Attentat de Vienne: l'assaillant est un «sympathisant» de l'EI originaire de Macédoine du Nord

AFP
Agence France-Presse
VIENNE - L'auteur de l'attentat qui a terrorisé Vienne dans la nuit et fait au moins quatre morts avant d'être tué par la police est un «sympathisant» du groupe jihadiste Etat islamique, originaire de Macédoine du Nord, ont annoncé mardi les autorités autrichiennes.

L'«attaque terroriste» selon le chancelier Sebastian Kurz s'est déroulée lundi soir en plein coeur de la capitale autrichienne, près d'une importante synagogue et de l'Opéra.

L'auteur de l'attentat avait été condamné en 2019 pour avoir tenté de rejoindre la Syrie, a annoncé le ministre autrichien de l'Intérieur.

Agé de 20 ans, il était originaire de Macédoine du Nord et aussi détenteur de la nationalité autrichienne, a précisé Karl Nehammer à l'agence de presse APA.

Présenté par le ministre comme un «sympathisant» du groupe Etat islamique (EI), il a été tué par la police après avoir fait feu sur des passants. Les enquêteurs sont à la recherche de possibles autres suspects qui auraient participé à l'attentat.

Environ 150 ressortissants de Macédoine du Nord ont rejoint, entre 2012 et 2016, les rangs des islamistes pour combattre en Irak et en Syrie. Ils ont pour la plupart été recrutés au sein de la minorité albanaise musulmane de ce pays en majorité slave orthodoxe.

Le gouvernement autrichien avait indiqué qu'un assaillant, armé d'un fusil d'assaut et d'une ceinture d'explosifs factice, avait été tué par la police. Il s'agit d'"un sympathisant" de l'EI, selon les indices recueillis dans son logement, a-t-il précisé.

Hélicoptères et cordons de police, la ville a été bouclée pour retrouver d'éventuels autres suspects. Les enquêteurs tentent de déterminer s'il est possible qu'il n'y en ait eu qu'un seul, alors que les tirs ont eu lieu en différents endroits.

Les tirs ont éclaté en début de soirée, à quelques heures de l'entrée en vigueur d'un reconfinement de l'Autriche pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

Au moins 50 coups de feu

Des témoins interrogés à la télévision ont raconté avoir vu un homme tirer «comme un fou» avec une arme automatique, un autre faisant état d'"au moins 50 coups de feu».

La stupeur s'est aussitôt installée dans les restaurants et les bars du quartier, où les clients ont été priés de rester à l'intérieur, lumières éteintes, pendant que les sirènes des ambulances hurlaient à l'extérieur.

Selon le ministère de l'Intérieur, deux hommes et deux femmes ont été tuées dans l'attaque.

Une quinzaine de personnes ont été hospitalisées, dont sept dans un état grave.

Des policiers et des soldats ont été mobilisés pour protéger les bâtiments importants de la capitale, et les enfants ont été dispensés d'école mardi.

«Nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme et nous combattrons ces attaques avec tous nos moyens», a affirmé le chancelier Kurz, fustigeant une attaque «répugnante».

Cet attentat, dans une ville où la criminalité est habituellement très faible, intervient dans un climat très tendu en Europe.

En France, trois personnes ont été tuées jeudi dans une attaque au couteau à la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption de Nice (sud-est) par un jeune Tunisien récemment arrivé en Europe.

Quelques jours auparavant, la décapitation de Samuel Paty, professeur d'histoire qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans un cours sur la liberté d'expression, avait choqué en France et au-delà.

L'Autriche avait été jusqu'ici été relativement épargnée par la vague d'attentats islamistes survenue en Europe ces dernières années.

En mars 2018, un jeune homme, sympathisant islamiste selon la police, avait attaqué au couteau un membre des forces de l'ordre devant l'ambassade d'Iran à Vienne avant d'être abattu.

En juin 2017, un homme né en Tunisie avait tué un couple âgé à Linz. Il avait déclaré avoir voulu faire un exemple car il se sentait discriminé en tant qu'étranger et musulman.