Dans les épiceries, notamment au Super C du boulevard Royal, les contenants de 18 litres ont gagné en popularité depuis la publication de l’avis d’ébullition de 12 jours à Shawinigan. Cet employé s’assure donc que les tablettes soient bien remplies!

Avis d'ébullition de 12 jours à Shawinigan: sous contrôle malgré les inquiétudes

SHAWINIGAN — L’avis d’ébullition préventif émis par la Ville de Shawinigan depuis le 14 janvier se déroule sans incident majeur jusqu’à maintenant, mais plusieurs citoyens sentent le besoin d’être rassurés. Vendredi, pas moins de 600 demandes d’information avaient été transmises à l’hôtel de ville à ce sujet.

«C’est un bon volume d’appels», convient François St-Onge, directeur du Service des communications et des relations avec les citoyens. «Par exemple, les gens voulaient savoir s’ils étaient dans le périmètre visé, d’autres voulaient des détails sur l’avis d’ébullition... Nous sommes contents de la réaction des citoyens. La population fait preuve d’une grande collaboration et d’une grande compréhension. Les gens comprennent que nous n’avions pas le choix et que ce n’est pas dramatique.»

D’une durée exceptionnelle de douze jours, cet avis d’ébullition est rendu nécessaire en raison des tests d’évaluation en cours sur la capacité des pompes de distribution à la nouvelle station de traitement du Lac-à-la-Pêche. La plupart des résidents des secteurs Saint-Gérard-des-Laurentides, Shawinigan et Shawinigan-Sud sont touchés par cette mesure préventive.

Au-delà de ce volume anormalement élevé d’appels, M. St-Onge assure que tout se déroule selon le scénario prévu.

«Nous n’avons pas rencontré de pépins majeurs», commente-t-il. «Il y a eu des ajustements mécaniques, mais les pompes ont bien réagi, à notre satisfaction. L’eau circule bien. Les tuyaux ont bien tenu, compte tenu du débit important qu’on envoie. Nous n’avons pas eu de problème de coloration non plus.»

Pour le moment, l’estimation de la période de douze jours pour cet avis d’ébullition est maintenue.

«Si tout se poursuit comme présentement, on va entrer assurément dans les délais», avance M. St-Onge. «Si on peut les raccourcir, on va le faire.»

Depuis le début de la semaine, les citoyens peuvent s’approvisionner en eau potable au garage municipal. Micheline Duchesne se retrouve dans l’équipe de dépannage qui donne un coup de main aux visiteurs. Depuis le début de l’avis, elle estime qu’une cinquantaine de personnes se présentent chaque jour.

En début de semaine, elle avoue qu’une certaine confusion s’était installée dans la population. En effet, environ la moitié des gens se présentaient au garage municipal sans contenant, croyant que la Ville fournissait également les bouteilles.

«Nous avons surtout vu ça pendant la première journée; ça arrive maintenant beaucoup moins souvent», observe Mme Duchesne. «En général, les gens sont de bonne humeur. On leur crée un petit désagrément, alors c’est normal qu’on leur offre un bon service!»

Méfiance

Quelques restaurateurs du centre-ville constatent que des clients demeurent méfiants depuis le début de la semaine, même si toutes les précautions ont été prises. Certains visiteurs arrivent avec leur propre bouteille bien remplie, tandis que d’autres détectent un goût anormal dans l’eau qui leur est servie.

À La Pointe à Bernard, Danielle Clément se demande même si cet avis nuit aux affaires.

«On fait attention, on prend ça très au sérieux», assure-t-elle. «Mais on observe que des clients ne boivent pas l’eau qu’on leur sert. On dirait que des gens ont peur qu’on n’ait pas pris cet avis en considération. Pourtant, nous avons pris toutes nos précautions.»

Bien que janvier demeure un mois traditionnellement calme dans la plupart des commerces, Mme Clément était enchantée par son début d’année. L’avis d’ébullition a vraiment marqué une cassure.

Chez Grace également, la consommation d’eau fait partie des sujets de discussion. En fait, le degré de suspicion des clients a atteint un tel niveau que la propriétaire, Andrea Gutierrez, a décidé d’offrir une bouteille d’eau gratuite à ses clients depuis vendredi.

«Les gens ont besoin de se sentir en sécurité», observe-t-elle. «Autrement, certains trouvaient que l’eau ne goûtait pas comme d’habitude. C’est rendu psychologique!»

Au Saint-Mo, David Rouette confirme que les clients s’informent sur la provenance de l’eau. Il ne croit toutefois pas que la fréquentation soit touchée par cet avis.

«Peut-être que ça influence un peu, mais on tient nos clients informés. Il faut que les gens sachent qu’ils sont en sécurité.»

Chez les épiciers par contre, aucune confusion possible. Cet avis d’ébullition préventif a bel et bien provoqué une razzia de bouteilles de 18 litres dans les secteurs touchés.

«On en vend beaucoup, beaucoup plus», reconnaît Jean-Guy Toupin, directeur du Super C du boulevard Royal. «On n’a jamais acheté autant d’eau! Les gens ne veulent pas prendre de chance. C’était surtout très fort en début de semaine. Ça a fait peur au monde un peu.»

Plus de peur que de mal pour le moment, car aucun cas de malaise relié à la consommation de l’eau n’a été observé à l’Hôpital du Centre-de-la-Mauricie, confirme Kellie Morand, agente d’information au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

À l’interne, des précautions avaient évidemment été prises et tout se déroule normalement, ajoute-t-elle.

«À chaque jour, nous procédons à une réévaluation de notre approvisionnement. Jusqu’ici, nos estimations ont été plutôt justes. Nous demeurons toutefois à l’affût quotidiennement, mais jusqu’ici, ça se passe bien.»