Les assemblées publiques du conseil municipal de Shawinigan se dérouleront dorénavant avec la discrète présence d’un agent de sécurité dans le fond de la salle.

Assemblées publiques du conseil municipal de Shawinigan: le même règlement... avec un agent de sécurité

Shawinigan — La clé pour assurer le bon déroulement des assemblées publiques du conseil municipal de Shawinigan se trouvait-elle dans le simple changement d’horaire d’un employé du Service du greffe et des affaires juridiques? Le temps le dira, mais disons que le resserrement de la période de questions et la discrète présence d’un agent de sécurité, au fond de la salle, ont complètement changé la dynamique de la réunion de mardi soir.

Il faut dire que l’ordre du jour était plus mince que d’habitude, avec seulement 16 résolutions à adopter. Dans les séances un peu plus costaudes, on en compte jusqu’à une quarantaine. La période de questions n’a duré que 22 minutes. Depuis que Michel Angers agit à titre de maire, cet exercice excède pratiquement toujours la durée réglementaire de 30 minutes. Le début d’un temps nouveau?

La présence de l’agent de sécurité n’est pas passée inaperçue. Quand le maire a ouvert la période de questions sur les points à l’ordre du jour, personne ne s’est levé pour s’approcher du micro. «On a peur de l’agent de sécurité!», a lancé un citoyen. Le reste de la période de questions, sur des sujets plus généraux, s’est déroulé rondement, dans l’ordre.

M. Angers avait annoncé, le mois dernier, qu’il fallait resserrer les règles en assemblée publique. Il prévoyait adopter un code d’éthique engageant les participants à la période de questions. Finalement, une lecture attentive du règlement qui régit cette portion de l’assemblée démontrait qu’il suffisait simplement de faire respecter son libellé, adopté en 2005. Une copie était jointe à l’ordre du jour, mardi soir.

«Nous n’avons absolument rien changé», reconnaît le maire. «On va appliquer le règlement qui était là au cours des 14 dernières années.»

Normand Leclair a voulu savoir combien coûtait aux contribuables la présence d’un agent de sécurité dans la salle. Réponse: rien de plus, puisqu’il s’agira simplement d’un réaménagement d’horaire lors des soirées de séance publique. Pour le moment, le conseil municipal prévoit la présence de cet agent tous les mois.

«L’objectif poursuivi est de nous assurer que l’ordre sera toujours respecté», explique le maire. «À 95 % du temps, ça l’est. Mais on observait de plus en plus de débordements. Si je resserre cette politique, comme les citoyens nous le demandent, ça veut dire qu’on ne tolérera plus ces débordements. Ceux qui ne se conformeront pas seront invités à quitter.»

M. Angers ne parvient pas spontanément à identifier un épisode qui aurait justifié l’expulsion d’un citoyen si un agent de sécurité avait été présent. Dans des discussions avec ses homologues à travers le Québec, il a toutefois constaté que cette présence favorisait un plus grand respect du décorum.

«On va s’assurer que tout le monde puisse poser leurs questions, sans risquer d’être pris dans un tourbillon où les mêmes individus prennent dix, douze, quinze minutes, sans poser de questions, en formulant des commentaires désobligeants envers moi, des conseillers, du personnel... Tout ça, c’est terminé», insiste M. Angers.