L'aréna de Louiseville

Aréna de Louiseville: une majorité de municipalités contribue

LOUISEVILLE — L’annonce récente de la participation de Saint-Justin et de Sainte-Angèle-de-Prémont dans le financement des activités sportives de leurs jeunes athlètes de hockey et de patinage artistique à Louiseville fait en sorte que toutes les municipalités dont des enfants fréquentent cet aréna, sauf Saint-Paulin, contribuent. Et si cette nouvelle réalité réjouit au plus haut point Louiseville, celle-ci n’a pas l’intention d’éponger les surtaxes imposées par Trois-Rivières via ses tarifs supralocaux reliés aux infrastructures sportives.

Avec les frais engendrés par l’entretien de l’aréna, Louiseville a décidé au printemps 2014 de ne plus offrir gratuitement les heures de location de glace aux organisations de hockey mineur et de patinage artistique. Cette décision a fait exploser les frais d’inscriptions, mais Louiseville a adopté une politique de subvention destinée à ses citoyens qui couvre cette majoration en totalité ou presque.

Louiseville avait invité les municipalités voisines à faire de même pour soutenir leurs jeunes athlètes. Seule Yamachiche avait accepté. Depuis 2014, Saint-Édouard-de-Maskinongé et Saint-Alexis-des-Monts ont emboîté le pas, suivies de Saint-Léon-le-Grand, de Maskinongé et de Sainte-Ursule.

Mike Touzin

Saint-Justin et Sainte-Angèle-de-Prémont viennent d’annoncer qu’elles fourniront une subvention aux familles dont les enfants jouent au hockey ou font du patinage artistique à Louiseville.

Réjean Carle

«C’est encourageant pour les enfants, note Mike Touzin, conseiller municipal de Louiseville et responsable de ce dossier. Ça montre que ces municipalités ont à cœur leur jeunesse.»

Yvon Deshaies se débat depuis des années pour faire reconnaître le statut spécial de l’aréna au sein de municipalités de la MRC de Maskinongé. Selon lui, la participation de deux autres municipalités dans le financement des inscriptions de leurs jeunes citoyens est une très bonne nouvelle.

«De tous les jeunes qui utilisent l’aréna, 61 % proviennent de l’extérieur de Louiseville. Je sensibilise beaucoup les maires à cette réalité. Leur participation va aider le hockey mineur et le patinage artistique à garder leurs jeunes.»

Selon Réjean Carle, la décision de Louiseville de mettre fin en 2018 à la surtaxe imposée aux citoyens de l’extérieur pour la pratique de sports d’été a été la clef pour inciter une municipalité comme Sainte-Ursule à joindre le mouvement.

Barbara Paillé

«Si Louiseville n’enlève pas la surtaxe, on n’embarque pas là-dedans, dit le maire. J’étais fermé à cette idée, car Louiseville n’était pas ouverte à enlever ces surtaxes. Aujourd’hui, on aide les familles.»

Barbara Paillé, mairesse de Sainte-Angèle, rappelle que la subvention qui sera bientôt offerte par l’administration municipale sera versée aux familles et non pas à l’administration louisevilloise.

«Louiseville ne nous a pas sollicités, elle nous a informés. On a traité cette information-là, on fait une première tentative et on s’ajustera l’an prochain selon la demande», raconte Mme Paillé, qui précise que Sainte-Angèle va piger dans son programme de soutien à la persévérance scolaire pour alimenter cette aide.

Louiseville a multiplié les rencontres au cours des derniers mois et des dernières années dans le but de convaincre les municipalités voisines du bien-fondé de sa démarche. Les efforts n’ont pas fonctionné à Saint-Paulin.

Serge Dubé

«À Saint-Paulin, on considère que les loisirs sont de la responsabilité des familles. On ne soutient pas les familles pour le sport. C’est une question qui est sur la table et ce n’est pas tranché, même si l’attitude du conseil est conservatrice. Mais on travaille sur une politique globale familiale», mentionne le maire, Serge Dubé.

Pas de participation à Trois-Rivières

Louiseville rejette du revers de la main la possibilité de couvrir les tarifs supralocaux imposés par la Ville de Trois-Rivières aux non-résidents.

«On n’a pas besoin d’aider les jeunes qui font du sport à Trois-Rivières, on le fait déjà avec les jeunes inscrits dans le double lettre. Par exemple, au baseball, l’équipe pratique aussi à Louiseville. C’est un échange de services qu’on fait. Les tarifs supralocaux de Trois-Rivières s’appliquent plus aux municipalités qui n’ont aucun service. Nous à Louiseville, on a des installations, des associations. On offre le service», commente M. Touzin.

Cette fin de non-recevoir est aussi le point de vue de Robert Landry. Questionné en novembre sur ce point, le maire de Saint-Étienne mentionnait que la Municipalité ne ramasserait pas la facture. Un mois plus tard, la position est la même.

Robert Landry

«On a de bonnes infrastructures de baseball et de soccer. À Trois-Rivières et à Shawinigan, dans ces sports, ça devient de l’élite. Les gens doivent assumer les surtaxes, car c’est leur choix d’aller à un niveau plus haut. Pour les sports d’hiver, on est affilié à Saint-Boniface. Si une participation financière doit arriver, ça va arriver à Saint-Boniface. On est ouvert à ça, j’en ai parlé à Pierre Desaulniers (le maire de Saint-Boniface). Le but est de permettre à nos jeunes d’avoir du hockey à Saint-Boniface», mentionne M. Landry concernant la volonté de Saint-Boniface de faire appel à la participation financière de ses voisins dans l’exploitation de son aréna.