Michel Poirier a recueilli 650 signatures pour sa pétition visant à ressuciter le toponyme de Saint-Jean-des-Piles à la sortie 226 de l'autoroute de l'Énergie.

Autoroute de l'Énergie: «si c'est bon pour minou...»

Le conseil municipal de Shawinigan a fait son nid dans le dossier d'identification des secteurs sur l'autoroute de l'Énergie. En séance publique mardi soir, le maire, Michel Angers, a annoncé qu'il enclenchera «la bataille nécessaire» afin que le ministère des Transports accepte de conserver ces toponymes aux sorties. Selon lui, l'exemple de Bécancour parle de lui-même.
«Nous avons eu une bonne discussion autour de la table», déclare le maire. «Notre position, c'est que nous adopterons une résolution, lors de la prochaine séance du conseil, pour demander l'équité avec ce qui se passe du côté de Bécancour. Si c'est bon pour minou, ce sera certainement bon pour pitou.»
Rappelons que sur la rive sud, les noms des anciennes municipalités qui forment Bécancour depuis plus de 50 ans apparaissent toujours à la sortie du pont Laviolette et le long de l'autoroute 30. Au MTQ, on explique qu'il s'agit d'un cas particulier.
«On nous dit qu'à Bécancour, ce sont des coeurs villageois», fait remarquer le maire. «Nous aussi, nous en avons: Sainte-Flore, Saint-Jean-des-Piles, Saint-Gérard-des-Laurentides, Lac-à-la-Tortue... Nous avons toujours désiré garder l'histoire de nos secteurs, de nos anciennes municipalités. Loin de nous l'idée de faire disparaître ces localités, bien au contraire. Elles font partie de Shawinigan. On va donc enclencher la bataille nécessaire pour faire en sorte que non seulement pour Saint-Jean-des-Piles, mais aussi Saint-Gérard-des-Laurentides, Grand-Mère, Saint-Georges, partout où il y aura des opportunités, on puisse continuer à se diriger vers ces anciens coeurs villageois.»
Michel Poirier, initiateur de la pétition afin de ressusciter le toponyme de Saint-Jean-des-Piles à la sortie 226, a déposé comme prévu au conseil municipal le fruit de sa démarche. En un mois, il a recueilli plus de 650 signatures. Il se dit satisfait de l'intention manifestée par les élus, bien qu'on puisse difficilement évaluer où aboutiront ces efforts.
«On n'a pas de résultat encore», fait-il remarquer. «Tant qu'on n'aura pas de résultat, on va continuer à suivre le dossier. On ne lâchera pas tant qu'on n'aura pas de résultat concret!»
«Je ne vous cache pas qu'il n'y a pas beaucoup d'ouverture (au MTQ)», reconnaît le maire. «Mais ça ne nous empêchera pas de nous assurer que si ça s'est fait à un endroit au Québec, il n'y aucune raison pour que ça ne se fasse pas ailleurs.»
En entrevue après la séance publique, le maire s'est défendu d'être racoleur. Le conseil municipal pouvait-il adopter une autre position dans une démarche aussi émotive, à moins de quatre mois des élections municipales?
«S'ils le font à Bécancour, ils devront me donner une maudite bonne raison pour qu'ils ne puissent pas le faire ici», insiste le maire. «On dit que nous sommes des gouvernements de proximité, mais c'est toujours eux qui décident pour nous. Nous ferons la démarche et si au bout de la ligne, c'est non, eh bien ce sera non. Quand on a 650 personnes de bonne volonté qui souhaitent voir le nom de leur secteur sur une pancarte, c'est légitime.»
Deux résolutions
M. Angers précise qu'il ne faut pas comprendre que le MTQ a simplement suivi une recommandation de la Ville de Shawinigan pour l'affichage le long de l'autoroute de l'Énergie. Selon sa compréhension, le ministère a simplement suivi une règle provinciale. 
D'ailleurs, à deux reprises sous le régime de Lise Landry, le conseil municipal de Shawinigan a adopté une résolution pour demander le maintien des toponymes des anciennes municipalités sur les panneaux du ministère des Transports. Une première fois le 11 novembre 2002, donc quelques mois après la fusion, puis le 6 juillet 2009. Dans ce dernier cas, le conseil municipal réagissait particulièrement au retrait de Saint-Gérard-des-Laurentides du panneau de la sortie 217.
La suggestion de retirer l'appellation du Chemin du Parc-National pour ne conserver que celle du Chemin de  Saint-Jean-des-Piles est également revenue sur le tapis mardi soir. Au moins, de cette façon, le toponyme réapparaîtrait assurément sur l'autoroute, comme c'est déjà le cas, en direction sud, avec l'avenue de Grand-Mère.
Or, le maire précise qu'en agissant de la sorte, il faudrait procéder à 203 nouveaux changements d'adresses sur cette route, en raison de la discontinuité des numéros civiques.
«Je ne suis pas tout à fait sûr qu'on veuille encore brasser cette histoire», laisse tomber le maire.