Le maire de Shawinigan, Michel Angers.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Attaque de chien: sursis pour un animal de Shawinigan

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Les élus de Shawinigan ont repoussé lundi lors d’une séance extraordinaire du conseil municipal la décision sur le sort du chien Julius qui a attaqué un enfant alors qu’il jouait lui infligeant de graves morsures à la jambe. Alors qu’elle demande des précisions sur le rapport d’évaluation du chien par la Société protectrice des animaux de la Mauricie (SPAM), la Ville a donc prolongé la période de délibération concernant ce chien.

«Nous avons eu le rapport [d’évaluation comportementale] de la SPAM qui faisait état d’un potentiel de dangerosité pour le chien. Et le même rapport a été envoyé à la propriétaire du chien, mais avec un paragraphe en moins. Il s’agissait en quelque sorte de notre recommandation», explique le maire de Shawinigan Michel Angers qui ne cache pas sa «grande surprise» devant ces deux versions du même rapport.

«La propriétaire du chien peut difficilement faire ses observations en n’ayant pas eu le même rapport que nous. On se pose des questions. Comment se fait-il que le rapport n’était pas le même.»

Devant cette situation, la Ville de Shawinigan a donc décidé, lors de la séance extraordinaire du conseil municipal tenue lundi à 17h, de surseoir à la décision concernant le chien Julius, le temps que tous les partis impliqués puissent prendre connaissance de l’ensemble du rapport de la SPAM. Une décision devrait toutefois être prise lors de la prochaine assemblée publique du conseil municipal, le 15 septembre prochain. Cela pourrait aller jusqu’à l’euthanasie de l’animal.

«Je vais très certainement questionner la direction de la SPAM. Comment se fait-il que le ou la vétérinaire ait envoyé un rapport différent à l’un et à l’autre», note le maire de Shawinigan.

Considérant l’heure de l’assemblée, il a été impossible lundi soir d’obtenir la réaction de la SPAM.

Des décisions difficiles pour des élus

Depuis que Québec a adopté des règles plus strictes concernant les chiens dangereux, c’est la deuxième fois que la Ville de Shawinigan doit prendre une décision sur un animal.

Rappelons qu’en mai dernier, le pitbull Bloody avait été euthanasié après avoir attaqué mortellement un yorkshire miniature le 25 avril dernier. Le conseil municipal s’était basé sur deux rapports de vétérinaires pour prendre sa décision. Les élus jugeaient qu’il représentait un risque trop élevé pour la population.

Au moment de l’euthanasie de Bloody, pas moins de 22 chiens avaient des conditions de garde particulières en raison d’incidents.

Le maire de Shawinigan estime que les élus municipaux du Québec n’ont pas nécessairement les compétences requises pour statuer sur l’état comportemental d’un chien.

«Je suis toujours inconfortable, parce que nous ne sommes pas des experts, des vétérinaires», mentionne le maire de Shawinigan qui n’hésite pas à dire que le gouvernement a mis la gestion du règlement sur les chiens dangereux «dans les pattes» des municipalités.

«Nous basons nos décisions sur des recommandations des experts. Mais, lorsque nous avons un rapport d’un vétérinaire, c’est mi-figue mi-raisin. Qui sommes-nous comme conseil municipal pour prendre une décision technique et de spécialité, alors que nous ne sommes pas des spécialistes?», demande le maire Michel Angers.

«Il ne devrait jamais avoir d’ambiguïté. On devrait nous dire oui ou non, en ce qui concerne l’euthanasie d’un chien dangereux.»