Plus de 40 000 photos tirées du fonds d’archives Le Nouvelliste sont désormais accessibles gratuitement sur le site d’Appartenance Mauricie. Sur la photo, on reconnaît Stéphan Frappier, rédacteur en chef du Nouvelliste, Justine Lachance, chargée de projet chez Appartenance Mauricie, Mario Lachance, président du conseil d’administration d’Appartenance Mauricie et Tommy Grenier du Centre interuniversitaire d’études québécoises qui a contribué à la conception informatique de la plateforme numérique.

Archives photographiques du Nouvelliste: «L’histoire de toute une collectivité»

SHAWINIGAN — La richesse des archives photographiques du fonds Le Nouvelliste est désormais accessible au grand public grâce au travail colossal qu’a réalisé Appartenance Mauricie dans les 18 derniers mois.

Par le biais du site internet photos.appartenancemauricie.ca il est possible de consulter plus de 40 000 photos de ce fonds qui en compte, selon des estimations très conservatrices, plus de 400 000. Selon Mario Lachance, président du conseil d’administration d’Appartenance Mauricie, le fonds Le Nouvelliste est l’un des plus importants fonds de photographies sur l’histoire régionale au Québec. «À 400 000 négatifs, ce n’est quand même pas rien. C’est une richesse très importante pour nous en région et on veut la mettre en valeur.»

Les photographies s’étendent sur une période de 50 ans, soit entre 1940 et 1990. «On a la chance d’avoir un fonds d’une qualité incroyable. Les photographies sont prises par des photographes professionnels et couvrent une variété de sujets ainsi qu’une abondance de thèmes. C’est l’histoire de toute une collectivité qui se retrouve dans ce fonds», mentionnait M. Lachance lors du dévoilement tenu à la Cité de l’énergie.

«On veut sensibiliser les gens à l’histoire de notre région. On veut mettre la population en contact avec son passé pour mieux comprendre l’évolution de la société mauricienne. Ce n’est pas uniquement pour rappeler des souvenirs. L’étude du passé nous permet de nous définir, de connaître notre identité. On veut aussi mettre en lumière un héritage et on veut laisser un legs aux générations futures.»

Tous ces fichiers seront accessibles et téléchargeables en basse résolution tout à fait gratuitement grâce à de nombreux partenaires. En plus de l’utilisation personnelle que les gens pourront en faire, cette base de données permettra de faire des publications et de poursuivre les calendriers réalisés annuellement par l’organisme. «C’est ce qui nous permet d’obtenir des revenus qui nous permettent ensuite d’embaucher des gens pour poursuivre le travail.» Car la tâche est loin d’être complétée. Selon M. Lachance, il faudra au moins 5 à 6 ans, si ce n’est pas plus, pour numériser toute la collection.

Un travail de moine

Selon Justine Lachance, la durée de vie moyenne d’un négatif se situe autour de 70 ans. Il était donc impératif d’agir pour préserver l’intégrité des éléments les plus anciens. «La collection avait été très bien conservée. Il y en a qui sont plus vieux que 70 ans et ils sont encore en très bon état. On est surpris. Par contre, il y en a certains qui commençaient à se détériorer donc on a entamé un processus pour pouvoir les conserver le plus longtemps possible.»

La numérisation de tous ces négatifs, qui doivent être manipulés par des mains gantées, représente un travail minutieux de longue haleine. «Il faut environ 4 minutes pour numériser deux photos», explique Justine Lachance, responsable du projet chez Appartenance Mauricie. Elle avoue également qu’elle et son équipe ont eu de belles surprises en effectuant ce travail de moine. «On ne savait pas que le Gouverneur Vanier était venu à l’Alcan. On est également surpris de constater comment ça se passait dans le temps. C’est très agréable.»

En plus du travail de numérisation, l’équipe devait s’assurer d’ajouter les informations disponibles avec les nombreux fichiers. «Ce n’était pas toujours évident parce que, au fil du temps, les personnes qui travaillaient à l’archivage ont utilisé des acronymes que l’on doit déchiffrer correctement», mentionne Mme Lachance. En rendant publiques toutes ces photographies, Appartenance Mauricie espère bonifier les informations liées à ces photographies. «Les gens sont invités à nous envoyer des courriels s’ils constatent des petites erreurs ou s’ils sont en mesure de nous donner plus d’informations. Par exemple, il n’est pas toujours possible d’identifier toutes les personnes sur les photos alors si les gens reconnaissent quelqu’un, ils sont invités à nous en faire part.»

Du côté du quotidien régional, on se réjouissait de cette annonce qui permettra de mettre en valeur ces joyaux. «C’est une annonce symbolique pour Le Nouvelliste qui s’apprête à fêter son 100e anniversaire en 2020. De plus, c’est une opportunité intéressante pour le public qui pourra fouiller librement dans ces archives. Pour nous l’important, c’était d’assurer la pérennité historique de ce trésor», confiait Stéphan Frappier, rédacteur en chef du Nouvelliste.