Louis Brunelle et Brigitte Roy lors de l’annonce jeudi de l’entente de principe intervenue entre le CIUSSS et le Syndicat des professionnelles en soins (FIQ-SPSMCQ).

Aux grands maux, les grands remèdes

Trois-Rivières — Augmentation du nombre de postes d’infirmières et d’infirmières auxiliaires à temps plein, arrivée d’étudiantes en soins infirmiers et invitation à des retraitées pour reprendre le collier, le milieu de la santé prend différents moyens pour trouver du personnel additionnel afin de diminuer le nombre d’heures supplémentaires imposées à ces professionnelles.

Le CIUSSS régional et le Syndicat des professionnelles en soins ont convenu d’une entente pour rehausser le nombre de postes à temps complet pour les deux professions. Confronté à plusieurs sit-in d’infirmières qui dénoncent le manque de personnel lors de leur quart de travail, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec suspend la formation dispensée aux infirmières et aux infirmières auxiliaires non débutantes pour récupérer des bras sur le plancher. Les retraitées seront invitées à venir donner un coup de main, de même que les employés en congé. Des infirmières pourraient même être déplacées d’une unité à l’autre.

«Voilà des mesures exceptionnelles pour une situation exceptionnelle, considérant le volume (d’activités) dans nos urgences», commente Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS régional.

L’organisation a annoncé jeudi qu’elle a conclu une entente de principe avec le Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour rehausser le nombre de postes à temps complet chez les infirmières et les infirmières auxiliaires. Le CIUSSS lance un projet-pilote dans ses établissements de Trois-Rivières, de Shawinigan, de Drummondville et de Victoriaville. Les infirmières et les infirmières auxiliaires pourront faire grimper le nombre d’heures travaillées jusqu’à du temps complet, soit 37,5 heures par semaine. L’objectif est d’étirer ce projet-pilote à l’ensemble du réseau à moyen terme.

La même recette sera appliquée à court terme à la grandeur du réseau régional, de la fin du mois d’avril à la mi-octobre. Quelque 2000 infirmières et infirmières auxiliaires sont visées par cette mesure ayant l’objectif d’améliorer les conditions d’exercice, notamment par la stabilisation des équipes.

«À court terme, ça peut pallier la problématique qui est criante. Ce qui nous inquiète, c’est la sécurité de la population. Quand une fille vient de finir son quart de travail de huit heures et qu’elle doit en faire un autre, c’est une question de vigilance», mentionne Brigitte Roy, vice-présidente responsable de la négociation de ce syndicat affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.

D’autres mesures de recrutement sont au programme du CIUSSS. Neuf finissantes en soins infirmiers font leur entrée le 7 mars et 22 préposés aux bénéficiaires qui sont de la formation accélérée mise de l’avant cet automne seront de l’équipe le 20 avril. C’est sans compter les 150 finissantes en soins infirmiers et les 50 autres préposés aux bénéficiaires qui feront leur arrivée en juin.

La situation difficile concernant le manque de personnel amène les deux organisations à travailler ensemble, estime Louis Brunelle.

«L’objectif est de relever le défi de la main-d’œuvre. On ne peut pas faire ça chacun de notre côté», raconte M. Brunelle, confiant que ce train de mesures saura apporter un peu d’air à un milieu de travail qui en a bien besoin.

Cette entente de principe doit être entérinée au cours des prochains jours par les membres du syndicat.

Pas de mesures disciplinaires

Au moins trois sit-in ont été observés au cours des dernières semaines dans le domaine de la santé. Les infirmières qui ont refusé d’amorcer leur quart de travail parce que l’équipe était incomplète ne subiront pas de mesures disciplinaires, assure M. Brunelle.

«L’employeur pourrait le faire, mais on est plus en mode négociation et discussion. On laisse de la place pour que les gens trouvent des solutions ensemble.»

Si l’employeur peut imposer des mesures disciplinaires, c’est qu’un sit-in est considéré comme étant une grève illégale. «On ne peut pas être pour ça, rappelle Brigitte Roy. Mais quand les personnes ne peuvent pas faire autrement, on va les soutenir.»

Par ailleurs, le Syndicat des professionnelles en soins et la direction du CIUSSS sont fortement intéressés à prendre part au projet-pilote que compte mettre sur pied le ministre Gaétan Barrette concernant les ratios patients-infirmière. Louis Brunelle confirme que le CIUSSS a déposé des demandes en ce sens.