Les auxiliaires en santé et services sociaux ne l’ont pas facile pendant la pandémie.
Les auxiliaires en santé et services sociaux ne l’ont pas facile pendant la pandémie.

Auxiliaires en santé et services sociaux: des anges méconnus

TROIS-RIVIÈRES — Ce ne sont pas toutes les personnes âgées qui se retrouvent dans un CHSLD ou une résidence privée. Plusieurs vivent encore dans leur maison. Mais cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas besoin de soins spécifiques à leur condition...

C’est là qu’entrent en jeu les auxiliaires en santé et services sociaux, des acteurs du milieu de la santé dont le rôle passe trop souvent sous silence et qui, semble-t-il, sont traités injustement depuis le début de la crise sanitaire causée par la COVID-19. Prodiguant des soins à domicile et en mesure de poser certains actes médicaux qui sont réservés aux infirmières auxiliaires en milieu hospitalier, ces auxiliaires doivent en effet venir en aide dans les CHSLD et les résidences privées depuis le début de la crise sanitaire, et ce, au détriment de leurs patients réguliers. Ces derniers voient donc la fréquence de leurs soins diminués drastiquement depuis que le coronavirus monopolise une grande portion des ressources du système médical.

«Un auxiliaire en santé et services sociaux peut faire les tâches d’un préposé aux bénéficiaires, mais l’inverse n’est pas possible. Il y a donc des équipes qui ont dû aller en CHSLD depuis le début de la pandémie. On veut bien aider, mais je trouve qu’on délaisse nos patients», déplore l’une d’entre elles, désireuse de garder l’anonymat.

Cette dernière ajoute qu’elle aurait aimé que le gouvernement, avec le premier ministre François Legault en tête, fasse état publiquement de la situation des aînés vivant toujours chez eux, tout comme il l’a fait avec ceux qui sont en CHSLD.

«Nous en avons des patients à domicile qui ont eu la COVID. Ce qui me choquait, c’était quand M. Legault disait dans ses points de presse que les aînés étaient importants pour lui. Il n’y a pas seulement ceux qui sont dans les CHSLD qui comptent», poursuit-elle.

De plus, la dame qui oeuvre dans le monde de la santé depuis près de 15 ans aurait aimé que le déploiement des auxiliaires en santé et services sociaux afin de prêter main-forte dans les établissements d’hébergement se fasse de façon à limiter le plus possible les risques de transmission du virus.

«Ç’a été mal géré. Il y en a qui sont allés dans des CHSLD et des résidences privées considérés comme des zones chaudes et qui sont retournés sur la route [pour donner des soins à domicile] après. C’est fou», raconte-t-elle, désabusée.