De nombreux citoyens ont assisté à la séance du conseil municipal de Saint-Barnabé, lundi soir.

Attaques en règle des citoyens contre le maire à Saint-Barnabé

SAINT-BARNABÉ — La séance du conseil municipal de Saint-Barnabé s’est déroulée de manière plus paisible lundi soir que lors de celle du 4 novembre dernier. Les citoyens ont toutefois vivement critiqué le maire Michel Lemay, qui était absent. Ils lui ont notamment reproché les propos qu’il a tenus envers les femmes le 4 novembre et sa gestion de l’octroi du contrat de déneigement de la municipalité.

Le conseiller Jimmy Gélinas a demandé à ce que le directeur général de la municipalité, Denis Gélinas, fasse appliquer le code d’éthique des élus de la municipalité, jugeant que le maire Lemay ne l’a pas respecté. «Le code d’éthique indique qu’un élu doit faire preuve de respect envers les autres membres. À la lumière de la lecture que j’en ai faite, j’en comprends que le maire a manqué au code. J’aimerais savoir quelle sanction doit s’appliquer, une réprimande ou une suspension, sachant que (ces manquements), c’est arrivé plusieurs fois», a-t-il affirmé.

La résolution a été adoptée à l’unanimité par le conseil municipal. La conseillère Geneviève St-Louis s’est pour sa part abstenue, ce qu’elle pouvait faire exceptionnellement puisqu’elle agissait à titre de mairesse suppléante.

Lors de la période de questions, des citoyens ont demandé les recours possibles contre le maire s’ils estiment qu’il les représente mal. Certains d’entre eux ont affirmé avoir été intimidés, directement ou par personne interposée, par M. Lemay. Mme St-Louis a indiqué ignorer les démarches qui peuvent être entreprises. Une citoyenne a par ailleurs demandé aux trois femmes qui siègent au conseil si elles endossaient ou non les paroles tenues envers les femmes par M. Lemay. Celui-ci avait laissé entendre, le 4 novembre, que certains élus regrettaient d’avoir approuvé l’octroi du contrat de déneigement parce qu’ils «n’étaient pas dans leur assiette», ou qu’ils «étaient dans leur période (sic.)». Des trois conseillères, seule Stéphanie Rivard a répondu qu’elle n’approuvait pas ces paroles, ses deux autres collègues indiquant qu’elles préféraient ne pas répondre.

Des citoyens ont par ailleurs demandé aux conseillers de se tenir debout face au maire. Certains les ont également remerciés d’avoir agi devant les derniers événements qui se sont produits dans la municipalité.

Mme St-Louis a par ailleurs affirmé être très heureuse de constater que la salle du conseil était pleine, lundi soir. Elle a invité les citoyens à revenir en aussi grand nombre à la prochaine séance, le 12 janvier 2020, pour adresser leur message directement au maire. Celui-ci était absent puisqu’il est en vacances, qu’il avait planifiées en octobre dernier, soit avant d’être mis dans l’eau chaude.

Les trois femmes qui siègent au conseil municipal se sont fait demander par une citoyenne si elles endossaient les propos tenus envers les femmes par le maire Michel Lemay. De gauche à droite: Geneviève St-Louis, mairesse suppléante, Stéphanie RIvard et Louise Lamy.

Déneigement

Sans surprise, le sujet du contrat de déneigement de la municipalité a été abordé à plusieurs reprises. Lors de la lecture des correspondances reçues par la municipalité, on a pu apprendre que l’Autorité des marchés publics se penchera sur la façon dont l’appel d’offres pour ce contrat sera fait. Rappelons que le conseil municipal avait voté, à six contre un, pour l’octroi de ce contrat à la ferme Fréchette et fils, le 15 octobre dernier, pour un montant de plus de 160 000 $. Le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation a toutefois exigé que la municipalité retourne en appels d’offres sur invitation, avec un minimum de trois soumissionnaires.

La mairesse suppléante a indiqué que l’ouverture des enveloppes de soumissions se fera le 12 décembre. Elle promet par ailleurs qu’il y aura plus que trois soumissionnaires.

Des citoyens ont cependant mis en doute la nécessité d’avoir recours à une firme d’avocats pour faire la rédaction de cet appel d’offres. «Ça me parait être une dépense qui n’est pas nécessaire, parce que le directeur général est censé être capable de faire ça», a lancé Paule Jacques, ancienne conseillère et candidate à la mairie. La mairesse suppléante a répondu que le directeur général, dépité par la réponse de Québec, a exprimé son souhait de ne pas rédiger les critères de ce nouvel appel d’offres. Une majorité de conseillers a alors voté pour que cette tâche soit confiée à un avocat.

«De cette manière, s‘il y a des problèmes avec l’appel d’offres, ce n’est pas nous, les conseillers, qui allons être responsables, mais les avocats», a ajouté Mme St-Louis.

Le conseil municipal a indiqué ne pas savoir à combien s’élèveraient les frais de cette firme. Un montant sera d’ailleurs alloué aux frais juridiques dans le prochain budget de la municipalité, qui doit être adopté le 17 décembre. Mme St-Louis a ajouté que d’autres frais d’avocats pourraient être réclamés par des élus, puisque la Commission municipale du Québec a décidé de se pencher sur l’aspect éthique de ce dossier.

«Il fallait mettre un montant pour la Commission, parce que les conseillers et les maires ont le droit de se faire payer un avocat par la municipalité. Donc oui, ça va être vous qui allez payer avec vos taxes», a-t-elle reconnu.

Des citoyens ont aussi critiqué les coûts de l’entente conclue avec la ferme Fréchette, qui assure le déneigement des rues de la municipalité en attendant l’octroi du contrat. La municipalité doit payer plus de 28 000 $ à l’entreprise, qui facture ses services à l’heure, depuis le début de l’hiver. Cette facture ne comprend toutefois pas les coûts liés à la dernière bordée de neige tombée la semaine dernière.