Les travaux d’assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue entraînent de nombreux inconvénients pour les résidents. Il n’est pas garanti que l’asphaltage de ce vaste chantier sera complété en 2018.

Asphaltage: pas garanti pour 2018

SHAWINIGAN — Les résidents du secteur Lac-à-la-Tortue continuent à vivre avec les inconvénients de l’important chantier pour l’implantation d’un réseau d’égout et d’aqueduc. Or, bien que toutes les résidences devraient être branchées d’ici la fin de l’automne, le maire de Shawinigan, Michel Angers, émet une petite réserve en ce qui concerne les travaux d’asphaltage.

Les citoyens ont pris leur mal en patience cet été, en tolérant les détours imposés, la poussière, les interruptions en alimentation en eau potable et la cohabitation avec la machinerie lourde. Ils commencent à voir la lumière au bout du tunnel, mais lors de la dernière séance publique, le maire a reconnu que la question du pavage ne serait peut-être pas scellée en 2018.

«En théorie, les travaux devraient être terminés cette année», explique M. Angers. «Toutefois, vous avez vu que le prix de l’asphalte a explosé et surtout, l’approvisionnement est de plus en plus difficile. L’entrepreneur nous a avisés que dans ce contexte, il y aura des coûts supplémentaires si les prix restent à ce niveau. En ce moment, il ne sait pas encore s’il pourra faire les quelque 20 kilomètres avec l’approvisionnement disponible.»

«Est-ce qu’une partie seulement sera faite, est-ce que ce sera la totalité?», s’interroge le maire. «Vous vous rappelez de l’horreur du boulevard des Hêtres: nous avions fait de l’asphalte en plein gel et ça a donné un travail désastreux, qu’il a fallu reprendre l’année suivante à nos frais. On va donc s’assurer de faire une bonne gestion. Au prix que ça coûte, on veut de l’asphalte de qualité. C’est la dernière étape et on va s’assurer que ce soit fait de la bonne façon.»

Lors de la même séance publique, Roger Langevin a expliqué le quotidien de son quartier au conseil municipal, en souhaitant que l’entrepreneur puisse l’accommoder en prévoyant un passage sur l’avenue du Tour-du-Lac devant le camping Otamac, au moins pour les fins de semaine. Depuis le début de l’été, ces résidents doivent passer par Hérouxville pour atteindre la route de Lac-à-la-Tortue.

«Depuis deux mois et demi, on fait dix à quinze kilomètres de plus pour aller travailler ou faire nos commissions», raconte-t-il. «Nos salaires n’ont pas augmenté! Ça nous coûte un plein ou deux d’essence de plus par mois. Lors des vacances de la construction, j’ai rencontré Allen (entrepreneur général) pour lui demander de nous laisser passer au camping Otamac. De plus, dernièrement, ils ont été une fin de semaine complète sans mettre d’eau (en guise d’abat-poussière). Nous sommes allés nous plaindre et à partir de là, ils ont recommencé à en mettre.»

«On ne demande pas de passer par Otamac à tous les jours, mais au moins la fin de semaine», insiste M. Langevin. «On est tannés. Personnellement, je serai l’une des dernières maisons branchées. J’en ai donc encore pour un mois et demi.»

Le directeur général, Gaétan Béchard, rappelle que tout dépend évidemment des opérations en cours. «Mais on peut lui rappeler d’essayer de laisser une voie ouverte, parce qu’on sait que ça cause des détours assez longs.»

M. Angers reconnaît également que l’entrepreneur doit être rappelé à l’ordre régulièrement pour l’épandage régulier d’abat-poussière, fins de semaine incluses. «Vous n’êtes pas le premier qui nous le mentionne», soupire le maire.

Nouveau contrat
Par ailleurs, le conseil municipal a profité de cette séance pour accorder un contrat pour la fourniture des services professionnels en ingénierie pour le contrôle qualitatif des matériaux à SNC-Lavalin GEM Québec, pour un montant de 334 548 $. Robert Houle s’est étonné que pareil mandat soit accordé à quelques mois de la fin des travaux.

«C’est la firme Englobe qui avait ce contrat», a rappelé le maire. «Elle nous avait demandé des extras de 350 000 $ environ pour continuer. Le conseil municipal a refusé.»

Au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, on avait avisé la Ville de Shawinigan que ce surplus ne serait pas couvert par l’aide financière, ce qui aurait permis d’éponger ces coûts à 83 %. «Nous avons décidé de retourner en appel de propositions», ajoute M. Angers. «De cette façon, le ministère nous remboursera 83 % de ce montant.»

M. Houle a également voulu obtenir des explications au sujet de l’emprunt de 550 000 $ adopté en séance spéciale, le 23 juillet, pour la correction des profils de rues autour du lac, toujours dans le cadre des mêmes travaux.

«J’ai rencontré les firmes pour leur mentionner que ce n’était pas la faute de la Ville de Shawinigan si on faisait une mauvaise conception ou une mauvaise construction», dénonce le maire. «Il faudra tirer ça au clair. En attendant, pour que les travaux se fassent, la Ville doit avancer ces montants. Par la suite, nous ferons les réclamations nécessaires à l’entrepreneur ou à la firme professionnelle.»