Attentat de Québec: incompréhension et solidarité

Le drame qui s'est produit dimanche soir à la grande mosquée de Sainte-Foy a ébranlé tout le Québec. Signe que ce triste événement a vraiment fait mal aux Québécois, des rassemblements de solidarité ont été rapidement organisés aux quatre coins de la province lundi, notamment à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) ainsi qu'au parc Champlain de Trois-Rivières.
La vigile qui s'est déroulée en fin de journée sur le campus de l'UQTR a notamment attiré près de 200 personnes. Étudiants, membres du personnel, citoyens n'ayant aucun lien avec la maison d'enseignement ainsi que plusieurs élus y étaient afin de démontrer qu'ils étaient de tout coeur avec les personnes touchées de près ou de loin par cette terrible tragédie. 
Samer Fneiche fait partie des personnes qui ont bravé le froid pour l'occasion. D'origine libanaise et de confession musulmane, il est étudiant à l'UQTR. Selon lui, un attentat comme celui de Québec était prévisible, et ce, en raison de la montée de la haine qu'entretiennent envers les musulmans certains groupes marginaux.
«Ça m'a grandement choqué. Mais on s'attendait à ce que ça arrive tôt ou tard. Ça fait quelques années que l'on voit des groupes de droite apparaître au Québec. On les dénonçait, mais [les autorités] faisaient la sourde oreille. Elles ignoraient le problème, et ç'a éclaté. Je trouve ça très dommage», a-t-il mentionné avant d'ajouter que les initiatives comme les vigiles constituent un pas dans la bonne direction afin de régler cet inquiétant problème.
«Il faut être ferme face à ça. Il faut le reconnaître comme un vrai problème dans la société, car ça existe. Dans les prochaines démarches à entreprendre, il faut notamment que l'Observatoire sur la radicalisation [et l'extrémiste violent] soit également concerné par les groupes de droite. Ils sont, eux aussi, une menace pour la société», a-t-il poursuivi.
Pour sa part, Ferdinande Vigeant s'est dite troublée par les événements qui sont survenus dans la Vieille Capitale.
«C'est vraiment rendu chez nous. Il faut se réveiller», a-t-elle confié.
Avec la ministre Julie Boulet en tête, tous les députés libéraux représentant les circonscriptions de la région à l'Assemblée nationale étaient présents. Le député de Saint-Maurice-Champlain à la Chambre des communes et nouveau ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, s'était aussi déplacé pour l'occasion. Il a également pris part à l'autre rassemblement qui s'est déroulé un peu plus tard au parc Champlain.
«Une attaque contre une communauté, c'est une attaque contre chacun d'entre nous. Il faut alors s'unir pour défendre nos valeurs de liberté et d'unité. Nous sommes un pays ouvert et c'est pour ça que les gens viennent chez nous. Ce qu'on entend dans les témoignages aujourd'hui, c'est que les gens ont besoin d'amour. Et il faut travailler ensemble pour combattre toutes les formes de radicalisation», a-t-il affirmé quelques instants après la vigile.
Tout comme les organisateurs du rassemblement ainsi que quelques autres personnes qui tenaient à partager leurs états d'âme, le recteur de l'UQTR, Daniel McMahon, a pris la parole devant la foule présente.
«L'humanité véritable s'efforce de vivre dans l'harmonie, dans le respect des différences de nos semblables, qui sont tous et toutes, à leur manière, un peu différents. Et nous avons droit à cette différence. Elle est notre plus grande richesse. [...] Plus que jamais, il nous faut resserrer nos liens pour nous comprendre et nous apprécier mutuellement dans un esprit d'ouverture. Il faut accepter que nos différences nous unissent», a-t-il déclaré avant de demander à la foule de respecter un moment de silence.
Parc Champlain
Plusieurs dizaines de personnes se sont réunies un peu plus tard au parc Champlain avec le même objectif, soit de se recueillir un instant à la mémoire des disparus.
Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, l'évêque du diocèse de Trois-Rivières; Mgr Luc Bouchard ainsi que le conseiller municipal et candidat confirmé à la mairie de Trois-Rivières pour les prochaines élections municipales, Jean-François Aubin; étaient au nombre des participants. L'auteure et Trifluvienne d'adoption Djemila Benhabib était aussi présente.
«Malgré la tristesse qui habite mon être aujourd'hui, [...] j'ai encore envie de continuer de rêver à une société plus juste et plus ouverte ainsi qu'à un monde où règne l'amour et qui n'est plus entaché par la violence, la barbarie et le rejet», a-t-elle soutenu.