Nouvelle victoire pour l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan, cette fois pour les travailleurs à temps partiel.

Autre victoire pour les pompiers de Shawinigan

SHAWINIGAN — Le tribunal d’arbitrage vient de rendre une autre décision favorable à l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan, à la suite de la contestation de la Ville sur l’application d’un volet de la hausse salariale de 2 % finalement consentie pour l’année 2015 qui touche les travailleurs à temps partiel.

Rappelons qu’à la fin octobre, le même tribunal établissait qu’une clause de parité salariale incluse dans la convention collective permettait à ce syndicat d’obtenir cette augmentation. Les pompiers avaient d’abord accepté un gel salarial pour 2015, mais les cols bleus et les cols blancs étaient ensuite parvenus à obtenir 2 % d’augmentation pour cette année précise à l’issue de leur négociation. L’APPS a alors réclamé, puis finalement obtenu, le même traitement.

L’affaire s’est toutefois compliquée pour les pompiers à temps partiel, car en 2016, les deux parties avaient convenu d’apporter des modifications à l’échelle salariale, selon les tâches à effectuer. En résumé, un taux horaire de 17,66 $ s’appliquait pour le travail en caserne ou en formation et un taux différent, qui comportait quatre échelons, était établi pour les interventions sur le terrain. À compter de 2016, les parties avaient convenu d’unifier à 17,75 $ le taux horaire de base, peu importe la nature du travail. Des augmentations de 0,35 $ l’heure étaient prévues aux quatre échelons, pour ainsi atteindre un taux maximal de 19,15 $.

À la suite de la décision arbitrale rendue en octobre, la Ville de Shawinigan convenait qu’il fallait bonifier le traitement de 2 % pour l’année 2015. Elle contestait toutefois les impacts de cette hausse sur l’unification du taux horaire des pompiers à temps partiel à compter de 2016, en raison du changement de la structure salariale. L’employeur estimait également que cet aspect ne pouvait être tranché par un arbitre de grief, puisqu’il outrepasserait sa juridiction.

Or, la Ville essuie un revers sur les deux éléments. Non seulement l’arbitre, Me Pierre-Georges Roy, s’estime de plein droit de trancher cette question, mais il confirme en plus la prétention syndicale.

Bien qu’il convienne de la complexité de l’enjeu, Me Roy souligne qu’«il faut aussi concevoir qu’une décision arbitrale qui vient modifier le salaire passé peut avoir un impact qui se manifeste à divers égards sur les taux de salaire des années subséquentes».

Dans sa décision, Me Roy explique que la nouvelle structure salariale introduite en 2016 devait être mieux adaptée aux besoins des pompiers à temps partiel, en tenant compte du gel initialement convenu pour l’année précédente. Mais dans le contexte où une hausse de salaire de 2 % a finalement été accordée en 2015, difficile de voir comment cette décision ne pourrait avoir d’impact sur les années suivantes, prétend l’arbitre.

«De fait, le salaire de l’année 2016 ne peut alors demeurer statique», fait-il remarquer. «Si c’était le cas, il serait en effet de 17,75 $ pour le pompier à temps partiel au premier échelon salarial durant l’année 2016 alors que le nouveau taux de salaire de départ de l’année 2015 est plutôt de 18,01 $. La position syndicale est donc bien fondée.»

En conséquence, l’échelle salariale de 2016 pour les pompiers à temps partiel passe de 17,75 $ à 18,10 $ et de 19,15 $ à 19,50 $ à l’échelon maximal.

Le président de l’APPS, Benoit Ferland, accueille cette décision avec soulagement.

«Mais ça a été un autre combat judiciaire avec la Ville», déplore-t-il. «Ce sont encore des frais engagés et en plus, pour nous, c’est un manque de respect. Nous étions heureux d’avoir obtenu le 2 % pour 2015, mais deux semaines plus tard, la Ville arrivait avec cette argumentation pour les pompiers à temps partiel...»

Rappelons que les membres de ce syndicat demeurent sans contrat de travail depuis le 1er janvier 2017. Le canal de négociation reste toutefois ouvert; même que les discussions se sont intensifiées depuis le début décembre.