient plus ouverts à soutenir un projet d’ensemble qui irait plus loin que simplement procéder au balisage d’un passage sur la rivière sur quelque 130 kilomètres. M. Angers appuie cette lecture; il prend d’ailleurs l’exemple de Shawinigan qui, en vendant la navigabilité jusqu’à La Tuque, est parvenue à convaincre des investisseurs privés d’annoncer pour une valeur d’une cinquantaine de millions $ en condos au cours des derniers mois, sans compter le projet de marina au pied du pont de Grand-Mère.

«Je comprends que le maire de La Tuque aimerait que sa marina ait plus d’envergure», partage M. Angers. «Mais c’est un projet qu’il doit mener! Je ne peux pas le faire pour eux. À moyen et à long terme, il y a des opportunités exceptionnelles. Pourquoi n’aurions-nous pas des restaurants, des quais, des terrasses partout le long de la rivière? Ce n’est pas à moi à trouver les projets que les autres doivent faire. Moi, je trouve les miens.»

Le maire de Shawinigan ne ferme pas la porte à travailler sur un projet commun... que constitue justement le balisage de la rivière. Il réitère que la Ville sera prête à injecter de l’argent à nouveau, puisque selon toute vraisemblance, l’aide financière maximale annuelle de 100 000 $ pendant trois ans du FARR ne suffirait pas à financer entièrement ce projet, le cas échéant.

M. Angers répète qu’au pis aller, les bateaux pourraient très bien naviguer sans bouées sur une très longue portion de la rivière sans trop d’encombres, mais cette éventualité ne rencontrerait pas sa vision de départ.

«J’ai toujours souhaité faire le lien avec La Tuque», mentionne-t-il. «C’est une région plus isolée, plus éloignée et il faut emmener du monde. Bien sûr, si on regarde à court terme les retombées des quelques centaines de bateaux... Il faut voir à long terme.»

«À Shawinigan, nous avons investi dans le centre d’entrepreneuriat», illustre-t-il. «S’il avait fallu avoir des résultats dès la première année, on m’aurait dit: t’as manqué ton coup! Ça fait déjà cinq ans et on commence à éclore. C’est comme ça qu’il faut voir les choses. Il faut être capable de voir à long terme. Nous avons l’une des plus belles rivières au Québec et il faut l’exploiter. Si on se contente du court terme ou qu’on s’attache à des promesses électorales... On peut attendre qu’il se passe quelque chose ou on provoque. Moi, je préfère provoquer.»

De son côté, la ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet, attend l’issue des échanges entre les maires avant de trancher sur l’avenir du balisage.

«Pour avoir de l’aide financière du FARR, il faut commencer par déposer un projet et pour l’instant, il n’y en a pas. On verra pour la suite des choses. Il faut voir les besoins des uns par rapport aux autres.»

«C’est sûr qu’il faut des choses le long de la rivière», ajoute-t-elle. «Ça, j’y crois profondément. C’est clair que s’il y avait des infrastructures d’accueil, ce serait pas mal plus intéressant. Il faut des entreprises, des promoteurs qui développent des projets, que nous pouvons accompagner. Mais il faut que les gens déposent. Moi, je ne peux pas initier des projets.»