Selon le maire de Baie-Comeau, le contexte syndical à l’usine Alcoa semble à l’opposé de ce qui se vit à Bécancour. Il dénote entre autres une bonne collaboration entre les syndiqués et les patrons.

Baie-Comeau aux aguets

Trois-Rivières — Le lock-out qui touche actuellement les 1030 syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour a des échos jusqu’à Baie-Comeau, où se trouve également une usine appartenant à Alcoa. Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, admet d’ailleurs suivre de près ce qui se passe du côté de Bécancour, lui pour qui l’activité économique générée par l’Aluminerie de Baie-Comeau est majeure pour sa communauté.

«J’ai demandé à mon équipe de faire certaines recherches et de me tenir au courant des développements chez vous. On porte une attention particulière», confirme le maire, entré en poste en novembre dernier. Bien qu’une paix syndicale semble installée du côté de Baie-Comeau, le maire constate que si les activités d’Alcoa au Canada devaient être touchées par le conflit de travail à Bécancour, ça viendrait automatiquement toucher l’activité économique de l’Aluminerie de Baie-Comeau. «Si jamais il devait y avoir des décisions sur le long terme, ça aurait un impact sur les activités chez Alcoa, ce qui nous touche directement», constate-t-il.

Toutefois, Yves Montigny est d’avis que le contexte syndical à Bécancour et à Baie-Comeau semble complètement à l’opposé. «Ici, on semble voir qu’il y a une bonne collaboration entre le syndicat et les patrons, une forme de paix syndicale semble être installée depuis un bon bout de temps. D’ailleurs, l’usine de Baie-Comeau planche actuellement sur d’autres types de projets, comme une politique de développement durable. Ils soutiennent beaucoup les initiatives en développement durable. Nous sommes carrément à un autre niveau que les préoccupations de relations de travail», constate M. Montigny.

Malgré tout, il compatit avec les autorités municipales, dont le maire Jean-Guy Dubois. «Je comprends le maire d’être très préoccupé, c’est un employeur majeur. Un tel conflit a un impact dans toute la collectivité étant donné que durant cette période, les employés en lock-out mettent un frein aux dépenses. Les commerçants autour et les sous-traitants en souffrent, automatiquement. J’ai beaucoup d’empathie», ajoute-t-il.

Le maire de Baie-Comeau Yves Montigny se préoccupe de la situation de lock-out vécue à Bécancour.

Alcoa possède une autre usine au Québec, soit à Deschambault. Le maire de l’endroit n’était toutefois pas disponible pour une entrevue, étant présentement en vacances.

Règlement rapide?
Pour le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, rien n’est plus important que d’en arriver à un règlement rapide du conflit de travail. M. Girard était en vacances à l’extérieur du pays la semaine dernière lorsque le lock-out a été décrété, mais a suivi la situation de près, même si loin.

«J’ai des gens de mon entourage, très proches de moi, qui sont aussi à l’ABI. Tout le monde se sent concerné par ce qui se passe. Pour moi, c’est très préoccupant», considère celui qui était président de la Chambre de commerce et d’industrie du Cœur-du-Québec lorsque le combat pour maintenir les activités de la centrale nucléaire Gentilly-2 a été mené.

«À cette époque, c’était 900 employés pour cette centrale, et on le voyait dans nos études que ce sont les PME, les sous-traitants mais aussi les commerces, les restaurants, les services, qui allaient en souffrir», se souvient-il espérant ne pas avoir à revivre un tel scénario.

Jean-Denis Girard considère que l’ABI a un impact économique similaire à Gentilly-2. Et tout comme pour Gentilly-2, environ 80% des travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour habitent sur la rive nord du Saint-Laurent.

«C’est un catalyseur important pour l’économie régionale. Là, on vit de l’incertitude et je souhaite de tout cœur que les deux parties en arrivent à une entente le plus rapidement possible, au bénéfice de nos familles», ajoute le député de Trois-Rivières, rappelant que bien qu’il s’agisse d’un conflit de travail privé, le gouvernement du Québec a permis une vingtaine de rencontres de conciliation avant le déclenchement du lock-out.