La jeune Raphaëlle a participé au premier camp d'été de réadaptation pour les enfants atteints d'hémiparésie de Trois-Rivières. Sur la photo: Raphaëlle Plamondon, entourée de ses parents, Sylvie Minville et Jeannot Plamondon, de son frère Hugo et de sa soeur Charlotte.

Atteinte d'hémiparésie, Raphaëlle ne se laisse pas abattre

À première vue, Raphaëlle Plamondon, 6 ans ressemble à toutes les petites filles de son âge. Toujours enjouée et active, rien ne pourrait laisser croire que la jeune fille âgée de 6 ans est atteinte d'hémiparésie depuis sa naissance.
Alors que la famille Plamondon attendait son troisième enfant, Sylvie Minville et Jeannot Plamondon étaient loin de s'imaginer que l'arrivée de leur petite Raphaëlle allait être précipitée. En effet, moins d'un mois avant la naissance prévue de Raphaëlle, le destin en a voulu autrement. C'est donc à la suite d'un accident vasculaire cérébral (AVC) intra-utérin que la petite a rapidement vu le jour. 
Dès sa naissance, le diagnostic tombe. Raphaëlle est atteinte d'hémiparésie. Une maladie peu connue de plusieurs, mais qui entraîne de nombreuses limitations physiques.
Cette maladie qui touche un enfant sur 1000 est une atteinte motrice qui affecte un côté du corps dû à une lésion des centres nerveux qui commandent les mouvements. Pour la jeune Raphaëlle, c'est principalement sa main gauche qui en est affectée. 
Loin de se laisser abattre par le diagnostic, Sylvie Minville et Jeannot Plamondon ont fait le choix d'aller de l'avant avec Raphaëlle. «Nous quand on a eu le diagnostic, on s'est dit, on va l'élever comme nos deux autres enfants pour qu'elle puisse développer son potentiel par elle-même», souligne Sylvie Minville.
Une première expérience en camp d'été
Cet été, les parents de la jeune Raphaëlle ont pu bénéficier d'une nouvelle ressource mise à leur disposition par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ). En effet, un premier camp d'été de réadaptation pour les enfants atteints d'hémiparésie a été inauguré cet été, au Centre de réadaptation en déficience physique Jacques-de-Labadie à Trois-Rivières.
Cette option qui s'offrait à leur fille, Sylvie et Jeannot en ont entendu parler par des employés du centre de réadaptation en déficience physique Interval. «Je trouvais que le projet du camp était une bonne idée pour Raphaëlle puisque la contention, on en avait déjà entendu parler, mais elle était trop jeune, donc cet été, c'était le moment», mentionne Mme Minville.
Le projet initié par l'équipe du programme déficience intellectuelle, trouble du spectre de l'autisme et déficience physique (DI-TSA-DP) du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec a ainsi permis à deux enfants de 6 et 7 ans et deux adolescents de 13 ans de Trois-Rivières et de Shawinigan de vivre l'expérience pendant trois semaines, à raison de quatre jours par semaine. 
Pour permettre aux enfants de poursuivre leur réadaptation tout en s'amusant, une physiothérapeute et une ergothérapeute présentes sur place ont utilisé la thérapie intensive de contrainte du membre supérieur sain pour soutenir leurs interventions. Cette dernière consiste à immobiliser à l'aide d'une attelle le membre supérieur sain en vue de favoriser l'utilisation du membre atteint, ce qui permet de renforcer et d'améliorer la fonction motrice de l'enfant atteint d'hémiparésie par le biais d'activités fines comme le bricolage, des activités de cuisine et d'étirement grâce au yoga.
«On avait déjà expérimenté cette technique de manière individuelle, et elle s'était avérée très efficace, mais en mettant sur pied ce camp d'été, on a permis aux jeunes atteints de la même maladie de se rencontrer et de s'encourager à persévérer», mentionne Éric Bellefeuille, chef des services spécifiques et spécialisés 0-7 ans (DI-TSA-DP) du CIUSSS-MCQ.
Bien que le camp d'été n'est que d'une durée de trois semaines, Sylvie Minville et Jeannot Plamondon voient déjà les résultats positifs chez leur fille et sont satisfaits de l'expérience vécue.« Le camp d'été a permis à Raphaëlle de prendre conscience qu'elle est capable d'ouvrir sa main et de s'en servir, ce qu'elle ne faisait pas avant. Maintenant elle chercher de plus en plus à l'utiliser. On voit vraiment une différence depuis», avoue la mère.
Puisque la thérapie intensive prévoit une immobilisation du membre sain de 50 à 60 heures, les parents devaient poursuivre le travail à la maison. Un travail qui n'a toutefois pas de tout repos pour la jeune Raphaëlle. «C'était plus difficile à la maison, car ça ne lui tentait pas toujours quand je lui demandais de mettre le harnais, chose qu'elle ne faisait pas au camp. À la maison, ça demandait plus de motivation avec une récompense après l'activité puisqu'elle n'avait pas l'effet d'encouragement du groupe», précise Mme Minville.
Si tout se déroule comme prévu, le CIUSS-MCQ devrait offrir une deuxième édition du camp d'été de réadaptation.
«On souhaite évidemment que le projet revienne l'an prochain et on aimerait aussi augmenter le nombre de jeunes qui pourrait y participer. Pour l'instant, on rêve de doubler le nombre de participants», précise Éric Bellefeuille du CIUSSS-MCQ. 
La famille Plamondon a d'ailleurs déjà démontré son intérêt pour inscrire leur fille au camp d'été l'an prochain.