Nadine Blackburn, directrice de l'unité de gestion Mauricie et Ouest du Québec pour Parcs Canada, en compagnie du député de Saint-Maurice - Champlain et ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, mercredi matin dans le cadre de l'annonce d'un investissement total de 29 millions $ dans la région.

Aux petits soins pour le parc national

Une dizaine de mois après avoir confirmé un investissement de 15 millions de dollars au parc national de la Mauricie pour la remise en ordre de diverses infrastructures, le gouvernement fédéral ajoute une couche de 28,2 millions $ pour la troisième phase de la réfection de la route Promenade, l'artère principale de cette attraction touristique qui attire environ 180 000 visiteurs par année.
Les détails de ce plan ont été dévoilés en conférence d'information mercredi matin, à la populaire aire de pique-nique Shewenegan. Le projet, qui s'étendra jusqu'en 2020, consiste essentiellement à réparer la route sur une distance totale de 52,9 kilomètres. 
Le budget comprend la reconstruction de ponts, de ponceaux, de la chaussée, de certains pavillons de service, l'amélioration du drainage et le pavage
des accotements. Cet été, les travaux s'effectueront sur le tronçon central, sur une douzaine de kilomètres.
Le député de Saint-Maurice - Champlain et ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, ne s'est pas fait prier pour confirmer ce nouveau soutien à ce qu'il considère comme le joyau de la région et une importante locomotive économique. Il représentait sa collègue responsable de Parcs Canada, Catherine McKenna.
«Ça fait plus de 40 millions $, en deux ans, qu'on investit dans le parc national de la Mauricie», se réjouit M. Champagne. «C'est très significatif! C'est un pilier touristique pour toute la région. On se donne une cure de jeunesse et on se prépare pour le 50e anniversaire, en 2020. Nous
allons améliorer l'expérience touristique pour nos 180 000 visiteurs.»
Le ministre rappelle que cet investissement fait partie d'un plan national dans lequel Parcs Canada investira pas moins de trois milliards de dollars en travaux d'infrastructures sur une période de cinq ans. 
«Ça fait partie d'une vision nationale de permettre que nos plus grandes ressources naturelles soient accessibles et au goût du jour. C'est important de moderniser nos installations.»
M. Champagne profite de l'occasion pour vanter la proximité du parc national de la Mauricie par rapport à son petit cousin de Forillon, en Gaspésie, qui exige un déplacement plus important pour la plus grande partie de la population de la province.
«Le parc national de la Mauricie est le parc fédéral le plus accessible pour nos plus grands pôles urbains, ceux de Québec et de Montréal», fait-il remarquer. «On peut se déplacer et le visiter dans une même journée.»
Le ministre a également annoncé un investissement de 815 000 $ pour les infrastructures au Lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice. Les systèmes de ventilation, de chauffage et de climatisation seront changés dans les deux bâtiments qui accueillent des visiteurs, soit la Grande maison et le haut fourneau. Les travaux viseront aussi à corriger d'importantes infiltrations.
Nadine Blackburn, nouvelle directrice de l'unité de gestion de la Mauricie et de l'Ouest du Québec pour Parcs Canada, pouvait difficilement imaginer un meilleur scénario pour son entrée en fonction.
«Nous avons beaucoup de chance de bénéficier d'investissements importants pour le parc national de la Mauricie et le lieu historique des Forges du Saint-Maurice», commente-t-elle. «Ça nous permet d'assurer une pérennité.»
Une forte croissance de l'achalandage
La décision de Parcs Canada de n'exiger aucuns frais à l'entrée de ses parcs nationaux en 2017, dans le cadre du 150e anniversaire du pays, propulse le nombre de visiteurs au parc national de la Mauricie depuis le début de l'année.
Malgré un printemps exécrable, le nombre d'entrées avait déjà bondi de 53 % du 1er janvier au 30 juin, par rapport à la même période en 2016.
Les conditions hivernales exceptionnelles ont particulièrement stimulé l'achalandage. Entre janvier et mars, 15 373 personnes avaient franchi les portes du parc national de la Mauricie en 2016, comparativement à 24 997 cette année. Il s'agit d'un bond de 63 %!
Au printemps 2016, 34 121 visiteurs avaient été enregistrés, alors que cette année, une météo capricieuse n'a pas empêché d'attirer 50 799 personnes, ce qui représente une hausse de 49 %.
En 2017, en date du 30 juin, 75 796 amants de la nature se sont donc déjà présentés au parc national de la Mauricie, comparativement à 49 494 l'an dernier pour la même période.
Si on retourne dix ans en arrière, donc en 2007, 43 316 visiteurs s'étaient déplacés sur ce terrain de jeu au cours des six premiers mois de l'année.
Nadine Blackburn, directrice de l'Unité de gestion de la Mauricie et de l'Ouest du Québec, se réjouit évidemment de constater que la gratuité d'accès suscite un tel engouement depuis le début de l'année. Elle assure que le parc national de la Mauricie peut en prendre encore davantage.
«Nous sommes très encouragés», sourit-elle. «Ce sont des chiffres vraiment intéressants pour nous. Le 150e anniversaire aura été une belle carte de visite pour la région.»
Le camping demeure toujours aussi populaire, mais Mme Blackburn souligne que les passages journaliers ont particulièrement propulsé la hausse d'achalandage jusqu'à maintenant. Et traditionnellement, juillet et août sont les deux mois les plus courus au parc national de la Mauricie.
Mme Blackburn espère que la promotion dans le cadre du 150e anniversaire du Canada permettra de développer de nouvelles habitudes dans la population, afin de maintenir autant d'intérêt envers cette attraction l'an prochain, alors que les frais d'entrée réapparaîtront.
«L'objectif était d'offrir un beau cadeau aux Canadiens, mais également de faire la promotion de nos lieux, de créer un attachement», explique la gestionnaire. «On espère évidemment
qu'on pourra aussi ressentir cette augmentation au cours des prochaines années.»
Employés à payer
Afin de répondre à la demande, le Parc national de la Mauricie emploie environ 180 personnes cet été. Deux fois plus d'étudiants ont été embauchés. 
Depuis l'an dernier, ces employés ont été sérieusement touchés par les ratés du fameux système de rémunération Phénix du gouvernement fédéral, qui surpaye, sous-paye ou oublie de verser le salaire mérité. L'irritant se corrige très lentement, observe François-Philippe Champagne, député de Saint-Maurice - Champlain.
«C'est la première question que nous avons posée à Mme Blackburn», confie-t-il. «On voulait savoir si tout le monde était payé. Il y a encore certains enjeux, Mme Blackburn y travaille, de même que mon équipe au bureau. Tout le monde devrait être payé à temps. C'est un problème à l'échelle nationale. On y met les ressources humaines et financières pour s'assurer de régler le problème le plus rapidement possible.»
De son côté, Mme Blackburn assure que cette controverse n'a pas nui à la recherche de personnel. Une bonne proportion d'étudiants reviennent d'année en année.
«Les problèmes persistent dans certains cas, mais on remarque aussi beaucoup d'amélioration», commente-t-elle. «Parcs Canada a mis en place des mécanismes pour arriver à améliorer le service de paye pour nos gens. Sur le site, vous verrez que nos employés sont de bonne humeur!»