Avant l'ouverture de l'Assemblée générale, la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s'était dite disposée, dans une allocution télévisée en anglais sans sous-titres en birman, à organiser le retour des 421 000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh.

Aung San Suu Kyi ne calme pas les critiques

Le tollé international provoqué par le sort des Rohingyas en Birmanie, qualifié de «nettoyage ethnique» par plusieurs dirigeants, a repris de plus belle mardi à l'ONU, malgré le discours à la nation birmane d'Aung San Suu Kyi qui n'a pas apporté de solution concrète.
La Grande-Bretagne, l'ex-puissance coloniale, a annoncé qu'en raison de «la poursuite des violences», dont sont victimes les membres de cette minorité musulmane dans l'ouest de la Birmanie, elle suspendait son aide à l'entraînement de l'armée birmane, accusée de procéder à une «épuration ethnique» par les Nations unies et des ONG.
De la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, le secrétaire général de l'Organisation, Antonio Guterres, a appelé à «mettre fin aux opérations militaires et permettre un accès humanitaire sans restrictions» aux victimes des combats.
«Les opérations militaires doivent cesser, l'accès humanitaire doit être assuré et le droit rétabli, face à ce qui est, nous le savons, un nettoyage ethnique», a renchéri dans cette enceinte le président français Emmanuel Macron.
Rwanda et Bosnie
Comparant la crise au génocide de 1994 au Rwanda et aux massacres de 1995 en Bosnie, son homologue nigérian Muhammadu Buhari a lancé dans l'hémicycle : «La communauté internationale ne peut pas rester silencieuse».
Avant l'ouverture de l'Assemblée générale, la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s'était dite disposée, dans une allocution télévisée en anglais sans sous-titres en birman, à organiser le retour des 421 000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh.
«Nous sommes prêts à commencer la vérification» des identités en vue d'un retour, avait-elle déclaré depuis Naypyidaw, la capitale birmane, sans préciser si les critères très restrictifs seraient assouplis.
Aung San Suu Kyi, très critiquée pour son silence et sa froideur depuis le début de la crise, a envoyé un message d'apaisement à la communauté internationale, exhortant à mettre fin aux divisions entre bouddhistes et musulmans.
«Nous sommes profondément désolés pour les souffrances de tous ceux qui se sont retrouvés pris au piège de ce conflit», a-t-elle dit, évoquant les Rohingyas ayant fui en masse au Bangladesh, mais aussi les bouddhistes ayant déserté leurs villages.
Mais elle n'est pas allée jusqu'à publiquement critiquer l'armée. Et si elle a promis de punir tous les abus, «encore faut-il que nous disposions de preuves solides», a-t-elle ajouté.