François-Philippe Champagne (député de Saint-Maurice - Champlain et ministre de l’Infrastructure et des Collectivités), Steven MacKinnon (Secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité), Michel Angers (maire de Shawinigan) et Diane Lebouthillier (ministre du Revenu national) se sont déplacés au Centre national de vérification et de recouvrement pour une importante annonce, lundi matin.

Avenir assuré pour l'ancien centre fiscal de Shawinigan

SHAWINIGAN — Services publics et Approvisionnement Canada s’apprête à dérouler le tapis rouge pour Shawinigan. Plutôt que s’en tenir à la réfection du Centre national de vérification et de recouvrement tel qu’annoncé le 18 avril 2017, le propriétaire de l’immeuble s’engage à construire un nouveau bâtiment plus vaste et plus vert d’ici 2024. Un investissement qui s’élèvera à plus d’une centaine de millions de dollars et qui consolidera quelque 1600 emplois.

Lundi matin, les fonctionnaires ont été rencontrés par la ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne et le secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité, Steven MacKinnon, pour confirmer ce changement de cap, qui survient au 40e anniversaire d’inauguration de cet édifice.

En avril 2017, le gouvernement fédéral avait annoncé une première phase de 12 millions $ pour la réfection de cet immeuble. Or, les mois passaient et l’Alliance de la fonction publique du Canada s’inquiétait du peu d’empressement pour réaliser les travaux prévus. Le chat est sorti du sac lundi. Services publics et Approvisionnement Canada a décidé de retourner sur les planches à dessin et éventuellement, de choisir un tout autre scénario.

«Le gouvernement du Canada a annoncé de grands travaux de rénovation au centre fiscal en avril 2017», rappelle M. MacKinnon. «Nous avons, depuis, apporté des modernisations à l’édifice, notamment des travaux électriques, des modifications aux salles de bain et au parc de stationnement. Mais alors que nous avancions dans ce projet, nous nous sommes rendu compte que nous devions changer notre stratégie, afin de répondre aux besoins des employés et nous assurer de suivre le rythme de l’évolution future du centre.»

En 2011, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada avait publié un rapport d’analyse sur l’investissement requis pour la revitalisation de ce qui était connu, à ce moment, comme le Centre de traitement de données fiscales de Shawinigan. Sept scénarios avaient alors été élaborés, dont celui de la construction d’un nouvel immeuble de 21 000 mètres carrés. L’investissement était alors estimé à 120 millions $ (133 millions $ en dollars courants). TPSGC recommandait toutefois d’y aller avec la rénovation de l’immeuble, évaluée à 56,8 millions $ à ce moment.

Lundi matin, M. MacKinnon n’a pas voulu entrer dans les coûts anticipés. «Avant les appels d’offres, on ne propagera pas de chiffres. Mais il s’agit d’un investissement très, très important», résume-t-il.

Pour le moment, il est prévu qu’un appel d’offres sur la conception et le design de l’édifice sera lancé au cours des prochaines semaines. Par contre, le concours pour trouver le constructeur du nouvel immeuble n’est pas attendu avant 2021.

Le gouvernement fédéral prévoit entreprendre les travaux de ce vaste chantier en 2022 et ils devraient durer deux ans. Par la suite, l’édifice actuel sera démoli. À noter que le nouvel immeuble sera situé sur la même propriété du gouvernement fédéral, qui couvre plus de 122 000 mètres carrés en bordure de la route 157.

Enthousiasme

Depuis quelques mois, la délégation libérale souhaitait mettre fin à la confusion qui régnait en raison de l’échéancier imprécis de la première phase annoncée au printemps 2017. François-Philippe Champagne, également député de Saint-Maurice - Champlain, ne cachait pas son enthousiasme lundi matin.

«Nous en ajoutons une couche pour assurer la pérennité de notre centre fiscal», témoigne-t-il.

La superficie utilisable du nouvel immeuble couvrira 20 000 mètres carrés, comparativement à 17 000 m2 actuellement. Services publics et Approvisionnement Canada prévoit «un plus grand nombre d’étages», de sorte qu’il devrait occuper une superficie un peu moins imposante sur le terrain.

«L’immeuble respectera, au minimum, les normes LEED-Or qui répondent aux préoccupations environnementales des Québécois et des Québécoises et aux principes modernes de développement durable», ajoute M. Champagne. «Il aura une empreinte carbone inférieure à l’édifice actuel et il intégrera des technologies modernes de construction et d’entretien. (...) Tout autour de l’immeuble, nous demanderons au maître d’œuvre de maximiser les espaces verts.»

«Cet immeuble sera assurément un fleuron pour la région et une référence pour tout le Canada», renchérit Mme Lebouthillier. «Au-delà de la brique et du mortier, c’est la pérennité du travail, ici dans la région, qui retient mon attention. J’en suis particulièrement fière.»

Précisons qu’environ 1600 personnes travaillent à cet endroit, dont 1300 sont employées par l’Agence de revenu du Canada. Deux cents autres travaillent pour Emploi et Développement social Canada et le reste pour Santé Canada.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne s’est évidemment pas fait prier pour partager la tribune avec les représentants fédéraux. Il ne s’offusque pas trop de voir la rénovation d’un bâtiment abandonnée au profit d’une nouvelle construction qui fera rayonner la région à travers le pays.

«C’est une nouvelle tout à fait extraordinaire», se réjouit-il. «Il y a des matins, dans la vie d’un maire, qui sont plus agréables que d’autres. Celui-là est vraiment agréable!»