Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a détecté une contamination aux hydrocarbures pétroliers sur le terrain occupé temporairement par Autobus Fleur de lys.
Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a détecté une contamination aux hydrocarbures pétroliers sur le terrain occupé temporairement par Autobus Fleur de lys.

Autobus Fleur de lys: une transition pleine de rebondissements

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Les habitués du transport en commun à Shawinigan vivent une année de transition avec Autobus Fleur de lys, mais la situation se régularisera avec une nouvelle flotte de véhicules hybrides quelque part au printemps. L’arrivée du nouvel exploitant ne s’est toutefois pas effectuée sans heurts depuis six mois.

En octobre, le Tribunal administratif du travail ordonnait l’embauche de deux chauffeurs de Transport urbain de la Mauricie, le gestionnaire précédent pour la Régie de transport en commun de Shawinigan (RTCS), en raison de pratiques jugées antisyndicales. Autobus Fleur de lys n’était pas parvenue à convaincre la juge des motifs qui expliquaient pourquoi André Côté et Denise Adam n’avaient pas été retenus dans le groupe de chauffeurs qui avaient manifesté leur intérêt à travailler pour le nouvel exploitant. Elle avait établi que la décision de l’entreprise était surtout basée sur le passé d’officiers syndicaux de ces deux personnes.

Au début novembre, Autobus Fleur de lys a dû corriger une situation à son garage temporaire de la rue des Contremaîtres, à la suite d’une plainte au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Le 6 novembre, une contamination aux hydrocarbures pétroliers a été détectée. Le MELCC ne peut préciser la quantité de diesel qui s’est infiltré dans le sol, mais Georges Morissette, président et directeur général de l’entreprise, l’estime sommairement à quelques dizaines de litres.

Le MELCC a transmis un avis de non-conformité à l’entreprise le 10 janvier. Mais M. Morissette assure que les mesures réparatrices ont déjà été mises en place.

«Nous avons fait l’excavation, la disposition des sols et coulé une plaque de béton», résume-t-il. «On ne joue pas avec ça. Mais à mon sens, ce n’était rien de majeur.»

M. Morissette tient à préciser que cet événement n’est pas lié à la fuite d’un réservoir, mais plutôt au fait que l’approvisionnement n’ait pas été effectué au-dessus d’un bassin aménagé justement pour éviter qu’un débordement ne s’infiltre dans la nature.

Comme suivi, le MELCC indique qu’il «s’assurera que tous les sols contaminés seront retirés et disposés dans un lieu autorisé à cette fin».

Autobus de luxe

Autobus Fleur de lys a attiré les regards amusés des Shawiniganais qui voient circuler des autocars de luxe pour assurer le transport de passagers de la RTCS depuis l’arrivée du nouvel exploitant, le 1er juillet. Ces véhicules moins adaptés au transport urbain étaient utilisés comme solution de rechange, rappelle M. Morissette.

«Pour nos besoins de maintenance, ça arrive qu’on doive les mettre sur le circuit», convient-il.

M. Morissette précise que pour le transporteur, la mise en service de ces autocars représente des coûts supplémentaires, puisqu’ils ne sont pas conçus pour circuler en ville, avec des arrêts fréquents. De plus, Jean-Yves Tremblay, président de la RTCS, reconnaît que des usagers se plaignent de cette solution temporaire.

Tout d’abord, il a fallu installer un système de sonnerie pour prévenir le chauffeur de l’imminence du débarquement. Mais surtout, la configuration de ces autobus convient mal aux déplacements fréquents.

«Les sièges sont super confortables, mais l’allée centrale est étroite», fait remarquer le conseiller du district des Hêtres. «Pour les personnes obèses, par exemple, ça peut être difficile de circuler, surtout qu’en ville, on embarque et on débarque souvent. C’est difficile pour le chauffeur et pour tout le monde.»

Ces autocars sont utilisés en appui simplement parce que les autobus pour le transport urbain demeurent difficiles à trouver.

«L’exploitant n’est pas capable de compléter sa flotte avec des autobus réguliers», constate M. Tremblay. «Les autocars, c’est fait pour la grande route. Lui non plus, ça ne fait pas son affaire: ça lui coûte de nouveaux freins à tous les mois! Des autobus de ville, c’est très rare sur le marché. Je pense que s’il pouvait en louer, il le ferait!»

«Nous avons obtenu le contrat en mars 2019», rappelle M. Morissette. «Nous avons commandé nos autobus et on savait que ça prendrait un an. Nous avons travaillé avec ce qu’on pouvait.»

Autobus Fleur de lys s’attend finalement à investir cinq millions de dollars pour le transport en commun à Shawinigan pour les neuf prochaines années. Cet investissement comprend l’acquisition d’un terrain contigu au bureau local de la Société d’assurance automobile du Québec. Ce terrain a été acheté en octobre et l’entrée principale du nouveau garage, qui sera construit au printemps, sera aménagée sur la 49e Rue.

M. Morissette s’attend à ce que les quatre autobus hybrides prévus soient livrés en mars, mais il faudra attendre quelques semaines de plus avant de les voir apparaître dans les rues de Shawinigan. En effet, ces véhicules seront identifiés aux couleurs désirées et par la suite, les mécaniciens et les chauffeurs seront formés pour leur utilisation et leur entretien.

Il s’agira d’une année importante pour la RTCS, puisque de nouveaux circuits seront également annoncés au printemps.