Le maire de Shawinigan, Michel Angers. 
Le maire de Shawinigan, Michel Angers. 

Bac brun: «On attend le signal de la ministre»

Trois-Rivières — La Mauricie n’a pas l’intention d’attendre en 2025 pour distribuer le fameux bac brun aux citoyens même si cette nouvelle date a été fixée par le gouvernement Legault, cette semaine, pour implanter le service partout au Québec. La Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie espère retrancher une, voire deux années, à ce nouvel échéancier.

Son projet n’arrive toutefois pas seul. En plus de se préparer à vendre le biogaz de ses cellules d’enfouissement à Énergir, comme elle l’a déjà annoncé publiquement, la Régie aimerait pouvoir revaloriser les matières putrescibles du bac brun pour en faire encore plus de biogaz qu’elle vendrait aussi à Énergir.

Le projet est sur le bureau de la ministre des Affaires municipales depuis quelques jours, indique le président de la Régie, Michel Angers. La Régie n’attend que le feu vert de la ministre pour enclencher les processus administratifs qui mèneront à la réalisation du projet qui a été ralenti par la pandémie.

«On travaille avec des entreprises qui ne sont pas canadiennes, des entreprises européennes et quand on ne peut pas prendre l’avion (à cause de la COVID-19), il faut faire un certain nombre de choses à distance. Il y a des détails pour lesquels on a besoin de se voir, de se rencontrer. On a fait une bonne partie à distance et aujourd’hui, on a complété nos travaux. Là, on est prêt. On attend le signal de la ministre», indique M. Angers.

Certes, on peut faire du compost avec les matières putrescibles du bac brun, dit-il, mais la Régie envisage l’option du biogaz qui est encore plus intéressante, fait-il valoir.

«Si l’on décide de faire du compost, ce n’est pas trop compliqué, mais étant donné qu’on va avoir une usine de raffinage de biogaz, est-ce que l’opportunité pourrait nous permettre d’envisager des processus de biométhanisation qu’on va raffiner par la suite? Il y a de nouveaux procédés qui existent et qui vont nous permettre d’avoir une meilleure rentabilité avec ce qu’on va retirer du bac noir pour aller vers le bac brun», explique le maire de Shawinigan.

«Pour aller plus loin dans notre choix de filière de traitement, il faut avoir la garantie que notre usine de raffinage de biogaz va être acceptée par la ministre. L’autre étape va s’enclencher assez rapidement par la suite», dit-il.

Le maire Angers assure que les technologies ciblées sont fiables et validées.

La Régie n’attend que le feu vert de la ministre des Affaires municipales.

«Rien n’est laissé au hasard», assure-t-il, et la Régie aura «toutes les garanties nécessaires de la part du producteur de l’usine de raffinage.»

Le président de la RGMRM ne peut dire encore quand les bacs bruns seront distribués à la population. «Ça dépend de la vitesse avec laquelle on aura les autorisations» ministérielles, dit-il, car tout est lié.

«Le gouvernement et le ministère nous poussent dans le dos pour détourner les matières putrescibles des sites d’enfouissement. J’espère que le gouvernement va aussi être en vitesse grand V», pour ce projet, dit-il. «Aussi vite qu’il va aller, aussi vite nous irons.»

La Régie annoncera publiquement son partenariat avec une entreprise privée européenne, pour ce projet, dès que la ministre accordera le projet.

Quand à l’arrivée des bacs bruns en Mauricie bien avant 2025, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, voit les choses d’un bon œil. «Ce que je réalise avec la Régie des matières résiduelles, c’est qu’on est déjà en position de viser la mise en place de ces mesures, et ce, bien avant 2025. C’est donc très encourageant de constater qu’on pourra assurément répondre à cette stratégie de valorisation de la matière organique», dit-il.

«En plus de permettre une réduction de l’enfouissement sur le territoire, l’ajout d’un troisième bac favorisera la production de biogaz et occasionnera par le fait même l’apparition d’une certaine forme d’économie circulaire. De plus, pour le citoyen, le gain environnemental est indéniable. Cela répond à un besoin qui nous a été retransmis maintes et maintes fois par la population», soutient-il.

Pour la Régie, la production et la vente de biogaz est également un moyen de générer des revenus intéressants qui pourraient tempérer le coût de la gestion des matières résiduelles.

Avec la collaboration de Pierrick Pichette