Le ministre Bernard Drainville n'a pas manqué de soulever les contradictions dans la position du Parti libéral, mercredi, en commission parlementaire.

Autre volte-face du PLQ sur le port du tchador

Le Parti libéral du Québec (PLQ) effectue une énième volte-face depuis l'automne sur le port du tchador, ce grand voile noir qui crée visiblement un malaise au sein des troupes de Philippe Couillard.
Andréa Richard
Après deux mois de tergiversations, les libéraux ont annoncé mercredi qu'ils s'opposeront à ce qu'une enseignante ou une éducatrice en garderie puisse porter le tchador. Ils ont aussi réitéré qu'une femme recouverte du voile intégral - répandu en Arabie saoudite et en Iran - ne pourra se porter candidate libérale.
«On considère que la demande d'une enseignante qui voudrait porter le tchador serait déraisonnable et ne serait pas acceptée», a déclaré le député libéral Marc Tanguay, ajoutant qu'il en irait de même pour une éducatrice en service de garde.
Mais le port du tchador ne serait pas interdit pour tous les employés de l'État. Sous la gouverne libérale, chaque demande serait évaluée «au cas par cas», a précisé M. Tanguay, porte-parole du PLQ en matière de laïcité.
«C'est du cas par cas, selon le poste que le fonctionnaire occupe. Ça a toujours été notre position. Le PQ, c'est l'interdiction mur à mur. Pour nous, c'est du cas par cas», a-t-il soulevé, en marge de la commission parlementaire sur le projet de loi 60 qui institue la charte des valeurs.
Andréa Richard témoigne
Toute la journée, mercredi, des citoyens et des représentants d'organismes ont défilé devant les élus pour exprimer leurs vues sur la charte. Tout en l'appuyant, certains jugent qu'elle devrait être beaucoup plus radicale.
Une ancienne religieuse de la Mauricie, Andréa Richard, âgée de 79 ans, fait partie de ceux qui estiment que la charte devrait aller plus loin dans sa démarche de neutralité, en rayant l'idée même des «accommodements raisonnables» fondés sur la religion. Ces demandes d'accommodement sont présentées par des «fanatiques», selon elle.
Andréa Richard va même jusqu'à affirmer que la charte devrait s'appliquer aux employés des commerces. «Moi-même quand j'étais religieuse, j'étais mal à l'aise de porter un voile et un habit. Je le suis encore aujourd'hui quand je vois une personne voilée. Je n'ai pas à savoir lorsque je suis dans un commerce si la personne qui me sert est protestante, catholique ou musulmane. Ça ne me regarde pas», affirme en entrevue Mme Andréa Richard qui estime de plus que sa vision n'est aucunement teintée de racisme. «Ce n'est pas raciste du tout. C'est autant pour les catholiques que pour les autres. C'est pour tout le monde.»
De plus, l'ancienne religieuse considère que la spiritualité doit se vivre intérieurement. «J'ai apporté cet élément à la commission qui n'avait pas été dit et qui a été fort apprécié. La spiritualité est quelque chose d'intérieur. On n'a pas besoin de signes ostentatoires pour la montrer», ajoute Andréa Richard.
L'ancienne religieuse prône aussi l'interdiction du port des signes religieux ostentatoires dans les universités du Québec. «S'il y a un endroit où ça n'a pas sa place, c'est à l'université. Les universités sont supposées êtres des écoles de savoir et de science. Or, elles devraient être neutres», estime celle qui irait jusqu'à bannir les facultés de théologie des universités.