Le Métro Fournier devra déménager.

Attente du jugement de l'appel sur la pyrrhotite: «Ça devient lourd»

TROIS-RIVIÈRES — Les commerces et institutions de la région affectés par la pyrrhotite attendent avec impatience le résultat du jugement de l’appel.

Pour un, Alain Bellerive, propriétaire du Groupe immobilier Bel-Rive, se croise les doigts pour que cette affaire se règle au plus vite et ne soit par portée en Cour suprême. C’est que tous ses projets pour régler le problème qui affecte plus d’une demi-douzaine de ses bâtiments en location sont figés tant et aussi longtemps qu’il ne saura pas à quoi s’en tenir. «Tout va dépendre du jugement et de l’argent qu’il y aura sur la table», fait-il valoir. «C’est lourd à porter. J’ai hâte d’avoir des réponses», dit-il.

Son plus gros projet présentement, c’est la construction d’une nouvelle bâtisse pour accueillir l’épicerie Métro Fournier dont les fondations sont affectées par la pyrrhotite. Des terrains ont été achetés à proximité et les deux parties sont prêtes à construire un nouvel édifice pour loger le commerce, «mais il faut attendre le règlement», explique Simon Fournier, le directeur de l’épicerie.

Le commerce préfère s’installer dans une nouvelle bâtisse plutôt que de subir les travaux de réparation importants qu’il faudrait faire pour remplacer les fondations défectueuses. Simon Fournier explique qu’il en coûtera moins cher d’investir dans une construction que d’assumer des pertes de ventes durant les travaux.

Si le jugement en appel qui s’en vient permet de clore le dossier une fois pour toutes, le nouvel édifice de l’épicerie sera mis en chantier dès le printemps et devrait ouvrir ses portes six mois plus tard. Une seule semaine de fermeture serait nécessaire afin de procéder au déménagement.

L’entreprise veut en profiter pour moderniser ses installations. «Dans le domaine, il faut se renouveler aux sept ou huit ans», explique Simon Fournier en indiquant qu’on en profitera pour installer un tout nouveau système de réfrigération répondant aux plus récentes normes en matière d’environnement. Quant à l’édifice en problème, Alain Bellerive ne sait pas encore s’il le fera démolir ou rénover.

M. Bellerive indique qu’il n’y aura pas d’autres déménagements que celui-là parmi ses bâtisses affectées. Rappelons que parmi les bâtisses louées par le Groupe immobilier Bel-Rive, il y a de la pyrrhotite chez Pharmaprix, au restaurant Maman Fournier, chez Vidéotron du boulevard Thibeau, chez Buromax de la rue Corbeil et chez Hockey Expert du boulevard des Récollets.

De son côté, la Commission scolaire du Chemin-du-Roy est prête à faire les travaux de réparation dans la section affectée au Centre sportif Alphonse-Desjardins. «Nous attendons le feu vert de nos avocats qui sont en discussion avec les avocats de la partie défenderesse afin de nous permettre de faire les travaux avant le règlement du recours», indique la porte-parole, Anne-Marie Bellerose.

On se rappellera également que l’école Beau-Soleil du secteur Pointe-du-Lac avait un sérieux problème de pyrrhotite. La situation a été réglée lors des récents travaux d’agrandissement de l’édifice, indique Mme Bellerose.

Du côté de la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie, il n’a pas été possible de savoir où en était rendu ce dossier, toutefois, comme l’indique le jugement de 2014, les dommages ont été évalués à plus de 6,6 M $.

On sait que la pyrrhotite a également été trouvée dans plusieurs bâtiments de l’École nationale de police de Nicolet. Une poursuite de plus de 5 millions $ a été intentée en 2016 par l’ÉNPQ et la Société québécoise des infrastructures. Il n’a pas été possible de parler au service des communications de la SQI, mercredi, mais rappelons que l’agrandissement du palais de justice de Trois-Rivières fait également partie des édifices aux prises avec ce problème et gérés par la SQI. Dans son rapport annuel de gestion 2016-2017, l’ÉNPQ indique que présentement, «aucun bâtiment ne représente de risques sur le plan de la sécurité des usagers».

Du côté de l’UQTR, la pyrrhotite s’est retrouvée, rappelons-le, dans certaines zones du CAPS de même qu’au pavillon de la santé. Aux dernières nouvelles, la situation était toujours en observation, mais il n’a pas été possible de savoir, mercredi, si des poursuites ont été ou seront finalement intentées.

Du côté du CIUSSS-MCQ, la présence de pyrrhotite au Centre hospitalier du Centre-de-la-Mauricie n’a toujours pas causé de dommages à ce jour, indique la porte-parole, Caroline Paquin. L’édifice demeure sous surveillance, précise-t-elle.