Martine Quessy, directrice générale d’Autisme Mauricie,  considère que l’inclusion est parfois mal comprise dans le milieu scolaire.
Martine Quessy, directrice générale d’Autisme Mauricie, considère que l’inclusion est parfois mal comprise dans le milieu scolaire.

Autisme Mauricie fait appel aux témoignages: la lumière sur l’inclusion scolaire en région

Laurence Chartrand
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Votre enfant présentant un trouble du spectre de l’autisme a vécu une situation problématique au service de garde? Une enseignante de votre entourage fait en sorte que les enfants différents soient sur le même pied d’égalité que les autres? Que vous ayez vécu une expérience négative ou positive d’inclusion scolaire, Autisme Mauricie veut vous entendre.

Afin d’analyser des situations d’inclusion scolaire vécues par des familles d’enfants différents, Autisme Mauricie recueille, jusqu’à la fin du mois de septembre, les témoignages de parents, d’intervenants et de personnel du milieu de l’éducation.

C’est au fil des rencontres entre l’équipe d’Autisme Mauricie et des parents de la région que l’idée est venue d’écrire un mémoire sur l’inclusion scolaire. «On fait le tour de notre territoire tous les mois, et à chaque fois, il y a des parents qui nous parlent de certaines petites situations et on voit que l’inclusion, parfois, est mal comprise, ou on voit des affaires qui sont merveilleuses», indique Martine Quessy, directrice générale d’Autisme Mauricie.

Mme Quessy explique que certains intervenants croient mettre en place des mesures d’inclusion, mais que celles-ci mettent l’accent sur la différence de l’enfant. «Le meilleur exemple que je peux donner, c’est quand on me dit, ‘‘Les enfants [différents] dans mon école, ou à ma garderie sont toujours bien inclus, ils ont leur propre crochet avec leur nom écrit dessus, entre autres’’. Si tout le reste de l’école n’est pas identifié, pourquoi eux ils le sont? On vient de pointer du doigt que cet enfant-là est différent», illustre Mme Quessy. Toutefois, elle mentionne que l’intention derrière ce type de mesure est souvent louable.

Le but de ce mémoire est en effet de mettre de l’avant l’analyse de pratiques inadaptées, mais également d’interventions modèles qui se doivent d’être partagées à la population, selon l’organisation. En somme, c’est un portrait régional de l’inclusion scolaire des enfants différents qu’Autisme Mauricie souhaite mettre sur papier. «On s’aperçoit que la plupart des écrits et des analyses sont souvent faits à partir des grands centres, comme Montréal, mais notre réalité est plus ou moins la même [...] On n’est jamais satisfaits de la teneur des résultats», affirme Mme Quessy.

Cette dernière explique que l’étendue du territoire de la Mauricie empêche l’implantation d’écoles spécialisées dans chacune des municipalités de la région, par exemple.

Autisme Mauricie recueillera les témoignages de la population pendant un peu plus de deux mois. «On veut laisser le temps aux familles d’écrire toutes leurs petites histoires», indique Mme Quessy.

À la fin du mois de septembre, l’équipe d’Autisme Mauricie commencera donc la lecture des témoignages recueillis. «Ce qu’on veut faire, c’est vraiment une analyse. Ce ne sera pas un jugement, personne ne sera nommé à l’intérieur, aucune école ne sera ciblée», souligne la directrice de l’organisme. Autisme Mauricie espère également pouvoir comprendre les raisons qui limitent actuellement l’inclusion scolaire. «Est-ce la compréhension du diagnostic? La compréhension de la société? La compréhension des directeurs, des dirigeants, des ministres? C’est là que l’on va être capable de mettre en lumière où ça coince dans tout ce système d’inclusion là», explique Mme Quessy.

L’équipe d’Autisme Mauricie souhaite compléter l’écriture de ce mémoire en décembre prochain.

Toute personne souhaitant transmettre un témoignage à l’organisme peut le faire au information@autismemauricie.com.