De gauche à droite: Yves Blanchette (directeur de la division génie), Alain Gravel (directeur du Service des finances), Yves Vincent (directeur général), Michel Angers (maire) et Martin Asselin (conseiller du district des Boisés).

Assainissement des eaux usées et aqueduc autour du lac à la Tortue: une facture beaucoup plus salée que prévu

SHAWINIGAN — Les bénéficiaires du nouveau réseau d’égout et d’aqueduc autour du lac à la Tortue percevront concrètement les impacts de cet investissement sur leur prochain compte de taxes. Une facture beaucoup plus salée que prévu.

Cette année, ces propriétaires avaient vu apparaître des montants de 197,25 $ pour les égouts et 83,30 $ pour l’aqueduc sur leur compte de taxes. En 2020, cette facturation atteindra son apogée. Les 986 propriétés branchées au nouveau réseau d’égout devront payer 800,68 $. Sur ce nombre, 368 devront ajouter 374,58 $ pour l’aqueduc, pour un total de 1175,26 $.

Pour mettre les choses en perspective, M. Angers fait remarquer que la taxe d’amélioration locale moyenne à Shawinigan se situe à 2290 $. La différence s’explique par l’aide financière obtenue dans le cadre du généreux Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées.

En juin 2017 à Espace Shawinigan, la Ville avait présenté un scénario beaucoup moins onéreux à la population. À ce moment, le coût annuel par propriété était estimé à 455 $ pour le réseau d’égout et à 630 $ pour ceux qui bénéficieraient des deux services. Par contre, le coût du projet était alors établi à 43 millions $. La dernière estimation se chiffre plutôt à 52,5 millions $.

La Ville de Shawinigan doit composer avec une équation mortelle dans ce dossier. Non seulement les coûts du projet ont-ils augmenté, mais en plus, l’aide financière promise a diminué.

Le 27 janvier 2017, les ministres François-Philippe Champagne et Julie Boulet s’étaient présentés à l’hôtel de ville de Shawinigan pour résumer les investissements confirmés dans le cadre du Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées. Ce programme prévoyait qu’Ottawa et Québec absorberaient 83 % du coût des projets admissibles. Pour les égouts et l’aqueduc autour du lac à la Tortue, cela signifiait une aide financière de 35,7 millions $ sur un projet alors évalué à 43 millions $.

Par contre, Allen entrepreneur général a déposé une offre si basse pour obtenir le mandat de ce chantier que les coûts ont été révisés à la baisse, à 40,8 millions $. Sur cette base, la Ville a accepté de raccorder plus de propriétés au nouveau réseau. Plus tard, l’aide financière a été réduite à 33,9 millions $, soustrayant ainsi 1,8 million $ à l’annonce de janvier 2017.

Tous les frais supplémentaires sont absorbés par Shawinigan et Hérouxville. En deux ans et demi, la contribution des municipalités est ainsi passée de 6,9 millions $ à 15,8 millions $. La Ville de Shawinigan doit absorber 83 % de ces dépassements de coûts et Hérouxville, 17 %. Compte tenu de cette charge, M. Angers assure que des représentations seront faites au gouvernement du Québec pour au moins pouvoir obtenir l’intégralité de l’aide financière annoncée en janvier 2017.

Les montants supplémentaires que devront débourser les deux municipalités s’expliquent principalement par des travaux imprévus et des frais de financement temporaires non admissibles. Par ailleurs, sur le total de 52,5 millions $, un montant de 2,8 millions $ est inclus pour des travaux d’amélioration sur le réseau existant. Cette portion apparaîtra sur la taxe foncière générale.

Autre portrait

Lors de la présentation en 2017, le coût total par unité avait été estimé à 6800 $ pour le réseau d’égout et à 9400 $ pour ceux qui bénéficieront aussi d’un nouveau service d’aqueduc. Les frais d’intérêt n’étaient toutefois pas considérés à ce moment. En établissant la même comparaison aujourd’hui, la Ville de Shawinigan précise que le montant de 9400 $ de 2017 équivaut à 13 100 $.

Par contre, en ajoutant les frais de financement sur 20 ans sur la base des données actuelles, les propriétaires touchés doivent prévoir un déboursement de 23 500 $ pour les deux services sur une période de 20 ans, ou 16 000 $ pour ceux qui ne seront branchés que sur le nouveau réseau d’égout.

Il s’agit de montants maximaux. En effet, la Ville souhaite toujours récupérer des sommes à la suite des nombreuses directives de changement imposées par Allen entrepreneur général et la firme Pluritec. L’issue de ces négociations demeure toutefois inconnue, mais des discussions sont engagées.

Un règlement favorable fera diminuer cette taxe d’amélioration locale. L’ajout de nouvelles unités et la variation des taux d’intérêt lors des refinancements
pourraient également influencer la facture.

Et quand les citoyens pourront-ils utiliser ce merveilleux réseau? «Très bientôt», se limite à dire le maire, qui assure toutefois que la mécanique fonctionne. Il ne reste que des tests de télémétrie à compléter avant le grand jour.