Marc Lavertue, président du Syndicat régional des paramédics du Centre du Québec-CSN (à l’arrière) estime que les ambulanciers de Manseau au Centre-du-Québec sont oubliés dans le dossier des horaires à l’heure.

Au tour des ambulanciers de Manseau de se sentir «oubliés»

Manseau — «Depuis cinq ans, on nous dit qu’on est les prochains sur la liste afin de convertir les horaires de faction en horaires à l’heure, mais ce n’est toujours pas le cas».

Après les ambulanciers de La Tuque, voilà qu’une nouvelle voix s’élève dans le dossier du service ambulancier, mais cette fois-ci, ce sont les ambulanciers de Manseau, municipalité située dans la MRC de Bécancour, qui souhaitent lancer un cri du cœur.

Alors que des ambulanciers de La Tuque ont fait une sortie publique la semaine dernière afin d’exiger que les horaires de faction disparaissent au profit des horaires à l’heure, c’est dans le même état d’esprit que les ambulanciers de la municipalité de Manseau lancent la même sonnette d’alarme. «C’est l’incompréhension totale de notre côté, car on dépasse allégrement les chiffres mentionnés par le ministre qui est de 25 heures par semaine pour convertir les quarts de faction en quart de travail. À l’heure actuelle, on reçoit 15 appels par semaines d’une durée moyenne de trois heures chacune. On a l’impression que l’argent va souvent du côté de la Rive-Nord et que la Rive-Sud est oubliée», soutient le président du Syndicat régional des paramédics du Centre du Québec-CSN. Marc Lavertue.

Rappelons que les horaires de faction obligent les ambulanciers à être disponibles 24 heures par jour pendant sept jours consécutifs. Une situation que déplore
M. Lavertue, en raison du temps de réponse qui est, selon lui, considérable avant d’arriver sur les lieux d’un incident. «Ce n’est pas normal qu’on doive ajouter environ 30 minutes supplémentaires de délais avant d’arriver sur les lieux d’un accident par exemple. Ce sont les patients qui écopent dans tout ça. Par exemple, cette semaine, on a reçu un appel à la centrale à 5 h 32, mais je suis arrivé seulement à 5 h 58 sur les lieux puisque je devais partir de chez moi et aller chercher l’ambulance. Un délai de 28 minutes, ça n’a pas de bon sens alors qu’on aurait dû arriver en moins de 15 minutes. Heureusement, les blessures étaient mineures dans cet accident», précise-t-il.

Une situation qui semble être courante du côté de la municipalité de Manseau, selon les dires du principal intéressé. «Ce n’est pas rare qu’on arrive sur les lieux et que la remorqueuse et les policiers soient déjà sur place. On peut comparer la situation à celle racontée à Québec puisqu’à de nombreuses reprises, on arrive sur les lieux d’un arrêt cardiorespiratoire 10 minutes plus tard que prévu, ce qui fait en sorte qu’on ne peut pas «choquer» le patient avec le défibrillateur puisqu’il n’y a plus d’activité électrique dans le cœur. On doit alors faire un massage manuel pour réanimer la personne», précise-t-il.

À qui la faute?

Alors que les ambulanciers de Manseau attendent depuis presque cinq ans de voir la situation changer, Marc Lavertue en vient même à se demander si on ne leur a pas menti dans ce dossier.

«On est vraiment dans le néant actuellement. Après cinq ans à nous faire dire par le CIUSSS qu’on est les prochains sur la liste, j’en viens à me demander si c’est le gouvernement qui ne souhaite pas nous aider ou si on nous a tout simplement menti à ce sujet du côté du CIUSSS. […] Actuellement, je souhaite juste que le ministre Barrette mette les chiffres sur la table et examine correctement notre dossier», conclut le président du Syndicat régional des paramédics du Centre du Québec-CSN.