Le candidat à la mairie Jean-François Aubin

Aubin souhaite une Finale des Jeux du Québec à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Advenant son élection, le candidat à la mairie Jean-François Aubin souhaite soumettre la candidature de Trois-Rivières pour obtenir la Finale des Jeux du Québec d’été en 2024. Il avoue que la tenue des Jeux d’hiver en ce moment à Québec a relancé la discussion à ce sujet. Bien que M. Aubin souligne que la question ne soit pas nouvelle, il mentionne que les gens lui ont beaucoup parlé de cette possibilité au cours des différentes représentations qu’il a faites dans les derniers jours.

Dans son argumentaire, M. Aubin souligne notamment que la ville qui obtient l’événement provincial a accès à une aide spéciale pour la construction et la rénovation d’infrastructures sportives.  «Si on parle de l’ensemble des infrastructures, il va falloir faire un bilan et bien évaluer ça. Dans le cas plus précis de la piste d’athlétisme, je sais que la Ville est en discussion avec l’Université pour aller de l’avant avec l’aide du gouvernement du Québec pour pouvoir rénover. C’était déjà en discussion lorsque j’étais conseiller municipal avant les élections de 2017. Cette aide gouvernementale va être la bienvenue parce que ça va nous permettre de s’assurer qu’on a toutes les infrastructures sportives adéquates pour bien recevoir les jeux d’été. Ce qui est intéressant c’est que ces infrastructures-là demeurent et que c’est nos jeunes et nos équipes qui vont en profiter», mentionne M. Aubin. 

«Pour les jeux d’été de 2022, le gouvernement s’est engagé pour une aide allant jusqu’à 5 M$ pour la mise à jour et la construction d’infrastructures pour la ville qui va les recevoir, bien que l’appel d’offres ne soit pas encore lancé. Trois-Rivières aurait grandement besoin de ce 5 M$ justement pour remettre à jour certaines infrastructures davantage celles d’été que celles d’hiver. Donc profitons-en pour aller chercher cette aide gouvernementale et mettons à jour nos infrastructures d’été. Tout le monde va être gagnant là-dedans.» 

Il note également que la dernière présentation de la Finale des Jeux du Québec d’hiver remonte à 1999 et que les derniers jeux d’été ont été présentés en 1975. Bien qu’il ait arrêté son choix sur la compétition estivale, le candidat à la mairie n’est pas fermé à présenter les jeux d’hiver si l’option se révélait plus souhaitable. Cependant, il évoquait plusieurs arguments pour motiver son choix. «L’avantage c’est que, d’une part, les jeux d’été ça fait plus longtemps qu’on les a eus. De plus, il y a plus de monde qui participe aux jeux d’été et, dernier élément, je pense que, même si en hiver Trois-Rivières est une très belle ville, on a plus de possibilités de séduire les visiteurs en été. Dans ce sens-là, on fait d’une pierre deux coups.»

En plus des investissements qui pourraient découler d’une telle organisation, les retombées économiques sont aussi un facteur important dans l’équation que présente le candidat. «Tout dépendant du moment auquel les Jeux auraient lieu, ça pourrait prendre la continuité des activités du Grand Prix. On aurait le Grand Prix qui monopolise beaucoup et qui attire beaucoup de touristes. Les jeux d’été n’arriveraient pas longtemps après et on poursuivrait sur notre élan de recevoir des gens de l’extérieur. La deuxième partie du mois d’août est habituellement plus tranquille», mentionne M. Aubin qui prévoit des retombées importantes pour le milieu touristique, le milieu de l’hébergement et  le milieu de la restauration.

«De plus, c’est une bonne période pour utiliser les infrastructures scolaires puisque l’école n’est pas commencée. On a tout ce qu’il faut et on est capable d’offrir à tous les gens qui vont accompagner les athlètes la possibilité de prolonger ou de devancer leur séjour et donc de connaître ou de découvrir davantage Trois-Rivières et d’y prendre goût.» 

S’il sort victorieux de l’élection partielle du 5 mai, la préparation du dossier s’enclencherait dès l’automne prochain. 

JEUX DU QUÉBEC EN MAURICIE

1975    Trois-Rivières

1991    Centre-de-la-Mauricie

1999    Région de Trois-Rivières

2012    Shawinigan

«C’est peut-être un peu précipité»

Du côté d’Éric Lord, on préfère attendre avant de privilégier un projet particulier. «De dire tout de suite que c’est ce projet-là en telle année, pour moi, c’est peut-être un peu précipité et c’est pour pour ça que j’aimerais mieux qu’on se dote d’une vision plus large du tourisme sportif pour, ensuite, qu’on choisisse les bons projets pour Trois-Rivières.»

D’ailleurs, il souhaite prendre le temps de se familiariser avec une vision globale du tourisme sportif avant de lancer une campagne pour la tenue des Jeux du Québec. «Quand on aura le portrait, on fera des choix», lance-t-il. «Il faut d’abord se doter d’une vision du tourisme sportif et IDE va embaucher une personne-ressource qui va travailler au niveau du tourisme sportif, alors je pense qu’il faut faire une analyse de l’ensemble des opportunités et ensuite, dégager une piste.» 

Pour lui, l’apport financier du gouvernement qui vient avec la tenue des Jeux n’est pas un argument suffisant. «Il y a déjà des projets pour mettre à niveau ces équipements.» Bien qu’il ne penche, à ce moment-ci ni pour les jeux d’été ou les jeux d’hiver, il souligne tout de même que «le projet de colisée est extrêmement important et dans notre offre d’équipement on a cet atout majeur et c’est certain qu’il va falloir miser sur le colisée.»

«J’ai des bémols»

Jean Lamarche a aussi une opinion plus nuancée. «C’est sûr que les installations sportives de Trois-Rivières peuvent accueillir les compétitions de haut calibre dans une grande variété de sports à Trois-Rivières et on a une qualité de bénévoles compétents qui pourraient en faire partie», souligne-t-il dans un premier temps. «Par contre, où j’ai des bémols c’est, entre autres, de faire ça l’été à Trois-Rivières. L’offre touristique estivale est déjà bien garnie. Il faudrait s’assurer qu’un événement comme celui-là ne vient pas compromettre des propositions existantes.»

«L’autre point c’est que l’été on utilise beaucoup les bénévoles en place et je craindrais un essoufflement. Il en est de même pour les ressources humaines et matérielles de la Ville. C’est des choses qu’il faut considérer et je doute que ça ait été considéré avant cette annonce.»

«Les Jeux du Québec, c’est un projet de mobilisation. Il faut que ça parte des gens du milieu vers le haut et ensuite le politique le soutient. Ça demande trop de bras pour que ce soit une initiative politique qui soit mobilisatrice», expose M. Lamarche qui ne sent pas qu’on lui tire sur la manche pour organiser un tel événement.

Pour le candidat à la mairie, la personne embauchée par IDE pour assurer le développement du tourisme sportif sera aussi une ressource importante dans ce dossier. 

L’URLS y voit du positif

Le directeur général de L’Unité régional du loisir et du sport de la Mauricie, Jean-Marc Gauthier, voit du positif dans l’idée d’organiser les Jeux du Québec à Trois-Rivières à l’été 2024 par contre, il souligne que les choses doivent être faites de la bonne façon. «Tout événement qui vient encourager le sport amateur est bénéfique pour la communauté. En partant de ce principe, il faut être ouvert à l’étude d’un dossier comme celui-là. Maintenant, il faut regarder ça dans les stratégies globales de la Ville, parce qu’il ne faut pas faire un événement pour faire un événement. Il faut que ça ait des retombées à plusieurs égards notamment au niveau des organisations sportives parce que ça peut impliquer beaucoup de bénévolat alors il faut qu’il y ait un retour au niveau des équipements et du soutien aux clubs sportifs. Si on fait un événement comme ça, il faut penser avoir des impacts structurants pour l’avenir.»

Le financement est également un aspect important à considérer dans un tel projet. «Il faut que les gouvernements améliorent leur accompagnement financier. On a frais en tête les Jeux du Québec de Shawinigan qui remontent à 2012. Je sais que le soutien des gouvernements s’est amélioré depuis ce temps-là mais il faut que ça se maintienne. Si on veut toucher à des infrastructures majeures, il faut des bons dollars du gouvernement provincial.» 

Selon lui, les échéanciers proposés par Jean-François Aubin sont plausibles. «Il faut commencer à travailler ça trois ans d’avance donc avec horizon de cinq ans c’est totalement envisageable.»